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La rencontre avec autrui n'a-t-elle qu'un sens social ?

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                La rencontre  avec autrui a un sens autre que social.   BACHELARD écrit dans la préface de Je et Tu de BUBER que la vraie rencontre avec autrui se fonde sur une reconnaissance mutuelle : « un être existe par le monde, qui nous est inconnu et, soudain, en une seule rencontre, avant de le connaître, vous le reconnaissez ». Cette reconnaissance est la manifestation de deux consciences qui savent exprimer ce qu'elles sont et comprendre autrui. Cette rencontre n'a pas un sens social. C'est la rencontre de « l'Instant de la Personne humaine » où l'on se comprend par sympathie mutuelle. Il existe bien une forme de rencontre qui échappe au sens social : celle qui se fonde sur la sympathie mutuelle et qui se manifeste par la compréhension mutuelle de deux conscience. Interrogeons-nous de nouveau sur la pertinence de cette thèse : cette forme de rencontre échappe t-elle à un tout sens social ?   III.             La rencontre avec autrui a un sens social qui se déploie en un sens altruiste   COMTE explique dans Catéchisme positiviste, au neuvième entretien, que le sens social de la rencontre avec autrui est celui de la générosité : l'homme, au lieu de tout recevoir de la société par l'entremise de ses parents, reçoit ses avantages de plusieurs agents, qui lui sont pour la plupart inconnus. C'est pourquoi le sens profond de la vie social est l'altruisme : « l'altruisme peut seul nous procurer la plus grande intensité de vie ».

« Il semble que nous ne rencontrions autrui que par le biais de la société : de marchands à clients, de médecins à patients, de parton à salarié par exemple.

Mais alors, la rencontre d'autrui n'a-t-elle qu'un sens social ? Ou revêtelle un autre sens ? Quel est-il ? Dans un premier temps, nous analyserons la thèse selon laquelle la rencontre avec autrui n'a qu'un sens social.

Nous nous interrogerons, dans un second temps, sur les insuffisances de cette thèse.

Nous étudierons, dans un troisième et dernier temps, la thèse selon laquelle la rencontre avec autrui est d'abord celle de deux consciences. I. La rencontre avec autrui n'a qu'un sens social. PASCAL dans les Pensées, VII, 539, explique que le sens social de notre rencontre avec autrui dépend des fonctions que nous occupons dans la société.

Ainsi, le soldat obéit au capitaine, qui obéit au prince, qui obéit aux autres princes plus puissants.

La rencontre de ces hommes vient du fait qu'ils espèrent toujours progresser et prendre la place de leur supérieur.

En réalité, ils demeurent toujours dans la servitude perpétuelle. HEGEL dans la Phénoménologie de l'esprit reprend cette thèse : la rencontre avec autrui est comparable à un rapport de domination du maître, qui ne craint pas la mort, sur l'esclave, qui a peur de mourir.

Ils entretiennent un rapport social de servitude auquel ils ne peuvent échapper.

Cette rencontre avec autrui a un sens social : celui de la liberté négative.

L'autre est celui qui limite ma liberté. Le sens social de la rencontre avec autrui se définit au mieux comme un rapport d'obéissance, au pire comme un rapport de domination.

Est-il encore possible d'avoir une rencontre avec autrui qui échappe à celui de la société ? II. La rencontre avec autrui a un sens autre que social. BACHELARD écrit dans la préface de Je et Tu de BUBER que la vraie rencontre avec autrui se fonde sur une reconnaissance mutuelle : « un être existe par le monde, qui nous est inconnu et, soudain, en une seule rencontre, avant de le connaître, vous le reconnaissez ».

Cette reconnaissance est la manifestation de deux consciences qui savent exprimer ce qu'elles sont et comprendre autrui.

Cette rencontre n'a pas un sens social.

C'est la rencontre de « l'Instant de la Personne humaine » où l'on se comprend par sympathie mutuelle. Il existe bien une forme de rencontre qui échappe au sens social : celle qui se fonde sur la sympathie mutuelle et qui se manifeste par la compréhension mutuelle de deux conscience.

Interrogeons-nous de nouveau sur la pertinence de cette thèse : cette forme de rencontre échappe t-elle à un tout sens social ? III. La rencontre avec autrui a un sens social qui se déploie en un sens altruiste COMTE explique dans Catéchisme positiviste, au neuvième entretien, que le sens social de la rencontre avec autrui est celui de la générosité : l'homme, au lieu de tout recevoir de la société par l'entremise de ses parents, reçoit ses avantages de plusieurs agents, qui lui sont pour la plupart inconnus.

C'est pourquoi le sens profond de la vie social est l'altruisme : « l'altruisme peut seul nous procurer la plus grande intensité de vie ».

Par contraste, les égoïstes sont les hommes qui n'ont pas goûté au « plaisir du dévouement », au bonheur de la rencontre.

Toutefois, l'altruisme et la rencontre sont rares.

En générale, les rencontres se réduisent à un sens social où les individus échangent comme s'ils étaient « endormis dans un monde de soleil ». SARTRE exemplifie la rencontre social dans l'Etre et le néant : un épicier à un rôle de marchand, et sa fonction consiste à servir ses clients.

S'il un instant il rêve à autre chose au lieu de s'occuper de son client, il cesse d'être épicier.

Il est simplement lui-même.

Or, autrui va lui parler non comme à un alter ego, mais comme un épicier qui doit, de part sa fonction, le servir, en lui demandant quelque chose qui a rapport direct avec sa fonction. Mais alors, le sens profond de la rencontre social est de reconnaître en autrui une autre conscience, une rencontre altruiste où chacune des deux personnes comprend et exprime sa propre intériorité. Conclusion Nous avons compris que le sens social de la rencontre est au mieux un sens qui échappe à la relation sociale : la rencontre de deux consciences altruistes.

Au pire, la rencontre social avec autrui est une rencontre de subordination.

Dans l'un et l'autre cas, la rencontre avec autrui a toujours un sens social.. »

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