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LA VIOLENCE (cours de philosophie)

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L'homme, en général, n'aime guère la violence, si ce n'est comme spectacle ou comme récit. Certains soutiennent cependant que la violence est partout dans notre monde et que certaines violences sont nécessaires et légitimes.

  • I. NATURE ET FORMES DE LA VIOLENCE

- A - Définitions.

On appelle violence, en droit civil, une action telle qu'«elle est de nature à faire impression sur une personne raisonnable, et qu'elle peut lui inspirer la crainte d'exposer sa personne ou sa fortune à un mal considérable et présent» (Article 1112 du Code civil); c'est une cause de nullité des contrats. Il y a, en effet, dans l'idée de violence, deux aspects : d'une part, en général, l'idée d'une force puissante et redoutable (une violente tempête); d'autre part, sur le plan humain, l'idée d'un «emploi illégitime ou du moins illégal de la force» (Lalande: Vocabulaire de la philosophie). Le problème est précisément de savoir si l'emploi de la violence, ordinairement considéré comme illégal, n'est pas quelquefois légitime (violence révolutionnaire). On peut aussi se demander s'il n'y a pas une forme de violence qui se développe à l'abri des lois (violence institutionnelle).

- B - La violence révolutionnaire.

Ceux qui veulent changer la société se divisent en réformistes et révolutionnaires. Les premiers pensent qu'on peut y parvenir par des changements réalisés dans le cadre des institutions existantes ; les seconds soutiennent qu'il faut renverser ces institutions par la violence. Bien que le marxisme soit d'esprit révolutionnaire, il n'exclut pas la possibilité d'un passage sans violence de la société capitaliste à la société communiste. En revanche, Georges Sorel (Réflexions sur la violence, 1908) soutient que «la violence éclairée par l'idée de grève générale» peut seule faire triompher le socialisme (les travailleurs, dit-il, doivent « barrer le chemin aux corrupteurs bourgeois en répondant à leurs avances par la brutalité la plus intelligible»).

« L'homme, en général, n'aime guère la violence, si ce n'est comme spectacle ou comme récit.

Certains soutiennent cependant que la violence est partout dans notre monde et que certaines violences sont nécessaires et légitimes. I.

NATURE ET FORMES DE LA VIOLENCE - A - Définitions. On appelle violence, en droit civil, une action telle qu'«elle est de nature à faire impression sur une personne raisonnable, et qu'elle peut lui inspirer la crainte d'exposer sa personne ou sa fortune à un mal considérable et présent» (Article 1112 du Code civil); c'est une cause de nullité des contrats.

Il y a, en effet, dans l'idée de violence, deux aspects : d'une part, en général, l'idée d'une force puissante et redoutable (une violente tempête); d'autre part, sur le plan humain, l'idée d'un «emploi illégitime ou du moins illégal de la force» (Lalande: Vocabulaire de la philosophie).

Le problème est précisément de savoir si l'emploi de la violence, ordinairement considéré comme illégal, n'est pas quelquefois légitime (violence révolutionnaire).

On peut aussi se demander s'il n'y a pas une forme de violence qui se développe à l'abri des lois (violence institutionnelle). - B - La violence révolutionnaire. Ceux qui veulent changer la société se divisent en réformistes et révolutionnaires.

Les premiers pensent qu'on peut y parvenir par des changements réalisés dans le cadre des institutions existantes ; les seconds soutiennent qu'il faut renverser ces institutions par la violence.

Bien que le marxisme soit d'esprit révolutionnaire, il n'exclut pas la possibilité d'un passage sans violence de la société capitaliste à la société communiste.

En revanche, Georges Sorel (Réflexions sur la violence, 1908) soutient que «la violence éclairée par l'idée de grève générale» peut seule faire triompher le socialisme (les travailleurs, dit-il, doivent « barrer le chemin aux corrupteurs bourgeois en répondant à leurs avances par la brutalité la plus intelligible»). - C - La violence institutionnelle. On justifie volontiers, aujourd'hui, la violence révolutionnaire en disant qu'elle ne fait que répondre à une forme camouflée de violence exercée par les classes dominantes et qu'on peut appeler violence institutionnelle.

C'est ainsi que pour J.-P. Sartre, par exemple, il y a toujours un élément de violence dans toute loi établie, à laquelle le révolutionnaire doit opposer une autre violence, moralement supérieure, puisqu'elle vise à instaurer un ordre d'où la violence aura disparu.

De même L. Althusser estime que l'État bourgeois exerce une double violence : d'une part, ouvertement, par l'intermédiaire de son appareil répressif (Armée, Police, Tribunaux, etc...), d'autre part, plus profondément, par l'intermédiaire de ses appareils idéologiques, l'École notamment, qui modèlent les consciences.

On peut ajouter qu'il existe aussi, du moins dans certains pays, des appareils idéologiques de destruction de l'État (AIDE...) qui constituent une autre forme de violence. II.

PROBLÈMES - A - La violence est-elle juste ? Aux yeux de la morale classique, la violence est évidemment injuste, puisqu'elle ne respecte pas la dignité de la personne humaine.

Mais dans une perspective que l'on pourrait qualifier de pragmatiste et qui évalue le bien et le mal en fonction des résultats de l'action, on peut évidemment condamner la violence institutionnelle et approuver la violence révolutionnaire, la première ayant pour effet de maintenir l'homme en esclavage et la seconde visant à le libérer.

Cela suppose évidemment que la fin justifie les moyens et l'on peut toujours se demander s'il est raisonnable de viser une fin en employant des moyens qui lui sont contraires (la violence pour parvenir à la non-violence, la guerre pour parvenir à la paix). - B - La violence est-elle efficace ? Laissant de côté le problème moral, on peut en effet observer : 1) que la violence est par elle-même contraire à la raison : libérer la violence, c'est libérer des forces aveugles et aveuglantes dont nul ne sait si on pourra en reprendre le contrôle; 2) que la violence engendre la violence : la répression du terrorisme tend inévitablement à se faire terroriste et déclenche une escalade dans la violence qui est sans fin; 3) que la violence ne résout rien : aucun problème de droit ne peut être réglé par la force ; ce que le vaincu est obligé d'accepter, il le remettra en question dès qu'il apercevra la possibilité de sortir vainqueur d'une nouvelle épreuve de force ; il n'y a de solution par la violence que si l'on va jusqu'à l'extermination totale de l'adversaire (la «solution définitive» de Hitler). - C - La violence est-elle nécessaire ? L'efficacité de la violence est donc douteuse et Léon Blum remarquait que «la nature impose après coup aux révolutions les délais qu'aurait exigés une évolution régulière» (A l'échelle humaine).

Mais le recours à la violence n'est pas toujours utile : comme l'avait noté Comte, la puissance de l'homme est d'autant plus grande qu'elle s'exerce sur des phénomènes plus complexes, ce qui veut dire que dans l'ordre social de petits changements peuvent avoir des répercussions considérables.

Il ne faut pas oublier, d'autre part, que l'opinion publique, lorsqu'elle peut s'exprimer, est finalement toutepuissante et que le vrai problème est donc celui de la liberté de pensée et d'expression. CONCLUSION La violence qui croit s'exercer contre un ordre social déterminé est, en réalité, destructrice de tout ordre et finalement de l'humanité même.

On ne remarque pas assez que la non-violence est plus efficace que la violence et qu'elle suppose à la fois plus de générosité, plus de courage et plus de raison.. »

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