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La technique nous libère-t-elle du labeur ?

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    Le travail est le plus souvent considéré comme une contrainte avant d'être perçu comme étant une activité libératrice ou plaisante. Cela peut-être parce que le travail est pour l'homme une nécessité, et non un choix volontaire. Mais il apparaît que beaucoup aime travailler pour améliorer leur vie, comme le bricoleur qui se plait à élaborer ou à réparer plusieurs petites choses. Mais bricolage et travail peuvent être distingués, comme l'affirme C. Lévi-Strauss, puisque le bricolage serait plus un vagabondage de l'esprit. Et le travail, au contraire, reste surtout une transformation de l'immédiateté du réel par l'intelligence. La nature se trouve ainsi transformée par le travail au profit d'un produit humain. C'est là qu'intervient le rôle de la machine, permettant une production toujours plus rapide et uniformisée. L'homme s'efface donc au profit de la machine, et ne voit son travail comme étant le résultat d'une entité autre que lui-même : aliénation. 

« Introduction Le travail est le plus souvent considéré comme une contrainte avant d'être perçu comme étant une activité libératrice ou plaisante.

Cela peut-être parce que le travail est pour l'homme une nécessité, et non un choix volontaire.

Mais il apparaît que beaucoup aime travailler pour améliorer leur vie, comme le bricoleur qui se plait à élaborer ou à réparer plusieurs petites choses.

Mais bricolage et travail peuvent être distingués, comme l'affirme C.

Lévi-Strauss, puisque le bricolage serait plus un vagabondage de l'esprit.

Et le travail, au contraire, reste surtout une transformation de l'immédiateté du réel par l'intelligence.

La nature se trouve ainsi transformée par le travail au profit d'un produit humain.

C'est là qu'intervient le rôle de la machine, permettant une production toujours plus rapide et uniformisée.

L'homme s'efface donc au profit de la machine, et ne voit son travail comme étant le résultat d'une entité autre que lui-même : aliénation. I.

l'homme est un animal technique. a.

L'homme est « nu » au départ, et, selon le mythe du Protagoras, il dut s'emparer du feu et des « sciences propres à conserver sa vie » ( Platon, Protagoras).

C'est de là que provient la technique : elle fournit à l'homme les moyens d'adaptation à un environnement qui peut lui être hostile (la nature).

Le terme « technique » vient du grec « technè » qui se définit comme un savoir-faire dont le but est un comportement efficace et approprié aux circonstances.

L'homme est ainsi défini comme étant un « homo faber » (l'homme fabricateur d'outils).

Et le fait de fabriquer souligne pour Bergson l'intelligence humaine (L'évolution créatrice).

Aristote déjà montrait que la « technè » est une « disposition tournée vers la création », et « accompagné de raison », ce qui l'oppose aux animaux (cf.

Ethique à Nicomaque, VI, 4). b.

L'outil sera ainsi la traduction matérielle de l'intelligence de l'homme : « Ce n'est pas parce qu'il a des mains que l'homme est le plus intelligent des êtres, mais c'est parce qu'il est le plus intelligent qu'il a des mains » (Aristote, Les parties des animaux ).

L'outil, ou l'objet conçu et fabriqué par l'homme pour exécuter son travail, est considéré comme un prolongement naturel de la main.

Mais la véritable innovation est la machine, puisqu'elle a un fonctionnement autonome, et peut ainsi remplacer l'homme sur de nombreuses tâches à accomplir.

Mais la machine, aussi « intelligente » soit-elle, reste dépendante de l'homme : elle ne se fabrique ni ne se répare elle-même.

Alors la capacité de fabriquer des outils ou des machines apparaît, au même titre que le langage, comme indissociable de l'humanité : « le progrès technique est lié au progrès des symboles techniques du langage » (LeroiGourhan, Le geste et la parole). II.

L'activité technique dévalorise l'homme. a.

Longtemps l'activité technique a été dévalorisée en comparaison des activités intellectuelles. Cette distinction remonte à la philosophie grecque qui sépare l'activité contemplative, purement noétique, qui relève de l'esprit qui est distinguée de la poiesis.

Aristote dans l'Ethique à Nicomaque théorisera cet aspect.

Aussi cette idée sera tenace et corroborée par l'évolution des procédés techniques de la civilisation industrielle et capitaliste.

La mécanisation a enlevé à l'homme une partie de son pouvoir d'action.

Il a l'impression par la division du travail, sa parcellisation qu'il n'est plus l'auteur, l'instigateur des objets qu'il fabrique.

Il n'est plus qu'un exécutant, qu'une branche du mécanisme à l'instar de Charlot dans le film les Temps Modernes.

Ce processus porte le nom d'aliénation et l'un des problèmes majeurs de l'activité technique et en particulier ouvrière. L'aliénation désigne la privation réelle et objectivement observable du droit de disposer de son sol, de ses richesses, de sa capacité de travail, etc., au profit d'une autre puissance, et le sentiment d'altération qu'éprouve un peuple dans la conscience qu'il prend de son identité en tant que personnalité collective.

Les révolutions du Tiers Monde ont ainsi repris au prolétariat européen le terme d'aliénation, non seulement pour l'étendre à de nouvelles situations, mais pour le déplacer de la conscience ouvrière sur la conscience nationale ; le déplacement tend à devenir un véritable changement de genre, lorsque la conscience d'aliénation, alléguée par telle ou telle ethnie ou entité nationale, ne présente plus qu'une analogie lointaine avec l'aliénation qui affecte d'abord, et à titre principal, le travailleur comme producteur de biens ou de services à caractère économique. b.

L'ouvrier n'est aliéné dans le produit que parce qu'il est aliéné dans l'activité du travail elle-même ; c'est lui-même que l'homme aliène, dans une activité qui appartient à un autre.

Finalement, le travail aliéné rend étranger à l'homme la nature, lui-même, l'autre homme, « la vie générique et la vie individuelle ».

Le travail rendu étranger, le travail aliéné, vient ainsi occuper la place dont Hegel faisait résulter de la prise de possession immédiate, devient le résultat, inconnu de l'homme propriétaire, du travail aliéné, du travail devenu étranger.

En d'autres termes, le produit du travail devient étranger à l'homme qui l'a produit de par la division du travail de l'économie capitaliste.

L'homme rencontre le produit de son travail comme un être étranger, comme une puissance indépendante de lui-même en tant que producteur.

Cette promotion de l'aliénation suppose que l'économie marchande elle-même couvre tous les rapports de l'homme à la nature, par la production et la consommation, et ceux de l'homme à l'homme, par la relation d'échange.

L'aliénation vient de l'oubli du rapport de l'homme à la nature, de son recouvrement par des lois d'échanges qui n'ont rien de naturel.

L'homme n'est plus possesseur de son essence, le mode de production capitaliste va contre la nature de l'homme.

Aussi, Marx et ses disciples tenteront de redonner au travail une dimension plus humaine par le biais du communisme.

Il tente en vérité de rapprocher l'homme du produit de son travail, et de revenir à une vraie reconnaissance du travail de l'ouvrier dans son objet.

Dans ce cadre, l'activité technique est ce qui a engendré l'aliénation, la division du travail, la parcellisation engendrée par la mécanisation et l'automatisation. c.

Le machinisme ne libère donc pas non plus l'homme de cette souffrance qu'est le travail.

La division technique des tâches semble problématique.

Ainsi Charlot, dans Les Temps modernes, ne se représente plus ni le but de son activité, ni même la liaison des différents moments qui la constituent. Le caractère répétitif, mécanique des gestes, fait du travail une des pratiques humaines les moins intelligentes, et les moins humaines.

Plus le travail est rationalisé (taylorisme, fordisme etc.), plus il devient « bête ». Conclusion L'homme créé des outils et des machines, il détient le pouvoir de s'adapter à son milieu de manière rationnelle.

Mais à force de transformer la nature, il l'efface au profit de moyens techniques toujours plus élaborés.

L'évolution technique est croissante et omniprésente.

L'homme se nourrit sans cesse de ce qui lui est utile, sans considérer le danger que certaines machines peuvent avoir sur sa nature.. »

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