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La vérité est-elle prisonnière du langage ?

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« Définition des termes du sujet: Prisonnier: celui qui a perdu sa liberté; celui qui ne peut agir à sa guise parce qu'il est enfermé, entravé, empêché par quelque chose. LANGAGE : 1) Faculté de parler ou d'utiliser une langue. 2) Tout système de signes, tout système signifiant, toute communication par signes (verbaux ou non verbaux). Le langage désigne aussi la totalité des langues humaines. VÉRITÉ La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai. Introduction : Pour Hegel, « vouloir penser sans les mots est une tentative insensée ». La langue est une invention de signes qui semble indissociable de la pensée. Il semble que la pensée pour exister, doit être formulée, et qu'elle s'élabore dans la langue même que nous utilisons pour l'exprimer. Pourtant, dans notre intuition, la pensée semble première, immédiate, comme si elle précédait la langue qui ne serait qu'un vecteur de communication pour nos pensées. Peut-il donc exister une pensée libre de la contrainte du langage, un « au-delà des mots », un ineffable supérieur et indépendant du discours ? Cette question pose la difficulté qui réside dans la délimitation de la pensée. La pensée est-elle déjà pensée si elle n'est pas formulée ? Un rêve, une image qui ne seraient pas « dits » peuvent-ils être considérés comme une pensée ? Est-ce la langue qui forme la pensée, ou la pensée est-elle déjà là avant ? Quel est le rapport de la langue avec la pensée ? Est-elle principe causal de la pensée, ou support d'expression ? 1ère partie : Nous pensons dans une langue, et la pensée est dépendante de cette langue. -Les mots constitués en langage organisent notre vision du monde. Chaque langue est un découpage particulier de la réalité. Par exemple, en anglais il n'y a que le pronom personnel « you », et non pas « tu » et « vous » comme en français : cela reflète une certaine façon de penser son rapport à autrui. Il semble difficile de détacher notre pensée de la langue, car la langue structure notre pensée d'une certaine façon. « Nous pensons un univers que notre langue a d'abord modelé », affirme Benveniste (Benveniste, Problèmes de linguistiques générale). Il signifie par là qu'en fonction de la langue que nous parlons, nous ne « découpons » pas la réalité de la même manière. (ex : la vision des couleurs est très différente chez un européen, qui découpe l'arc-enciel en six couleurs, et un individu issu d'une tribu du Libéria, qui parle le bassa, langue dans laquelle on ne distingue que deux couleurs). Pour Bergson, le langage rigidifie la pensée et la simplifie. Les mots masquent et déforment la réalité et sont incapables de l'exprimer dans toutes ses nuances. En effet, le découpage que la langue fait de la réalité est très arbitraire (et diffère selon la langue), car tout est gradué, divisé, classé par les mots alors que le réel n'est pas ainsi. Quand nous pensons, nous formons des raisonnements, c'est-à-dire des enchaînements d'idées, des combinaisons d'éléments. Notre pensée est donc fragmentaire en raison de la langue dans laquelle elle s'élabore, tandis que le réel est continu. La pensée vise toujours un objet qu'elle peut nommer, elle découpe le réel suivant l'ordre arbitraire établi par la langue. 2ème partie : la pensée peut se déployer en-dehors de la langue. -Si la pensée est dépendante du langage, il semble que ce lien ne soit pas originaire, et que la pensée est plutôt prise dans les rets du langage, mais peut exister préalablement à cette captivité. On ne peut prétendre en effet qu'une personne qui ne parlerait pas, et n'aurait pas appris de langue, n'aurait pas de pensée. D'ailleurs, il a été scientifiquement prouvé que les nourrissons développent déjà une pensée avant même d'apprendre à parler. De plus, dans notre vie courante, on n'exprime pas toutes nos pensées en passant par l'intermédiaire de la langue. Il y a des pensées qui « traversent » notre esprit sans que nous ayons le temps de les traduire en mots. On peut également penser sous forme imagée, olfactive, tactile, comme cela ce produit dans les souvenirs, les rêves, ou l'expérience esthétique. La pensée par conséquent semble être intuitive, tandis que la langue est acquise. La pensée apparaît donc comme immédiate, première, et la langue n'en serait que le support de médiation, le moyen de communiquer notre pensée à autrui. On pourrait donc penser en dehors de la langue, mais la langue permettrait d'exprimer nos »

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