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La verite scientifique est-elle une vérité relative ou absolue ?

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Parler de vérités relatives, dans la démarche scientifique, semble être de prime abord un non sens. Que dire en effet d'assertions qui ne vaudraient uniquement que dans un cas ou un contexte particulier, alors même que la science ne recherche que des vérités absolues. Toutefois cette question n'est pas, lorsqu'on l'approfondit, dénuée d' à propos. Celle-ci concentrera même la majeure partie des efforts des philosophes qui se soucient des énoncés, des outils et des méthodes scientifiques. Les épistémologues (du grec « epistémé », « science » et « logos », « discours ») cherchent en effet, entre autre, à savoir sous quelles conditions les énoncés scientifiques sont valables ; et si oui, s'ils le sont relativement ou absolument. Parler de vérité, dans notre tradition scientifique et culturelle, c'est admettre une adéquation entre l'objet étudié et le discours tenu sur cet objet. Mais les scientifiques eux-mêmes avouent n'avoir ni le temps, ni le recul nécessaire pour ainsi se prononcer sur la nature et la qualité de leurs assertions tant ils sont pris dans leurs recherches respectives. Il appartient donc en propre à la philosophie, et plus spécifiquement à l'épistémologie, de se pencher sur la question de la valeur des énoncés scientifiques. Mais une question fondamentale apparaît alors : puisque la science se divise toujours plus à mesure de la diversité des objets qu'elle étudie (sciences physique, biologique, fondamentale, expérimentale, sciences du vivant...), ne doit-on pas en conclure qu'il faut plutôt parler des sciences, et ainsi de relativiser les vérités dégagées par celles-ci en fonction de la pluralité de leurs objets ? En outre, reconnaissons que les vérités scientifiques ne semblent s'imposer que par rapport et au dépend de celles, précédentes, qu'elles invalides et surpassent ? N'avons-nous jamais à faire, lorsqu'il est question de vérité scientifique, qu'à des hypothèses propices à une réfutation ou un dépassement ultérieurs ?

« Introduction Parler de vérités relatives, dans la démarche scientifique, semble être de prime abord un non sens.

Que dire en effet d'assertions qui ne vaudraient uniquement que dans un cas ou un contexte particulier, alors même que la science ne recherche que des vérités absolues. Toutefois cette question n'est pas, lorsqu'on l'approfondit, dénuée d' à propos.

Celle-ci concentrera même la majeure partie des efforts des philosophes qui se soucient des énoncés, des outils et des méthodes scientifiques. Les épistémologues (du grec « epistémé », « science » et « logos », « discours ») cherchent en effet, entre autre, à savoir sous quelles conditions les énoncés scientifiques sont valables ; et si oui, s'ils le sont relativement ou absolument.

Parler de vérité, dans notre tradition scientifique et culturelle, c'est admettre une adéquation entre l'objet étudié et le discours tenu sur cet objet.

Mais les scientifiques eux-mêmes avouent n'avoir ni le temps, ni le recul nécessaire pour ainsi se prononcer sur la nature et la qualité de leurs assertions tant ils sont pris dans leurs recherches respectives.

Il appartient donc en propre à la philosophie, et plus spécifiquement à l'épistémologie, de se pencher sur la question de la valeur des énoncés scientifiques. Mais une question fondamentale apparaît alors : puisque la science se divise toujours plus à mesure de la diversité des objets qu'elle étudie (sciences physique, biologique, fondamentale, expérimentale, sciences du vivant...), ne doit-on pas en conclure qu'il faut plutôt parler des sciences, et ainsi de relativiser les vérités dégagées par celles-ci en fonction de la pluralité de leurs objets ? En outre, reconnaissons que les vérités scientifiques ne semblent s'imposer que par rapport et au dépend de celles, précédentes, qu'elles invalides et surpassent ? N'avons-nous jamais à faire, lorsqu'il est question de vérité scientifique, qu'à des hypothèses propices à une réfutation ou un dépassement ultérieurs ? I) La marche en avant de la science : du relativisme à l'absolutisme scientifique Dire que toute science cherche la vérité semble être une lapalissade.

Toutefois c'est dans cette perspective que la science a subit tant de crises et de remises en question pour ressembler à ce qu'elle est de nos jours.

Du grand rêve d'unité absolue et d'énumération exhaustive de toutes les vérités éternelles, la science en est revenue ! Il faut bien, ainsi que nous l'indiquions précédemment, admettre que celui-ci n'est pas devenu réalité, pire, que la science s'est profondément divisée.

La raison de cette division a à voir avec l'objet même de tous les discours scientifiques : la réalité.

Si la vérité est communément conçue comme adéquation du discours avec l'objet, la science semble s'être perdue dans cette réalité fuyante.

Berkeley en donne un exemple frappant lorsqu'il constate les efforts des scientifiques pour pénétrer toujours plus loin les secrets de toute réalité substantielle : l'invention du microscope at-elle permis d'en percer le secret ? Tant s'en faut puisqu'à mesure que le microscope engage l'oeil toujours plus profondément dans la matière, celle-ci semble se dérober vers le vide ! Au point qu'aujourd'hui nous n'ayons plus à faire qu'à des hypothèses sur la nature de la matière et de l'univers (cf.

la mécanique quantique, la mécanique des fluides, la théorie des cordes...).

N'est-ce pas Einstein qui consacra le relativisme scientifique avec sa théorie de la « relativité générale et restreinte » ? Les sciences expérimentales ne sont pas en mesure de nous proposer, aujourd'hui, des vérités éternelles, irréfutables, inconditionnelles et absolues sur la matière et donc sur la réalité. Mais cela ne doit pas nous faire oublier les progrès formidables accomplis par la science en général, depuis ses origines.

Qui plus est, les assertions mathématiques, telles que « 2 + 2 = 4 », sont véritablement absolues puisqu'elles ne dépendent d'aucune condition pour être vraies.

L'univers, l'homme et sa conscience pourraient bien ne pas être, cette vérité resterait valable éternellement et absolument.

Nous remarquons ici une double nature des vérités.

Cette double nature fut reconnue par nombreux penseurs, notamment Kant et Leibniz.

Le premier reconnaît en effet deux types de vérité (cf.

Critique de la Raison pure, IIième partie, Logique transcendantale) : Les vérités « formelles », qui s'appliquent à des propositions dans lesquelles s'accorde la connaissance avec elle-même.

Ces vérités sont non-contradictoires et elles sont celles de la logique et des mathématiques. Cependant Kant insiste sur le fait que ces vérités ne nous apprennent rien sur la réalité, mais simplement sur la nature opérante de l'entendement humain.

Kant verra en outre dans les vérités dites logiques, de simples raisonnements « vides », « tautologiques » (qui ne font que se répéter eux-mêmes sans rien démontrer ni apporter de contribution au savoir).

Kant reconnaît leur statut nécessaire, inconditionnel car a priori (indépendantes de l'expérience), mais en tant que vérités de l'entendement humain, elles ne sont pas absolues puisqu'on peut toujours supposer qu'il existe d'autres formes de vie avec une logique différente.

Elles sont donc relatives à l'entendement humain car, c'est l'originalité kantienne, c'est bien l'entendement qui ordonne le réel et non l'inverse ! Les vérités « matérielles », deuxièmement.

En tant qu'accord avec les phénomènes, cette connaissance exprimée par une proposition est donc relative aux phénomènes eux-mêmes.

Les vérités matérielles sont celles des sciences expérimentales.

Chaque science ayant un objet particulier d'expérimentation et utilisant pour ce faire une méthode et des moyens spécifiques d'expérimentation (un « paradigme », un « modèle » expérimental), nous pouvons conclure avec Kant que les vérités qui en découlent sont relatives à tel objet dans tel contexte et ayant subi telle expérimentation. Mais alors, doit-on en conclure que la vérité scientifique est en tous points relative ? II) La science comme crise vers l'absolu. »

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