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La religion n'a telle pour fonction que de calmer nos angoisses ?

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Freud désigne ainsi les croyances religieuses comme des illusions créées par l?homme.               2° La religion comme destination de l?homme dont l?angoisse est le signe               A l?opposé de l?analyse freudienne de la religion comme illusion, Pascal construit une apologie de la religion chrétienne, qui prend également pour centre la notion d?angoisse, mais pour prouver une idée opposée à celle d?une religion comme réponse de l?homme face à ses propres angoisses. Pour Pascal en effet, la religion est bien le seul remède à l?angoisse qui est constitutive de l?homme, mais en tant qu?elle est la véritable destination de l?homme. L?homme est en effet une créature créée par Dieu à son image, mais le péché originel a entraîné la chute de l?humanité. Le signe de cette chute est alors l?angoisse qui caractérise la condition humaine depuis le péché : cette angoisse se traduit pas une peur du vide, de l?ennui, que l?homme tente en vain de combler par le divertissement et les affaires, mais qui traduit en réalité une angoisse plus profonde due au sentiment de néant de l?homme abandonné par Dieu. Cette angoisse ne peut alors cesser qu?en retrouvant la condition première de l?homme, c?est-à-dire la condition divine, ce qui ne peut se faire que par la religion et la grâce divine. Selon cette analyse, la religion est pensée par rapport à l?angoisse, mais il ne s?agit pas d?affirmer que la fonction de la religion serait de calmer cette angoisse : bien au contraire, l?angoisse caractéristique de la condition humaine est le signe psychologique de la perte par l?homme de sa destination et de sa condition véritables et premières de créature destinée à vivre en accord avec Dieu. C?est en quelque sorte bien plutôt l?angoisse qui a pour fonction de nous faire sentir le manque cruel de la présence de Dieu.              3° La religion est le signe d?un besoin de l?homme de ne pas se contenter du monde naturel, mais face à l?incertitude de l?existence de Dieu, sa fonction est avant tout morale               Kant définit la religion comme la connaissance de nos devoirs en tant que commandements divins. Elle n?exige pas un savoir sur Dieu, pas même sur son existence, mais une acception problématique, c?est-à-dire une hypothèse.

« Les religions peuvent être définies comme des systèmes de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, et qui unissent des individus dans une communauté morale.

Elles reposent sur la foi individuelle, c'est-à-dire une adhésion spirituelle à l'existence d'une instance divine et à des vérités révélées.

S'interroger sur la fonction de la religion amène à questionner à la fois sa fonction d'organisation sociale et sa fonction d'organisation de la pratique de la foi.

La vénération d'une instance sacrée, infiniment supérieure à l'homme et toute-puissante peut-elle être entièrement expliquée par la crainte devant notre finitude et l'impuissance qu'elle entraîne ? Ou bien peuton penser que la religion est fondée dans l'essence de l'homme non pas seulement en tant qu'être fini et angoissé par sa finitude, mais en tant qu'être défini par une âme immatérielle qui tend vers la divinité ? Autrement dit, peut-on comprendre la fonction de la religion uniquement par une analyse psychologique de l'angoisse, ou bien est-on destiné à manquer cette fonction si on ne fait pas référence à un principe métaphysique et ontologique présent en l'homme et qui le caractériserait comme un être destiné à la transcendance ? Après avoir caractérisé la religion comme une construction psychologique destinée à rassurer l'homme face à ses angoisses, nous évoquerons la religion comme ayant pour fonction de restaurer la véritable condition de l'homme, vouée à Dieu, l'homme sans Dieu étant caractérisé par l'angoisse devant sa déchéance.

On pourra alors envisager la fonction morale de la religion, comme témoignant d'un besoin métaphysique de l'homme de croire en une instance transcendante. 1° La religion est une réponse collective aux désirs et angoisses des individus L'analyse psychanalytique de Freud amène à penser la religion comme une réponse collective, culturelle, à un désarroi de l'individu.

Ce désarroi possède une dimension universelle dans la mesure où il prend sa source dans le besoin d'être protégé et aimé, qui, dans l'enfance, est satisfait par le père.

Mais ce désir et l'angoisse qu'entraîne sa frustration ne prend pas fin avec l'enfance, l'homme cherche alors un père plus puissant, qu'il trouve dans la Providence et la bonté divine.

L'idée d'un ordre de l'univers apaise l'angoisse face aux injustices rencontrées au cours de la vie, et la croyance dans une vie après la mort permet de penser un lieu où les désirs frustrés au cours de l'existence pourront se satisfaire.

Elle permet en effet, au niveau collectif, de compenser les frustrations imposées par la vie en communauté et de supporter le respect des interdits fondamentaux qui forment la base des sociétés, comme l'interdit de l'inceste et celui du meurtre.

Dans cette analyse, la fonction de la religion est donc bien à comprendre comme une réaction psychologique face aux angoisses qui caractérisent tout homme : angoisse de mourir, angoisse de la non satisfaction des désirs, angoisse d'être rejeté par le groupe, de subir une injustice, etc.

Freud désigne ainsi les croyances religieuses comme des illusions créées par l'homme. 2° La religion comme destination de l'homme dont l'angoisse est le signe A l'opposé de l'analyse freudienne de la religion comme illusion, Pascal construit une apologie de la religion chrétienne, qui prend également pour centre la notion d'angoisse, mais pour prouver une idée opposée à celle d'une religion comme réponse de l'homme face à ses propres angoisses.

Pour Pascal en effet, la religion est bien le seul remède à l'angoisse qui est constitutive de l'homme, mais en tant qu'elle est la véritable destination de l'homme.

L'homme est en effet une créature créée par Dieu à son image, mais le péché originel a entraîné la chute de l'humanité.

Le signe de cette chute est alors l'angoisse qui caractérise la condition humaine depuis le péché : cette angoisse se traduit pas une peur du vide, de l'ennui, que l'homme tente en vain de combler par le divertissement et les affaires, mais qui traduit en réalité une angoisse plus profonde due au sentiment de néant de l'homme abandonné par Dieu.

Cette angoisse ne peut alors cesser qu'en retrouvant la condition première de l'homme, c'est-à-dire la condition divine, ce qui ne peut se faire que par la religion et la grâce divine.

Selon cette analyse, la religion est pensée par rapport à l'angoisse, mais il ne s'agit pas d'affirmer que la fonction de la religion serait de calmer cette angoisse : bien au contraire, l'angoisse caractéristique de la condition humaine est le signe psychologique de la perte par l'homme de sa destination et de sa condition véritables et premières de créature destinée à vivre en accord avec Dieu.

C'est en quelque sorte bien plutôt l'angoisse qui a pour fonction de nous faire sentir le manque cruel de la présence de Dieu. 3° La religion est le signe d'un besoin de l'homme de ne pas se contenter du monde naturel, mais face à l'incertitude de l'existence de Dieu, sa fonction est avant tout morale Kant définit la religion comme la connaissance de nos devoirs en tant que commandements divins.

Elle n'exige pas un savoir sur Dieu, pas même sur son existence, mais une acception problématique, c'est-à-dire une hypothèse.

En effet, notre entendement ne peut connaître que les phénomènes qui se présentent dans l'expérience, c'est-à-dire dans l'espace et dans le temps, et ne dispose donc d'aucun moyen de connaître dieu.

Mais notre raison possède l'idée de dieu, qui est une idée régulatrice, ce qui signifie qu'on ne peut la prouver, mais qu'elle témoigne d'un besoin de l'homme de croire en une transcendance qui lui permet d'espérer.

La religion joue en ce sens un rôle dans le respect de la morale.

En ce sens, on ne peut réduire la religion à une fonction de protection par rapport à l'angoisse : elle témoigne de la nature de l'homme qui ne peut s'en tenir au monde de la nature et qui est essentiellement un être moral. Conclusion La religion, dans une perspective psychologique et psychanalytique, apparaît comme une réponse aux angoisses qui caractérisent le psychisme humain de manière universelle.

Sur le plan de ce qu'elle affirme, elle apparaît alors comme une illusion, à laquelle l'homme préfère croire plutôt que de se confronter à ses angoisses et aux difficultés du réel.

Cependant, le rôle central de l'angoisse dans la condition humaine peut devenir à l‘inverse un indice servant à démontrer que l'homme réduit à lui-même ressent une misère que seul le retour à sa véritable condition comme être destiné à la divinité peut abolir.

On peut alors penser que la religion n'est pas uniquement une construction psychologique, mais qu'elle est le signe d'un besoin de la raison humaine de fonder sa disposition à la moralité sur un espoir en l'existence d'une instance transcendante. Cependant, l'impossibilité de prouver l'existence de Dieu fait de la religion une idée régulatrice, dont la fonction est de contribuer aux progrès de la moralité et du bien chez l'homme et dans la société.. »

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