Aide en Philo

L'association des idées. Quelle est, dans cette fonction, la part de l'automatisme, et quelle est la part de l'activité de sélection ?

Extrait du document

Introduction. — Pour se faire une idée juste de cette fonction très générale qu'on appelle d'une façon uniforme « association des idées », le procédé le plus simple et le plus objectif paraît être d'envisager d'abord un certain nombre de ces cas d'associations mentales, et d'examiner ensuite, par une analyse détaillée de ces faits, comment ils sont expliqués, soit par une sorte d'automatisme qui laisse le sujet lui-même plus ou moins passif, soit, au contraire, par une activité mentale personnelle du sujet. I. — Quelques faits. On en trouve de genres très divers. A. Chacun de nous possède certainement de nombreux exemples personnels. Tel site, par exemple, nous rappellera un événement de notre vie passée qui eut une relation avec lui : le souvenir d'un événement social qui se passa alors, le visage de tel camarade que j'y rencontrai; ou bien : la pensée de Lourdes éveillera en moi celle de Lisieux; la montagne évoquera la mer...

« L'association des idées.

Quelle est, dans cette fonction, la part de l'automatisme, et quelle est la part de l'activité de sélection ? Introduction.

— Pour se faire une idée juste de cette fonction très générale qu'on appelle d'une façon uniforme « association des idées », le procédé le plus simple et le plus objectif paraît être d'envisager d'abord un certain nombre de ces cas d'associations mentales, et d'examiner ensuite, par une analyse détaillée de ces faits, comment ils sont expliqués, soit par une sorte d'automatisme qui laisse le sujet lui-même plus ou moins passif, soit, au contraire, par une activité mentale personnelle du sujet. I.

— Quelques faits.

On en trouve de genres très divers. A.

Chacun de nous possède certainement de nombreux exemples personnels.

Tel site, par exemple, nous rappellera un événement de notre vie passée qui eut une relation avec lui : le souvenir d'un événement social qui se passa alors, le visage de tel camarade que j'y rencontrai; ou bien : la pensée de Lourdes éveillera en moi celle de Lisieux; la montagne évoquera la mer... B.

Le rappel de nos souvenirs se fait également par évocation mutuelle d'états contigus ou voisins. C.

Nos rêveries et nos rêves sont aussi pour nous une source de phénomènes associatifs nombreux, puisqu'ils sont essentiellement constitués par eux : les images, les sentiments, les mouvements parfois s'y enchaînent, appelés les uns par les autres de la façon la plus inattendue. D.

Il est bon de mettre en avant certains exemples usuels, historiques ou littéraires: N'y a-t-il pas des associations au fond de ces locutions : obscurité profonde, noire tristesse, ton chaud, cri aigu, voix froide ou incisive? et combien d'autres... On connaît le trait cité par Hobbes où, dans une conversation sur les Stuarts, une personne demande à l'improviste la valeur du denier romain (Stuart livré, Notre-Seigneur vendu pour 30 deniers). L'imagination créatrice, sous la forme d'inspiration poétique, a suggéré à certains auteurs des associations vraiment originales.

La description de la lune par Victor Hugo est restée célèbre : Quel Dieu, quel moissonneur de l'éternel été, Avait, en s'en allant, négligemment jeté Cette faucille d'or dans le champ des étoiles? (Booz endormi.) Et Verlaine a pu écrire de son côté : Les sanglots longs Des violons De l'automne... De ces exemples si divers, qui montrent l'ampleur du domaine et la variété des rôles de l'association, on peut tirer déjà une notion générale : propriété qu'ont les phénomènes psychiques de tous ordres (représentations, sentiments, tendances ou mouvements) de s'évoquer mutuellement sans ou même contre l'action de ma volonté. La question qui se pose normalement est celle-ci : une telle propriété évocatrice provient-elle d'un pur automatisme psychique se déroulant de façon mécanique et nécessaire ? ou bien est-elle dirigée totalement ou en partie par une activité sélective P C'est ce qu'une analyse va s'efforcer d'étudier. II.

— L'interprétation des faits. 1° Nombre d'associations courantes semblent se dérouler de façon toute mécanique dans le sujet et sans lui à tel point qu'il est surpris lui-même de ce déroulement et de son terme (exemple de Hobbes); dans bien des cas, le même état appelle invariablement tel autre; d'autres fois, la liaison se fera si l'on n'y prend pas garde; la réflexion, au contraire, la gênera ou l'empêchera. A.

Aussi les partisans de l'atomisme psychologique (Hume, Bain, Mill), qui voient d'ailleurs dans l'association l'explication dernière de toute la vie psychique, prétendent ramener cette association même à l'automatisme de l'habitude. Les états mentaux, pour eux éléments simples, s'attirent et se groupent eux-mêmes d'après les lois de ressemblance, de contraste et de contiguïté, lesquelles, d'ailleurs, se ramènent toutes à cette dernière : une première contiguïté de deux états est le point de départ d'une habitude à la fois physiologique et psychique, favorisée par la tendance de tout élément à reconstituer l'état total dont il fait partie (loi de rédintégration). B.

Mais cette explication, qui peut, à la rigueur, valoir pour le rappel automatique de certains souvenirs : 1° N'a plus aucun sens en face d'associations nouvelles et inattendues comme celles de Victor Hugo et de Verlaine, et de la plupart de nos rêves; 2° D'ailleurs, elle n'exclut pas, mais suppose une certaine activité vitale physique et mentale du sujet. Aussi la thèse associationniste reste insuffisante, et il faut chercher ailleurs.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles