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La responsabilité limite-t-elle la liberté ?

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« Termes du sujet: LIMITE (n. f.) 1. — Ce qui sépare deux portions d'espace ; par anal., ce qui borne une étendue, un temps, une fonction. 2. — Extension extrême d'une étendue, d'une faculté, sans que pour autant on ait à concevoir quelque chose qui lui serve de borne ; en ce sens, KANT oppose limite à borne. 3. — (Math.) Un nombre A est la limite d'une série croissante S, si, quel que soit ∑ aussi petit que l'on veut, il existe toujours un nombre B appartenant à s, tel que A - B < ∑. LIBERTÉ: Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison. RESPONSABILITÉ Obligation de répondre de ses actes devant une autorité. On distingue la responsabilité morale (je réponds de mes actes « en mon for intérieur », c'est-à-dire devant le « forum », le tribunal intime de ma conscience morale) et la responsabilité sociale devant les tribunaux (responsabilité pénale ou civile). La responsabilité morale suppose deux conditions : 1° la connaissance du bien et du mal; 2° la liberté. La responsabilité pénale est liée à la responsabilité morale (on cherche à punir l'intention délictueuse). La responsabilité civile met l'accent moins sur la faute que sur le dommage, et le responsable est celui qui peut payer réparation (d'où le système des compagnies d'assurance). Des « personnes morales », une société anonyme, l'État lui-même, peuvent être civilement responsables. Il peut arriver que la liberté se fonde sur l'ignorance, faisant ainsi l'économie du savoir. À travers le risque qu'elle implique, l'épreuve du doute et la notion de responsabilité qui en semblent indissociables, la liberté peut aussi représenter un fardeau dans l'existence. Le jeu est un bon exemple de la liberté qui s'exprime au travers de la prise de risque. Il est possible de préserver sa liberté intérieure, sa liberté de penser, même sous la contrainte. Le courage et la volonté sont indispensables à une telle liberté. Ils permettent d'être libre même si on ne fait pas ce que l'on veut. De ce fait, il semble que l'obéissance à un individu ou à des lois n'interdise pas la liberté. La liberté individuelle et la liberté collective peuvent toutefois s'opposer. Mais la liberté ne peut faire l'économie d'une forme ou d'une autre de nécessité. La question reste de savoir si on est libre ou si on le devient. Introduction : La responsabilité se définit comme la possibilité d'attribuer l'initiative de ses actes à un sujet. Elle permet de distinguer les hommes adultes et conscients des limites des autres êtres. On distingue par exemple l'adulte de l'enfant en disant qu'il est responsable alors que l'enfant doit se voir imposer des limites de l'extérieur sans quoi il jouirait d'une licence totale. Dans ce sens, l'enfant semble plus libre si on définit la liberté comme licence, c'est à dire comme possibilité de faire tout ce qu'on veut. Entre l'enfance et l'age adulte, une conscience de la responsabilité est assimilée à travers l'éducation. La responsabilité n'est elle que la règle intériorisée et la limitation de la liberté? Le fait qu'elle est utilisée comme notion juridique pour dénoncer un manquement à la loi va dans ce sens. Mais d'autre part, la responsabilité a un sens moral : répondre de ses actes c'est s'engager moralement, non pas sous l'effet d'une contrainte mais par une motivation positive. Cette responsabilité peut accompagner une liberté morale qui consiste à régler sa conduite sur des exigences ou des valeurs qui ne sont pas données naturellement mais supposent le jugement d'un agent libre. Dans ce sens, la responsabilité n'est-elle pas le fondement même de la liberté? Problématique : La responsabilité contraint-elle la liberté ou la rend-elle possible? I : La responsabilité contraint la liberté 1. La responsabilité est légale La responsabilité peut être définie comme une obligation d'obéir à la loi. Dans ce sens, elle n'existe que sous des lois. Elle désigne la contrainte de la loi qui pèse sur l'individu, par là, elle s'oppose à la liberté comme absence de contrainte. La responsabilité peut être définie plus largement comme responsabilité civile, c'est à dire comme l'obligation de réparer le torts faits à autrui. Dans ce sens elle est encore l'expression d'une contrainte, celle de la société sur l'individu et s'oppose encore à la liberté. La responsabilité morale peut être critiquée de ce point de vue comme l'intégration mentale d'un système de loi qui ne sont pas forcément bonnes, comme c'était par exemple le cas dans le régime nazi. »

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