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La violence est-elle nécessaire à l'État ? ?

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« Introduction Le verbe « concevoir » trouve son étymologie dans le latin « concipere » qui signifie « recevoir dans son esprit ».

Deux dimensions de l'expression sont à dégager.

D'une part, il y a l'idée que la conception relève d'une fiction philosophique ou intellectuelle, on pourrait attribuer à « concevoir » des synonymes comme « inventer » ou « imaginer ».

D'autre part, la conception doit être recevable pour l'esprit, elle doit satisfaire certaines exigences telles que celles de cohérence ou de non-contradiction. Une conception de l'Etat devra donc être cohérente, logique de telle sorte que ses différentes parties ne soient pas contradictoires entre elles, mais cette conception devra avant tout ne pas être contradictoire avec la réalité.

Quand se on demande si on peut concevoir un Etat sans violence, on pose la question de l'application pratique, de a réalisation concrète d'une théorie politique.

Concevoir un Etat sans violence est-ce tenir compte de la réalité, de sa complexité et de son imperfection ? On peut envisager tant la dimension individuelle, celle du citoyen qui cède à la violence et qu'il faut contrôler, que la dimension étatique , la nécessité pour l'Etat de se conserver en tant que tel et de réprimer toute forme de violence qui transgresse les lois.

Immédiatement on se heurte à un autre problème, affirmer la possibilité de la conception d'un Etat sans violence n'est-ce pas tomber dans l'utopisme et ignorer une violence perpétuellement résurgente? La refuser, n'est-ce pas tomber dans une forme de pessimisme fataliste ? I.

Hobbes : l'Etat se conçoit dans et par la violence A.

Au fondement de Etat : la violence 1.

Une certaine idée de la nature humaine « L'homme est un loup pour l'homme » L'ordre naturel : la guerre de tous contre tous Une vie perpétuellement en danger, la peur permanente d'une mort violente qui pousse à entrer en société par un calcul pragmatique, l'individu cherche à conserver sa vie et veut qu'on lui garantisse une possibilité d'accéder au bonheur 2.

La notion de contrat chez Hobbes : un transfert total des droits Un contrat d'aliénation totale des droits individuels à l'Etat Deux contrats indistincts : un contrat d'association et de soumission, je n'autorise le gouvernement à me gouverner que dans la mesure où chacun cède la droit qu'il a sur toute chose, il n'y a de société que parce qu'il y a soumission B.

Le fonctionnement de l'ordre politique : un autoritarisme ou un absolutisme 1.

L'Etat concentre tous les pouvoirs exécutifs, législatifs et juridiques. Hobbes donne à l'Etat une nature essentiellement législatrice : chaque parole prononcée par celui qui incarne l'Etat vaut comme loi, il a toute liberté de revenir sur ces paroles et de changer de loi. Aucun droit de résistance sans quoi on retournerait immédiatement à l'état de nature, le pire état qui soit. Exemple : L'affaire Dreyfus.

Les antidreyfusards s'appuient sur des corps constitués comme l'armée, l'Eglise et surtout l'Etat.

Bien que conscients d'une injustice faite au capitaine, ils défendent l'idée d'une infaillibilité de l'Etat.

Le gouvernement ne peut admettre son erreur sans quoi l'ordre politique serait troublé au point de tomber dans le chaos.

Les antidreyfusards invoquent « la raison d'Etat », cette situation où précisément l'Etat outrepasse ses droits pour réduire ceux d'un individu ou ceux d'un groupe dans le but de préserver par ailleurs « l'Etat de droit », l'ordre politique qu'il est censé préserver. 2.

« Il existe aux mains d'une personne un pouvoir souverain tel qu'un plus grand ne peut ni être conféré légitimement par les hommes ni appartenir au plan mortel » Léviathan · Les individus ne peuvent plus user de la violence pour régler leurs conflits même s'ils mettent en danger leur vie. · « Les conventions, sans l'épée, ne sont que des mots, et sont sans force aucune pour mettre qui que ce soit en sécurité » Léviathan, 17 C.

Les limites de l'absolutisme 1.

Hobbes apporte lui-même des restrictions à sa théorie Si le but de l'Etat est de préserver la vie des citoyens et de permettre leur bonheur, il ne peut exiger leur mort. Il y a une possibilité de se défendre sans que ce soit un droit, un citoyen condamné à mort pourrait se. »

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