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L'art a-t-il pour fonction de représenter le réel ?

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Analyse du sujet

 

      Le sujet met en jeu deux notions (l’art et le réel) et l’on s’interroge sur leur relation : la représentation.

      Poser la question de la fonction de quelque chose, c’est poser la question du but ou du rôle que cette chose doit jouer. On a donc un présupposé du sujet : l’art devrait avoir un but ou une fonction. C’est dire qu’il n’est pas libre, qu’il doit être ordonné à quelque chose.

      L’art : le sujet nous invite à discuter la question de l’art comme activité de l’homme productrice d’objets qui impliquent une certaine technique et un certain talent. Les œuvres d’art sont le résultat de cette production. On peut donc distinguer l’art de la nature. L’art en général suppose une certaine finalité (c’est ce qui le distingue de la nature, dans laquelle il n’y a que des causes et des effets sans représentation de la fin visée cf. texte de Kant). Mais les beaux-arts paraissent n’avoir pour d’autre fin qu’eux-mêmes dans la mesure où ils renvoient au plaisir (de la beauté et de la création artistique) et pas à quelque chose d’utile. Admettre que l’art a une fonction, c’est donc le renvoyer à une utilité, c’est donc a priori exclure ce qui fait la spécifié des beaux-arts.

      Le réel : cela peut renvoyer à la nature (la question est donc celle de la relation art / nature) mais aussi à ce qui existe en vérité (la réalité du monde intelligible chez Platon par exemple : cf. texte de la République sur les trois lits) dans une idée. Selon cette seconde interprétation, le réel, c’est l’idée (ou l‘essence), qui se distingue de l’apparent, le monde sensible (visible). Le sujet nous invite donc à poser la question de savoir ce qui est réel, le visible ou l’invisible. Dès lors, l’art pourrait avoir pour fonction de rendre sensible l’intelligible, visible l’invisible, et non plus de simplement répéter le sensible (cf encore une fois Platon et la question de l’art égyptien : le réel, c’est l’essence de la chose, et non sa manifestation sensible).

      Représenter : représenter, c’est doubler, tenir la place de quelque chose, tenir lieu de la chose (cf. par exemple le sens politique de la représentation). Cela suppose alors que la chose est absente. Vouloir représenter le réel, c’est supposer que le réel n’est justement pas présent, sans quoi nul re-présentation n’aurait de sens. C’est le second présupposé du sujet : le réel serait marqué pas une certaine absence que sa représentation viendrait combler. L’art serait le moyen de donner accès au réel en en donnant une représentation = en lui donnant une présence. La représentation peut dès lors prendre plusieurs figures : celle de l’imitation dans ses multiples aspects : le mime, la copie, le simulacre ou trompe l’œil. Mais également celle du symbole (ex. de l’art égyptien ou du langage : les mots représentent les choses mais ne les imitent pas).

 

Problématique

 

Le réel ne suffit pas à l’homme. C’est pourquoi ce dernier produit ce qui lui est nécessaire à travers différents arts qui répondent à des besoins. De ce point de vue, la fonction de l’art paraît, au sens général, résider dans sa capacité à parachever la réalité (Aristote), à s’insérer dans le réel pour le compléter et lui donner sa perfection, en en corrigeant par exemple les défauts. Cette fonction de correction du réel s’oppose alors à l’idée que l’art devrait représenter le réel, si l’on remarque que ce qui représente doit avoir une conformité avec ce qui est représenté, et de ce fait ne pas usurper ce dont il provient.

Mais par ailleurs, supposer que l’art n’ait de sens que sur base d’une défaillance du réel, c’est supposer que l’on a accès au moins à l’idée de ce qui est réellement achevé. En ce second sens, l’art représente la réalité entendue au sens de l’essence des choses. Il donne à voir l’invisible, il réalise dans le sensible, illusoire réalité, l’intelligible, véritable réel. C’est donc à partir de cette équivocité de la notion de réel (l’apparence sensible et l’essence intelligible) que la question de la représentation doit se poser.

En dernier lieu, si l’on admet que l’art doit représenter le réel (en quelque sens que cette notion soit prise) alors on admet que l’art est fonction du réel, donc qu’il ne se définit qu’en second à partir de celui-ci. Mais, justement, et tout le problème est là, l’art n’échappe-t-il pas à toute définition, dès lors qu’il est le résultat d’un libre arbitre ? La question est alors celle de la nécessaire distinction entre le libre et l’utile, au sein de l’art.

On peut donc poser le problème suivant : d’un côté l’art paraît devoir représenter le réel car il s’insère dans une défaillance de la réalité, de l’autre c’est toujours au nom d’une autre réalité qu’il travaille. L’enjeu est donc celui du rapport de l’art et du réel dans la question du rôle de la vérité dans l’art et de la nécessaire distinction de l’art et des beaux-arts, ces derniers se présentant comme fruit d’une liberté.

« Analyse du sujet ● ● ● ● ● Le sujet met en jeu deux notions (l'art et le réel) et l'on s'interroge sur leur relation : la représentation. Poser la question de la fonction de quelque chose, c'est poser la question du but ou du rôle que cette chose doit jouer.

On a donc un présupposé du sujet : l'art devrait avoir un but ou une fonction.

C'est dire qu'il n'est pas libre, qu'il doit être ordonné à quelque chose. L'art : le sujet nous invite à discuter la question de l'art comme activité de l'homme productrice d'objets qui impliquent une certaine technique et un certain talent.

Les œuvres d'art sont le résultat de cette production.

On peut donc distinguer l'art de la nature.

L'art en général suppose une certaine finalité (c'est ce qui le distingue de la nature, dans laquelle il n'y a que des causes et des effets sans représentation de la fin visée cf.

texte de Kant).

Mais les beaux-arts paraissent n'avoir pour d'autre fin qu'eux-mêmes dans la mesure où ils renvoient au plaisir (de la beauté et de la création artistique) et pas à quelque chose d'utile.

Admettre que l'art a une fonction, c'est donc le renvoyer à une utilité, c'est donc a priori exclure ce qui fait la spécifié des beaux-arts. Le réel : cela peut renvoyer à la nature (la question est donc celle de la relation art / nature) mais aussi à ce qui existe en vérité (la réalité du monde intelligible chez Platon par exemple : cf.

texte de la République sur les trois lits) dans une idée.

Selon cette seconde interprétation, le réel, c'est l'idée (ou l‘essence), qui se distingue de l'apparent, le monde sensible (visible).

Le sujet nous invite donc à poser la question de savoir ce qui est réel, le visible ou l'invisible.

Dès lors, l'art pourrait avoir pour fonction de rendre sensible l'intelligible, visible l'invisible, et non plus de simplement répéter le sensible (cf encore une fois Platon et la question de l'art égyptien : le réel, c'est l'essence de la chose, et non sa manifestation sensible). Représenter : représenter, c'est doubler, tenir la place de quelque chose, tenir lieu de la chose (cf.

par exemple le sens politique de la représentation).

Cela suppose alors que la chose est absente.

Vouloir représenter le réel, c'est supposer que le réel n'est justement pas présent, sans quoi nul re-présentation n'aurait de sens.

C'est le second présupposé du sujet : le réel serait marqué pas une certaine absence que sa représentation viendrait combler.

L'art serait le moyen de donner accès au réel en en donnant une représentation = en lui donnant une présence.

La représentation peut dès lors prendre plusieurs figures : celle de l'imitation dans ses multiples aspects : le mime, la copie, le simulacre ou trompe l'œil.

Mais également celle du symbole (ex.

de l'art égyptien ou du langage : les mots représentent les choses mais ne les imitent pas). Problématique Le réel ne suffit pas à l'homme.

C'est pourquoi ce dernier produit ce qui lui est nécessaire à travers différents arts qui répondent à des besoins.

De ce point de vue, la fonction de l'art paraît, au sens général, résider dans sa capacité à parachever la réalité (Aristote), à s'insérer dans le réel pour le compléter et lui donner sa perfection, en en corrigeant par exemple les défauts.

Cette fonction de correction du réel s'oppose alors à l'idée que l'art devrait représenter le réel, si l'on remarque que ce qui représente doit avoir une conformité avec ce qui est représenté, et de ce fait ne pas usurper ce dont il provient. Mais par ailleurs, supposer que l'art n'ait de sens que sur base d'une défaillance du réel, c'est supposer que l'on a accès au moins à l'idée de ce qui est réellement achevé.

En ce second sens, l'art représente la réalité entendue au sens de l'essence des choses.

Il donne à voir l'invisible, il réalise dans le sensible, illusoire réalité, l'intelligible, véritable réel.

C'est donc à partir de cette équivocité de la notion de réel (l'apparence sensible et l'essence intelligible) que la question de la représentation doit se poser. En dernier lieu, si l'on admet que l'art doit représenter le réel (en quelque sens que cette notion soit prise) alors on admet que l'art est fonction du réel, donc qu'il ne se définit qu'en second à partir de celui-ci.

Mais, justement, et tout le problème est là, l'art n'échappe-t-il pas à toute définition, dès lors qu'il est le résultat d'un libre arbitre ? La question est alors celle de la nécessaire distinction entre le libre et l'utile, au sein de l'art. On peut donc poser le problème suivant : d'un côté l'art paraît devoir représenter le réel car il s'insère dans une défaillance de la réalité, de l'autre c'est toujours au nom d'une autre réalité qu'il travaille.

L'enjeu est donc celui du rapport de l'art et du réel dans la question du rôle de la vérité dans l'art et de la nécessaire distinction de l'art et des beaux-arts, ces derniers se présentant comme fruit d'une liberté. ● I) ● ● Plan La fonction de l'art est de parachever la nature et de l'imiter Si l'art doit représenter la réalité, cela suppose que la réalité est donnée.

Or, l'art en partie imite la nature, et en partie la parachève.

C'est bien ce que montre Aristote dans la Physique : en effet, est un produit de l'art ce dont la forme réside dans l'esprit de l'agent ou de l'artiste.

Le principe du mouvement, dans les artefacts, réside à l'extérieur de l'objet, contrairement aux être naturels, qui possèdent en eux-mêmes leur principe de mouvement.

Cependant, la nature, en tant qu'elle est un être en mouvement, suppose une certaine indétermination qui provient de la matière.

En effet, la matière est rebelle à la détermination absolue par la forme.

Le mouvement, qui vise toujours à imprimer une forme à une matière, est donc le signe d'un inachèvement.

Cette imperfection, l'art permet de la combler en finissant ce que la nature n'achève pas par elle-même.

De ce point de vue, l'art réalise la nature plutôt qu'il ne la représente. Néanmoins, l'art imite bien la nature au sens où il utilise le même processus de production.

Il ne s'agit donc pas d'affirmer que l'art représente une réalité donnée, mais bien qu'il agit de la même manière que la. »

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