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La violence est-elle synonyme d'aliénation ?

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Un synonyme désigne une expression équivalente à une autre. La violence désigne l'usage de la force physique . L'aliénation est le fait de recevoir sa loi d'un autre que soi par opposition à l'autonomie qui consiste précisément à se donner soi-même sa loi. Ainsi l'aliénation désignerait l'état dans lequel un homme perd la liberté de son vouloir pour être contraint par un autre que lui . S'il semble évident que la victime de la violence est aliénée puisque sa volonté et son corps doivent subir la contrainte d'une autre volonté, il est paradoxal de penser l'agent de la violence comme aliéné, c'est-à-dire dépossédé de sa liberté. Comment user de violence pourrait-il équivaloir à être dépossédé de soi par une loi extérieure à sa volonté ? Dans la mesure où l'homme est essentiellement un être de raison, l'usage de la violence trahirait dans l'individu qui s'y livre une perte momentanée ou définitive de la raison qui lui permet de se donner à lui-même sa loi. En ce sens on pourrait soutenir que la violence est synonyme d'aliénation. Néanmoins tous les actes de la violence ne semblent pas pouvoir être pensés comme une perte de la rationalité. S'il y a une rationalité de la violence, alors la violence n'est pas toujours le symptôme d'une aliénation. En ce sens elle ne pourrait être tenue pour une expression équivalente de l'aliénation. Si la violence peut-être une compétence, c'est qu'elle n'est certainement pas synonyme d'aliénation. Si l'aliénation est une perte de soi, à A quelles conditions la violence peut-être pensée comme une donnée positive dans le processus d'autonomisation ?

« Introduction Un synonyme désigne une expression équivalente à une autre.

La violence désigne l'usage de la force physique . L'aliénation est le fait de recevoir sa loi d'un autre que soi par opposition à l'autonomie qui consiste précisément à se donner soi-même sa loi.

Ainsi l'aliénation désignerait l'état dans lequel un homme perd la liberté de son vouloir pour être contraint par un autre que lui .

S'il semble évident que la victime de la violence est aliénée puisque sa volonté et son corps doivent subir la contrainte d'une autre volonté, il est paradoxal de penser l'agent de la violence comme aliéné, c'est-à-dire dépossédé de sa liberté.

Comment user de violence pourrait-il équivaloir à être dépossédé de soi par une loi extérieure à sa volonté ? Dans la mesure où l'homme est essentiellement un être de raison, l'usage de la violence trahirait dans l'individu qui s'y livre une perte momentanée ou définitive de la raison qui lui permet de se donner à lui-même sa loi.

En ce sens on pourrait soutenir que la violence est synonyme d'aliénation.

Néanmoins tous les actes de la violence ne semblent pas pouvoir être pensés comme une perte de la rationalité.

S'il y a une rationalité de la violence, alors la violence n'est pas toujours le symptôme d'une aliénation.

En ce sens elle ne pourrait être tenue pour une expression équivalente de l'aliénation.

Si la violence peut-être une compétence, c'est qu'elle n'est certainement pas synonyme d'aliénation.

Si l'aliénation est une perte de soi, à A quelles conditions la violence peut-être pensée comme une donnée positive dans le processus d'autonomisation ? I La violence synonyme d'aliénation _ Est autonome l'homme qui est capable de se donner à lui-même sa propre loi.

C'est en se donnant lui -même sa loi que l'homme peut rester lui-même ce qu'il a décidé d'être.

Or qu'est-ce que l'homme ? L'homme est physiquement un animal comme les autres, pourvu d'un corps dont il doit satisfaire les besoins s'il ne veut pas mourir.

Mais il est le seul animal qui possède la raison.

Ainsi on peut dire que l'homme est essentiellement un être de raison Ainsi l'homme autonome use librement de sa volonté lorsqu'il suit sa raison _ L'homme autonome qui choisit de suivre sa propre loi qui est celle de sa raison n'a pas besoin de se laisser aller à la violence.

Dans la situation paradigmatique du dialogue, ceux qui suivent la raison ne se font pas violence entre eux.

Au contraire ils s'estiment mutuellement et recherchent ensemble la vérité comme l'explique Socrate à Polos dans le Gorgias de Platon.

La découverte de la vérité implique en effet des hommes qui en obéissant à la loi de la raison se maîtrisent eux-mêmes et sont capables d'être réfutés avec joie.

De même le Sage stoïcien est un homme qui sachant que seule la liberté de son jugement dépend de lui, ne cherche pas à faire dépendre son bonheur des biens qui ne dépendent pas de lui comme son corps, les richesses, et la réputation.

Il s'assure par là une maîtrise absolue sur son existence _ Par opposition, celui qui use de violence dans le dialogue perd sa maîtrise de lui-même, et plutôt que d'obéir à sa raison, se laisse aller à ses passions et à son orgueil.

Lorsque je me mets en colère, le langage commun dit que je m'emporte ou que « je ne suis plus mi-même », c'est-à-dire que perd momentanément l'usage de ma raison qui me permet d'être autonomie.

Ainsi la violence est perte de l'autonomie rationnelle et peut être assimilée à une folie passagère.

Un aliéné est en effet un homme qui ne s'appartient plus lui-même.

C'est ce que l'on peut soutenir avec Sénèque dans son De Ira : la colère est une folie passagère.

Hercule aveuglé par la colère tue sa femme et ses propres enfants, il ne pourra alors regagner son autonomie en compensant les effets désastreux de son aliénation en accomplissant les douze travaux exigés par son cousin Eurysthée. Dans la mesure où l'homme est essentiellement un être de raison, l'usage de la violence trahirait dans l'individu qui s'y livre une perte momentanée ou définitive de la raison qui lui permet de se donner à lui-même sa loi.

En ce sens on pourrait soutenir que la violence est synonyme d'aliénation.

Néanmoins tous les actes de la violence ne semblent pas pouvoir être pensés comme une perte de la rationalité. II La violence n'est pas une expression équivalente de l'aliénation _ La violence ne peut toujours être considérée sur le modèle de la colère comme une réaction incontrôlable dont on est susceptible de regretter les conséquences une fois qu'elle s'est calmée.

Il y a en effet un usage de la violence, qui est lui-même réglé par la raison et décidé après mûre .délibération.

Si le conflit social en vient par exemple à une situation d'anarchie ou de guerre civile, il faut alors s'en remettre à la violence pour maintenir l'Etat.

Ainsi Machiavel, dans le chapitre XVIII du Prince, écrit que ce dernier doit « ne pas s'écarter du bien s'il le peut, mais savoir entrer dans le mal s'il le faut » et il donne pour exemple César Borgia qui, après avoir confié à un de ses lieutenants particulièrement sanguinaires la mission de rétablir la paix en Romagne, le fit couper en deux en place publique pour contenter la population.

En cas de conflit, la violence constitue donc un instrument efficace pour rétablir l'ordre ou pour préserver l'intégrité de l'Etat et elle est décidée par césar Borgia dans la pleine maîtrise de ses moyens intellectuels.

Ainsi on peut parler d'une rationalité de la violence parfaitement compatible avec l'autonomie;Loin d'être une perte de la liberté de sa volonté, la violence en est l'instrument efficace. _ Si la violence est l'instrument d'une volonté obéissant à la raison, on peut dire que loin d'être synonyme de folie, elle constitue au contraire une compétence de l'homme sage qui, sait par sa raison que les hommes ne sont pas entièrement des êtres rationnels.

Pour le sens commun, la guerre est souvent comprise comme l'échec de la politique et de la diplomatie.

Dans l'impossibilité d'un dialogue respectueux, les Etats se livrent sur un plan international à un pur déchaînement de violence, dépourvu de toute rationalité.

S'il est vrai que la guerre résulte de l'échec des moyens pacifiques, il ne s'ensuit pas qu'elle constitue la compétence propre de l'armée.

La guerre est une opération militaire rationnelle qui tente d'affaiblir la force adverse afin de la soumettre à la volonté de l'Etat engagé.

Comme l'écrit Clausewitz dans le livre I de De la guerre : « la guerre est la continuation de la politique. »

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