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La technique est-elle une aliénation ou une libération ?

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Le siècle des Lumières a vu dans les progrès des sciences et des arts une chance pour l'être humain, en même temps qu'une preuve de son amélioration. Il a tiré du développement des techniques un sentiment d'orgueil pour le présent et d'espérance pour l'avenir.  La technique engendre pour les hommes de cette époque un enthousiasme relatif aux capacités de création de l'esprit. Depuis la Renaissance, la confiance en l'homme s'exprime au travers de l'idée qu'il a le pouvoir de créer. Originellement, ceci se manifeste dans la production d'œuvres d'art, mais, pour cette époque, l'art n'est pas essentiellement différent du savoir et de la technique. Le terme garde son extension ancienne et englobe à la fois la connaissance et la dextérité. Les deux siècles qui suivent voient l'essor de la science moderne et la fabrication d'objets de plus en plus complexes (télescopes, automates...). L'homme expérimente sa puissance en faisant étalage de ses pouvoirs d'invention. Parallèlement, il se libère du déterminisme naturel et acquiert une maîtrise sur son existence individuelle et collective. Ainsi se forme l'idée d'un progrès de l'esprit humain. De nombreux courants de pensée, comme le positivisme et le scientisme au XIXe siècle, développeront ce thème.  Plus profondément, la philosophie de Hegel suggère que l'homme ne devient lui-même qu'en s'opposant à la nature et en la transformant. C'est par ce processus d'extériorisation qu'il peut prendre conscience de son infériorité. La technique contribue autant à l'appropriation de l'univers extérieur qu'à la formation progressive de l'humanité. La relation à l'outil n'est donc pas unilatérale, elle est dialectique, puisqu'elle contribue aussi bien à modeler la nature que l'homme.

  • TECHNIQUE ET PROGRÈS
  • TECHNIQUE ET ALIÉNATION

 

  • LA DOMINATION DE LA TECHNIQUE

 

« TECHNIQUE ET PROGRÈS Le siècle des Lumières a vu dans les progrès des sciences et des arts une chance pour l'être humain, en même temps qu'une preuve de son amélioration. Il a tiré du développement des techniques un sentiment d'orgueil pour le présent et d'espérance pour l'avenir. La technique engendre pour les hommes de cette époque un enthousiasme relatif aux capacités de création de l'esprit. Depuis la Renaissance, la confiance en l'homme s'exprime au travers de l'idée qu'il a le pouvoir de créer. Originellement, ceci se manifeste dans la production d'œuvres d'art, mais, pour cette époque, l'art n'est pas essentiellement différent du savoir et de la technique. Le terme garde son extension ancienne et englobe à la fois la connaissance et la dextérité. Les deux siècles qui suivent voient l'essor de la science moderne et la fabrication d'objets de plus en plus complexes (télescopes, automates...). L'homme expérimente sa puissance en faisant étalage de ses pouvoirs d'invention. Parallèlement, il se libère du déterminisme naturel et acquiert une maîtrise sur son existence individuelle et collective. Ainsi se forme l'idée d'un progrès de l'esprit humain. De nombreux courants de pensée, comme le positivisme et le scientisme au XIXe siècle, développeront ce thème. Plus profondément, la philosophie de Hegel suggère que l'homme ne devient lui-même qu'en s'opposant à la nature et en la transformant. C'est par ce processus d'extériorisation qu'il peut prendre conscience de son infériorité. La technique contribue autant à l'appropriation de l'univers extérieur qu'à la formation progressive de l'humanité. La relation à l'outil n'est donc pas unilatérale, elle est dialectique, puisqu'elle contribue aussi bien à modeler la nature que l'homme. TECHNIQUE ET ALIÉNATION Le processus de transformation de la nature s'effectue cependant dans des conditions déterminées, qui varient selon les sociétés. La place du travail et des moyens techniques de son exécution n'est pas identique selon les modalités d'organisation de la production. Ce point a été particulièrement étudié par Marx qui en fait un élément important de sa pensée économique. En transformant la nature, le travailleur crée un monde d'objets dans lequel il dépose, sous forme matérielle, une part de lui-même. Un produit garde toujours la marque de celui qui le fabrique. Mais le travail, ainsi objectivé n'appartient pas à celui qui l'a exécuté : dans un monde où prolifèrent les produits, les hommes qui les fabriquent ne font qu'accroître indéfiniment un univers étranger, pourtant constitué d'une part d'eux-mêmes. Dépossédé de la propriété de ce qu'il a produit, le travailleur se trouve aliéné. Le terme signifie le fait de devenir autre que ce que l'on est, il indique une perte d'identité. Dans l'objectivation due au travail, l'homme s'aliène en transformant en produit son propre labeur, mais surtout en perdant tout contact avec lui, puisqu'il ne lui appartient plus. Ceci différencie le travail industriel de l'artisanal où l'homme conserve la maîtrise des objets qu'il fabrique. Pour l'immense majorité des individus, il en va ainsi de leur travail. On peut même dire que leur labeur est traité comme un moyen technique, puisqu'il est acheté et vendu comme une machine. En ce sens, l'univers technique s'étend à ce qui, originellement le domine, à savoir l'activité humaine. Il s'incorpore le travail de l'homme au lieu d'en dépendre, il opère un renversement qui transforme le processus libérateur de la technique en une forme particulière d'asservissement. LA DOMINATION DE LA TECHNIQUE Selon Marx, la libération passe par le rétablissement de la maîtrise des hommes sur le processus de la production. Indépendamment des solutions qu'il préconise, son propos a l'intérêt de mettre en évidence le rapport qui unit la prolifération des techniques et l'orientation globale des sociétés modernes. Il explique notamment comment les techniques acquièrent progressivement une autonomie par rapport à l'action humaine, et finit par l'intégrer dans son propre fonctionnement, en faisant peser sur elle une menace pour sa liberté. Le modèle de la machine est éclairant. Conçue initialement par des hommes, elle inclut l'activité de ceux qui la servent, et finit par leur imposer ses contraintes. L'organisation sociale elle-même prend peu à peu la forme d'une machine de ce type, dans laquelle l'individu n'est qu'un rouage. Ne parle-t-on pas d'ailleurs d'une nouvelle forme de pouvoir politique, la technocratie, c'est-à-dire d'un gouvernement par la technique ? »

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