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La technique est-elle un obstacle au développement de la culture ?

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Par exemple pour inventer un outil adapté pour réaliser une tâche, on doit analyser les étapes qui mènent au résultat à accomplir, et imaginer pour chaque étape quel outil pourrait être adapté. Dans L?évolution créatrice, Bergson considère même que l?invention mécanique (la production et l?utilisation d?outils artificiels) constitue la base fondamentale du développement de l?intelligence humaine. Selon Bergson, l?intelligence humaine est à ce point modelée sur les inventions techniques que l?homme est un homo faber avant d?être un  homo sapiens, ce qui veut dire que l?homme est un être fabricateur d?outils avant d?être un penseur, et qu?il ne pense que parce qu?il fabrique des outils. Dans ce sens la technique n?est pas un obstacle au développement de la culture, mais bien ce qui rend ce développement possible.   II. La technique enrichit la culture car elle permet une diversification au sein de la société               La culture peut être envisagée globalement comme l?ensemble des connaissances humaines telles qu?elle se sont accumulées et transmises socialement. Mais on peut aussi envisager la culture dans sa diversité, et l?on pensera alors que plus une civilisation fait de place aux différences individuelles, plus sa culture est riche. Dans cette mesure la technique peut servir la culture. Pour le comprendre on peut se rapporter à De la division du travail social de Durkheim. Dans cet ouvrage Durkheim distingue deux types de sociétés, selon que la société en questions est régie par une solidarité mécanique ou une solidarité organique.

« Le terme de « technique » vient du Grec technê, qui signifie art manuel, habileté à faire quelque chose.

La technique renvoie donc à un savoir-faire qui permet d'obtenir un résultat déterminé, et dans ce sens elle vise l'utilité et l'efficacité.

Le domaine de la culture désigne plutôt un ensemble d'activités qui ne sont pas directement utiles (comme les arts ou la science, c'est-à-dire le domaine de la pensée en général).

Mais comme le dit Descartes dans le Discours de la méthode, la technique peut nous aider à maîtriser la nature, à en devenir « maître et possesseur ».

En ce sens elle peut servir la culture, car elle permet à l'homme de mettre au point des machines qui lui permettent d'économiser du temps de travail, qu'il peut alors employer pour développer les sciences, les arts, ou les Lettres.

Mais le problème est que la technique peut aussi présenter un danger, celui d'asservir l'homme à sa propre logique (c'est par exemple le cas du travail à la chaîne qui, rendu possible par la technique, réduit l'homme à des tâches qui ne stimulent pas du tout sa pensée et nuisent par là à la culture). I.

La technique sert à la culture car elle développe l'intelligence humaine On peut envisager les savoir-faire techniques de deux points de vues 1) du point de vue de leur application 2) du point de vue de leur invention.

Pour ce qui concerne leur application, on peut considérer qu'elle ne demande pas une intelligence particulière, puisqu'il suffit d'imiter celui qui possède ces savoir-faire pour obtenir le même résultat que lui.

Mais lorsque l'on considère la question de la découverte des techniques, on se rend compte qu'elle nécessite une certaine forme d'intelligence.

Par exemple pour inventer un outil adapté pour réaliser une tâche, on doit analyser les étapes qui mènent au résultat à accomplir, et imaginer pour chaque étape quel outil pourrait être adapté.

Dans L'évolution créatrice, Bergson considère même que l'invention mécanique (la production et l'utilisation d'outils artificiels) constitue la base fondamentale du développement de l'intelligence humaine.

Selon Bergson, l'intelligence humaine est à ce point modelée sur les inventions techniques que l'homme est un homo faber avant d'être un homo sapiens, ce qui veut dire que l'homme est un être fabricateur d'outils avant d'être un penseur, et qu'il ne pense que parce qu'il fabrique des outils.

Dans ce sens la technique n'est pas un obstacle au développement de la culture, mais bien ce qui rend ce développement possible. BERGSON dans L'activité créatrice au chapitre II explique que l'homme est d'abord un technicien c'est-àdire que son intelligence est la faculté de produire outils : « l'intelligence, envisagée dans ce qui paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils et, d'en varier indéfiniment la fabrication ».

L'homme est un homo faber, homme fabricateur, parce qu'il est un homo sapiens, un homme intelligent. Bergson veut en effet substituer à l' « homo sapiens », l'homme qui pense, l' « homo faber », l'homme qui fabrique.

Cette formulation est lourde de conséquences : elle témoigne de la portée de cette question de la technique sur l'identité humaine elle-même.

Si l'homme devient « homo faber », il n'est plus qu'un fabricateur d'outils, un être tourné vers l'efficacité avant tout autre souci ; alors que tant qu'il est encore un homo sapiens, il reste un être capable de juger de la qualité morale d'une finalité. II.

La technique enrichit la culture car elle permet une diversification au sein de la société La culture peut être envisagée globalement comme l'ensemble des connaissances humaines telles qu'elle se sont accumulées et transmises socialement.

Mais on peut aussi envisager la culture dans sa diversité, et l'on pensera alors que plus une civilisation fait de place aux différences individuelles, plus sa culture est riche.

Dans cette mesure la technique peut servir la culture.

Pour le comprendre on peut se rapporter à De la division du travail social de Durkheim.

Dans cet ouvrage Durkheim distingue deux types de sociétés, selon que la société en questions est régie par une solidarité mécanique ou une solidarité organique.

La solidarité mécanique correspond à une société dans laquelle tous les individus exécutent le même type de travail, et ne se distinguent donc pas vraiment les uns des autres (par exemple dans une société de chasseurs tous les hommes chassent).

Dans une société régie par une solidarité organique, chaque homme a une fonction différente (un facteur distribue le courrier et un cordonnier répare les chaussures).

La fonction qu'accomplie chaque homme le différencie alors des autres hommes, et la société au total est plus diversifiée.

Or c'est la technique qui permet une telle diversification du travail, qui à son tout permet l'expression des individus.

Dans ce sens la technique ne nuit pas à la culture mais contribue au contraire à son enrichissement. III.

Mais le déploiement de la technique peut entraîner l'homme à poursuivre la seule utilité, à vouloir toujours produire plus, et le détourne alors de la pensée, essentielle à la culture La technique n'est pas une fin en soi.

En effet par définition, en tant qu'elle est un savoir-faire, la technique désigne seulement l'ensemble des moyens que l'on utilise pour poursuivre une fin donnée.

Mais le danger de la technique, est qu'elle peut dépasser l'homme qui l'a produite, qui n'envisage plus alors la technique comme un simple moyen mais comme un but en soi.

C'est le danger que Heidegger dénonce dans La question de la technique.

Le problème est que lorsque l'être humain ne s'envisage que comme un producteur (qui utilise des moyens techniques pour produire), il en vient à ne plus se poser de questions sur le sens de sa vie, et cesse par là même de penser.

Or là où l'homme cesse de penser et de se poser des questions sur le sens de sa vie, il n'y a plus de culture, mais seulement une apparence de culture.

En effet par la culture l'homme cherche à penser quelle est sa place dans le monde, et quelle est sa situation par rapport aux autres hommes.

Donc si la technique peut être un obstacle à la culture, c'est quand la technique s'érige en but en soi pour l'homme.

Tant que la technique est pensée comme un simple moyen, elle ne menace pas la culture mais au contraire la sert. Conclusion La culture est le produit de l'intelligence humaine.

Or puisque le développement de la technique stimule l'intelligence humaine, elle peut servir la culture.

De plus le développement de la technique amène une division du travail social qui est elle-même favorable à la culture, puisque les individus se distinguent les uns des autres, et peuvent à la fois penser différemment et échanger leurs opinions, ce qui enrichit la culture.

Mais si la technique est poursuivie comme un but en soi, elle fait obstacle à la culture, parce qu'alors elle détourne l'homme de la pensée.

Donc pour ne pas nuire à la culture, la technique doit toujours rester pour l'homme un simple moyen.. »

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