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L'action renvoie-t-elle toujours en dernière instance à de la violence ?

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La violence peut prendre l'absence de la perte de contrôle et de l'impuissance (on devient violent dès lors qu'on perd le contrôle de soi), et elle repose alors sur intinct d'agression (l'éthologie Lorentz L'agression, une histoire naturelle du mal). Mais elle peut aussi être organisée et prendre une forme rationnelle (les camps de la mort). ·                     Si toute action suppose violence, il faudra alors se demander quelle forme de violence et sur quoi ou sur qui elle s'exerce. Problématique             Que la violence naisse de l'état social, l'état naturel étant un état de paix, ou qu'elle soit la caractéristique d'un état naturel dans lequel, selon l'expression de Hobbes, "l'homme est un loup pour l'homme", reste que nous la considérons toujours d'emblée comme une certaine perte de contrôle de l'individu. La violence effraie parce qu'elle est démesurée, irrationnelle, disproportionnée. En ce sens, par la violence, ce n'est plus tant l'individu qui agit que des forces obscures qui s'expriment à travers lui (pulsions de mort, haine etc.). De ce point de vue, l'action, en tant qu'elle suppose un agent qui délibère sur des moyens afin d'atteindre une certaine fin, suppose une rationalité pratique et instrumentale qui consiste à accorder les moyens à la fin. L'action suppose donc liberté du sujet, rationalité de l'agent, mesure et proportion pour calculer la fin attendue. Tout ceci, on le voit, ne paraît pas supposer, bien au contraire, la violence.

« Analyse du sujet · Le sujet interroge la relation entre deux concepts, l'action et la violence.

Il s'agit de savoir si le concept d'action requiert le concept de violence, ou bien si une action sans violence est possible.

Il faudra donc interroger quelle est cette relation, soit que la violence soit une condition de l'action, soit qu'elle l'accompagne toujours nécessairement dans les faits. · L'action : se distingue du simple mouvement en ce qu'elle implique une volonté et une liberté d'un agent, de même qu'une intention et une finalité. · La violence : vient de vis (latin), la force.

Sens physique : un mouvement violent est un mouvement qui s'oppose à la nature d'un être (Aristote).

D'un point de vue politique, la violence peut se définir comme un usage illégitime de la force et une atteinte à l'intégrité des personnes.

Ou bien encore, elle peut être conçue comme une simplement une force contraignante.

En ce sens, il y aurait une violence légitime (l'Etat).

La violence suppose alors la soumission contre son gré d'autrui.

Lutte de pouvoir et de domination qui suppose de considérer l'autre ou la chose comme objet de domination.

La figure de la violence est l'esclavage qui nie de manière absolue la liberté de l'autre.

Mais d'un autre côté la violence est aussi libératrice (Marx : la violence est "l'accoucheuse de l'histoire") pour celui qui est dominé.

Ex.

des révolutions. La violence peut prendre l'absence de la perte de contrôle et de l'impuissance (on devient violent dès lors qu'on perd le contrôle de soi), et elle repose alors sur intinct d'agression (l'éthologie Lorentz L'agression, une histoire naturelle du mal).

Mais elle peut aussi être organisée et prendre une forme rationnelle (les camps de la mort). · Si toute action suppose violence, il faudra alors se demander quelle forme de violence et sur quoi ou sur qui elle s'exerce. Problématique Que la violence naisse de l'état social, l'état naturel étant un état de paix, ou qu'elle soit la caractéristique d'un état naturel dans lequel, selon l'expression de Hobbes, "l'homme est un loup pour l'homme", reste que nous la considérons toujours d'emblée comme une certaine perte de contrôle de l'individu.

La violence effraie parce qu'elle est démesurée, irrationnelle, disproportionnée.

En ce sens, par la violence, ce n'est plus tant l'individu qui agit que des forces obscures qui s'expriment à travers lui (pulsions de mort, haine etc.).

De ce point de vue, l'action, en tant qu'elle suppose un agent qui délibère sur des moyens afin d'atteindre une certaine fin, suppose une rationalité pratique et instrumentale qui consiste à accorder les moyens à la fin.

L'action suppose donc liberté du sujet, rationalité de l'agent, mesure et proportion pour calculer la fin attendue.

Tout ceci, on le voit, ne paraît pas supposer, bien au contraire, la violence. Mais d'un autre côté, toute action suppose de porter sur quelque chose qui résiste.

L'action suppose une force qui surmonter le donné, le présent, l'immédiateté.

L'action est travail, et donc violence sur ce qui est donné.

L'action est modification du monde, production (qui a pour fin un objet dans le monde) et praxis (qui ne produit pas d'objet extérieur).

En ce sens, l'action paraît requérir quelque violence, au sens d'une négation de ce qui est naturel et de ce qui est spontané. Le problème est donc le suivant : le concept d'action suppose le concept de raison, qui s'oppose au concept de violence, mais également le concept de force, qui le requiert.

C'est donc la notion même d'action qui paraît problématique. Proposition de plan 1.

L'action suppose toujours une certaine violence pour être effective - Il s'agit dans cette partie de montrer que toute action doit être effective, c'est-à-dire produire des effets, et pour cela repose sur une certaine violence. - On peut appuyer son argumentation sur l'idée platonicienne d'une tripartition de l'âme (La République), qui correspond à une tripartition dans la Cité.

L'âme est un certain intellect (les sages de la cité), mais elle inclut également l'ardeur (thumos), les guerriers de la cité, et des désirs charnels (epithumia), le peuple.

Sans la force, l'intellect ne peut rien, et la raison doit donc orienter l'ardeur (ou le courage) contre les désirs afin d'ordonner l'âme en sorte de produire la justice.

Il y a donc bien une certaine violence dans l'action, que celle-ci soit éthique (au niveau de l'âme) ou politique (au niveau de la cité) : il s'agit d'ordonner ses désirs avec courage, donc de se faire violence à soi-même afin de s'harmoniser.

Le tyran violent est en réalité la proie de ses désir et le tyran de luimême.

Il faut donc opposer à la violence des désirs le courage de la raison.

D'un point de vue politique, l'harmonie intérieure suppose de s'opposer aux ennemis extérieurs, la paix molle engendrant une corruption.

Agir, c'est donc toujours s'oppose à de la violence par de la violence, s'opposer à une force tyranique par une autre. - Autrement dit, on peut alors développer l'idée qu'une raison sans violence ne peut conduire à l'action.

On peut ici prendre l'exemple aristotélicien de la "faiblesse de la volonté" (Ethique à Nicomaque).

On peut savoir ce que l'on doit faire sans parvenir à le faire car la raison peut être aveuglée momentanément.

C'est l'exemple d'un ivrogne qui ne parvient pas à s'arrêter de boire.

Il faut, dit-on, qu'il "se fasse violence", donc qu'il oppose à la violence de son désir la violence de sa volonté.

La faiblesse est donc ce moment de perte de raison, là où la volonté ne voit plus son bien car la raison est aveuglée par le désir.

Ceci permet alors de mettre en avant la double dimension de violence présent dans toute action : violence de la volonté et violence des désirs.

Plus les désirs sont violents, plus la volonté doit l'être, et il faut donc proportionner son effort à la tâche à accomplir.

La distinction de la volonté et des désirs n'est pas alors dans la nature de cette force mais dans son orientation : la volonté oriente l'action vers le bien (car nul ne. »

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