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L'artiste doit il être d'abord artisan ?

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Il s’agit de se demander si le travail opéré dans la création artistique peut ressembler à celui qui est réalisé dans le travail technique, est-ce que les mêmes procédés sont à l’œuvre, est-ce les mêmes matériaux ? Qu’est-ce qui différencie un tailleur de pierre d’un sculpteur ? Parfois le travail technique peut être inclus dans une œuvre d’art, ces mêmes tailleurs de pierre peuvent participer à la construction d’une cathédrale. Les corps de métiers de l’artisanat peuvent participer ensemble à la construction d’un objet d’art. Pour réaliser un meuble, il faut plusieurs corps de métier : marqueterie, ébénisterie, ferronnerie d’art etc. Plus largement, pour tous les arts où la matière est partie prenante, dans un moindre mesure dans la peinture où parfois le peinte crée lui-même ses couleurs, on peut affirmer que le travail de l’artiste est semblable à celui de l’artisan. Mais il reste une différence à identifier, ce « supplément » d’âme, cette originalité propre à l’artiste qui ne peut se réduire à une pure maîtrise technique, à un savoir-faire susceptible de transmission. L’artisan se situerait plus du côté de la tradition, et l’artiste, de la création.

 

 

1) Le travail technique et artisanal a fait évoluer l’art.

2) La séparation progressive de l’artiste et de l’artisan.

3) L’art, à la différence de l’artisanat invite au monde de l’esprit.

 

« Il s'agit de se demander si le travail opéré dans la création artistique peut ressembler à celui qui est réalisé dans le travail technique, est-ce que les mêmes procédés sont à l'œuvre, est-ce les mêmes matériaux ? Qu'est-ce qui différencie un tailleur de pierre d'un sculpteur ? Parfois le travail technique peut être inclus dans une œuvre d'art, ces mêmes tailleurs de pierre peuvent participer à la construction d'une cathédrale. Les corps de métiers de l'artisanat peuvent participer ensemble à la construction d'un objet d'art. Pour réaliser un meuble, il faut plusieurs corps de métier : marqueterie, ébénisterie, ferronnerie d'art etc. Plus largement, pour tous les arts où la matière est partie prenante, dans un moindre mesure dans la peinture où parfois le peinte crée lui-même ses couleurs, on peut affirmer que le travail de l'artiste est semblable à celui de l'artisan. Mais il reste une différence à identifier, ce « supplément » d'âme, cette originalité propre à l'artiste qui ne peut se réduire à une pure maîtrise technique, à un savoir-faire susceptible de transmission. L'artisan se situerait plus du côté de la tradition, et l'artiste, de la création. 1) Le travail technique et artisanal a fait évoluer l'art. L'art est une production technique comme les autres notamment en architecture où ce sont les ingénieurs qui sont véritablement artistes. Ainsi les constructions en fer, l'assemblage de poutrelles métallique peut permettre de réaliser de véritable œuvre d'art comme la Tour Eiffel. Les innovations techniques elles-mêmes peuvent être l'origine d'œuvre d'art nouvelle. Le passage de l'art roman à l'art gothique, comme l'introduction du fer dans la construction a permis la naissance de nouveaux styles artistiques. L'art gothique se caractérise par une étroite association du verre et de la pierre, elle joue comme l'architecture de fer sur les vides et non sur les pleins. L'ogive dans l'art gothique est très déterminante car elle donne la possibilité de réduire l'épaisseur du mur et de percer de larges baies qui diffusent une lumière vivifiée par le verre. Les églises gothiques cherchent à rompre avec l'obscurité romane, de la manière, les édifices de l'architecture de fer concentrent leurs efforts à la création d'espaces clairs et plus aérés que les édifices de pierre. La prédominance des verticales, la prédominance des vides sur les pleins, et la légèreté de l'ossature apparente firent espérer que naîtrait un style en qui revivrait, l'essentiel du génie gothique, rajeuni par un esprit et des matériaux neufs . Par exemple, le fer a l'avantage d'augmenter les portées de piliers, des voûtes et d'augmenter la taille des édifices, que ce soit du point de vue de la hauteur des tours ou des nefs. Ainsi des innovations techniques ont été à l'origine de nouveaux styles architecturaux, le passage du style roman au style gothique en est la preuve. Aussi, dans cette perspective pour être artiste véritable, il faut être artisan. L'artisanat devenu art… Si on comprend l'habitude comme un tradition, comme une coutume il va de soi que la production d'œuvre s'y trouve encourager. On ne peut dénier l'existence d'un art primitif, d'un populaire qui est la matérialisation même des traditions. Parfois elles n'ont pas évolué depuis des siècles, et ce qui fait la valeur de cet art à l'heure de l'industrialisation. La parure de plumes du chef indien et la hache de silex de l'Australien, la pirogue du pêcheur mélanésien et la tente du cavalier turkmène ne sont plus tenues pour des trophées de guerre ou des curiosités d'explorateur, mais pour des œuvres valant en elles-mêmes et pour elles-mêmes, dignes d'être conservées et exposées au même titre que les produits les plus élaborés des civilisations exotiques. Cet art est né de la pure répétition de rituel visant à la cohésion du groupe et à sa permanence dans le temps. Ils sont le reflet de l'esprit d'un peuple. C'est un art souvent anonyme, enseigné par la tradition orale. C'est parfois l'isolement même de cet art par rapport aux grands changements qui fait sa force et son originalité. L'art moderne aurait perdu cette humanité en devenant impersonnel, en ne se référant plus qu'à des codes géométriques. 2) La séparation progressive de l'artiste et de l'artisan. L'« artiste » médiéval (qui n'était pas ainsi nommé) est un ouvrier spécialisé. Comme tel, il trouve sa place dans le système des corporations et son activité relève des « arts mécaniques », par opposition aux « arts libéraux » qui sont des savoirs. À l'âge de la Renaissance et du classicisme, le peintre et le sculpteur demeurent des techniciens. Certains d'entre eux accèdent cependant au rang d'intellectuels, pour autant que l'on reconnaît qu'ils coopèrent activement (c'est-à-dire « en acte », par une production qui est matérielle et non purement spéculative) à l'élaboration des concepts théologiques, moraux, politiques, scientifiques. À l'aube du machinisme, la philosophie des Lumières va de nouveau modifier ce jeu d'oppositions duelles et définir de la sorte les fondements de l'idéologie artistique du capitalisme industriel naissant. Elle procède à deux opérations liées, dont la première est l'aboutissement des oppositions antérieurement ébauchées, mais dont la seconde est décisive : elle rejette toujours davantage hors de son propre discours les considérations sur la technicité de l'art ; surtout, elle dissocie l'art et la connaissance, c'est-à-dire deux aspects du travail intellectuel dont la culture de la Renaissance n'avait pas brisé l'unité. C'est cette dernière dissociation, parachevant la première par une plus grande abstraction et une plus grande spécialisation des composantes de toute forme de travail, qui aura les plus graves conséquences sur le statut social de la fonction artistique. La conservation, par Diderot dans l'Encyclopédie, des catégories médiévales qui répartissent les activités humaines en « arts libéraux » et « arts mécaniques » marque son intention de ne pas exclure ces derniers du champ de la culture, au moment même où la publication des planches de l'Encyclopédie concourt au développement des modes industriels de la mécanisation. Sans doute est-ce du travail artisanal que Diderot parle en termes d'« art » et d'« artiste » ; mais il entend aussi fonder sur la pratique manœuvrière en général cette « culture » technologique inventive qu'appelle l'industrialisation. Au contraire, en faisant des ouvriers de simples exécutants, plus particulièrement en morcelant leurs tâches, le capitalisme industriel du XIXe siècle détruit »

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