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La religion peut-elle se définir par sa fonction sociale ?

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L’étymologie du terme religion fait débat : le terme que provenir de deux verbes latins : religere ou religare. "Religere" signifie "récolter, recueillir, accomplir avec minutie", mettant en valeur le respect de la tradition et l'exécution scrupuleuse des rites, mais peut aussi vouloir dire « relire », mettant ainsi en valeur la place central des textes religieux, qu’il faut lire, et relire afin de les comprendre. Cette première étymologie nous montre que la fonction sociale de la religion est essentielle, puisque celle-ci est caractérisée par des pratiques, des comportements, qu’il faut accomplir. Quant au terme religare, il signifie relier : la religion nous lie à ce qui est transcendant, c'est-à-dire à Dieu, mais elle relie également les hommes entre eux, elle est créatrice de lien social, aussi bien par les rites commun qu’elle suppose que par le simple phénomène de croyance collective. Que la religion ait une fonction sociale, cela ne fait pas de doute, bien qu’il y ait matière à discuter sur la nature exacte de cette fonction. Par contre, cela ne suffit pas à dire que la religion peut être définie par sa fonction sociale : la définition est la détermination des limites d’un terme, elle est censée en traduire l’essence d’un terme et lui être unique. Une définition qui peut s’appliquer à plusieurs objets n'est pas nécessairement fausse, mais doit encore être précisée, affinée, pour être complète. Ainsi, il semblerait que définir la religion par sa fonction sociale soit un point de vue quelque peu tronqué, voir un point de vue a-religieux. Pour le croyant, la religion est tout autre chose qu’un lien social. Elle est au contraire quelque chose de très intime. Définir la religion par sa fonction sociale, n'est-ce pas précisément passer à côté de la nature de la religion, réduite l’être au phénomène observable ?

« Introduction L'étymologie du terme religion fait débat : le terme que provenir de deux verbes latins : religere ou religare. "Religere" signifie "récolter, recueillir, accomplir avec minutie", mettant en valeur le respect de la tradition et l'exécution scrupuleuse des rites, mais peut aussi vouloir dire « relire », mettant ainsi en valeur la place central des textes religieux, qu'il faut lire, et relire afin de les comprendre.

Cette première étymologie nous montre que la fonction sociale de la religion est essentielle, puisque celle-ci est caractérisée par des pratiques, des comportements, qu'il faut accomplir.

Quant au terme religare, il signifie relier : la religion nous lie à ce qui est transcendant, c'est-à-dire à Dieu, mais elle relie également les hommes entre eux, elle est créatrice de lien social, aussi bien par les rites commun qu'elle suppose que par le simple phénomène de croyance collective.

Que la religion ait une fonction sociale, cela ne fait pas de doute, bien qu'il y ait matière à discuter sur la nature exacte de cette fonction.

Par contre, cela ne suffit pas à dire que la religion peut être définie par sa fonction sociale : la définition est la détermination des limites d'un terme, elle est censée en traduire l'essence d'un terme et lui être unique.

Une définition qui peut s'appliquer à plusieurs objets n'est pas nécessairement fausse, mais doit encore être précisée, affinée, pour être complète.

Ainsi, il semblerait que définir la religion par sa fonction sociale soit un point de vue quelque peu tronqué, voir un point de vue a-religieux.

Pour le croyant, la religion est tout autre chose qu'un lien social.

Elle est au contraire quelque chose de très intime.

Définir la religion par sa fonction sociale, n'est-ce pas précisément passer à côté de la nature de la religion, réduite l'être au phénomène observable ? I.

La religion est une réalité paradoxale. A.

Définir LA religion ne va pas de soi en raison de la diversité des religions.

En effet, il y a une grande hétérogénéité entre le bouddhisme primitif, « religion » sans dieux ni culte, et les autres religions (avec croyances et cultes rendu à des dieux).

Nous avons vu en outre que même l'étymologie double ne permettait pas une définition, ou du moins une perspective de définition, puisque le débat étymologique constitué depuis l'Antiquité n'est pas achevé.

Pourtant, bien que définir la religion soit l'objet de notre réflexion, nous avons besoin d'une définition de départ, qui sera affinée, voire rectifiée, afin de savoir au moins de quoi on parle. Celle que propose Michel Serres dans Statues nous semble convenir, puisqu'elle englobe les deux étymologies : "Nommons religieux, écrit-il, ce qui nous rassemble ou relie en exigeant de nous une attention collective sans relâche telle que la première négligence de notre part nous menace de disparition." B.

Le concept religieux par excellence auquel conduisent ces deux racines, positive et négative, est de toute évidence celui de « heiligkeit », terme allemand qui nomme le caractère de ce qui est à la fois saint et sacré : est saint ce qui est indemne, est sacré ce qui est intouchable et isolé, mis à part.

La vision religieuse des choses se distingue des visions philosophiques et scientifiques par son caractère foncièrement affectif. L'expérience du sacré est en effet de nature essentiellement intime, de caractère émotionnel, même si elle fait le plus souvent l'objet de rationalisations, plus ou moins systématiques selon les religions.

Il semblerait donc qu'il y ait une sorte de tension entre deux acceptions de la religion : elle est à la fois ce qu'il y a de plus intime, elle est une croyance, qui, parce qu'elle n'est pas un phénomène rationnel, mais bien affectif, se vit et se sent, mais ne s'exprime et se définit que de façon très incomplète.

Et à la fois, elle apparait comme le lien qui maintient les civilisations, sujet de guerre et de conquêtes, parce qu'elle exige l'adhésion des non-croyants. C.

Rousseau distingue religion naturelle et religion civile.

La religion naturelle, que Rousseau pense sur le modèle stoïcien, repose sur trois dogmes : l'existence d'une première cause qui est origine des mouvements physiques sans lui-même être matériel; l'intelligence de cette cause qui a agi en suivant des lois ; la croyance en l'immortalité de l'âme.

Rousseau ajoute que cette religion naturelle, purement individuelle ou intérieure, est suffisante à l'accomplissement de l'homme.

Venons-en à présent à la religion civile.

Rousseau souligne dans Le contrat social que pour être bien constitué, un État doit posséder une religion qui soit commune à l'ensemble ou du moins au plus grand nombre des citoyens.

Mais si l'on observe ce qu'ont réalisé les Anciens, on remarque que la « religion nationale » ne devient finalement rien d'autre qu'une défense acharnée de la Cité avant même tout souci de conservation.

Les religions nationales se définissent ainsi par leur intolérance, elles outrepassent les limites de ce que permet la morale, s'opposent aux dogmes de celles-ci et par conséquent entrent en contradiction avec la religion naturelle que tout homme porte en lui.

Pour éviter ce « drame », il faudra énoncer les règles d'une religion civile : chaque citoyen fera ainsi profession de foi civile qui devra permettre d'assurer la sociabilité, l'amour de l'autre, etc.. »

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