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La réalité scientifique.

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INTRODUCTION :    - S'il appartient à la réalité d'être ce qui existe effectivement (par opposition à l'idéalité), si, par conséquent, elle ne pourrait être multiple sans cesser d'être réelle, alors aucune réalité ne saurait être spécifiquement scientifique, la science s'y rapportant ainsi comme à ce que nous aurions tous en partage. Parler de réalité scientifique ne consisterait donc qu'à parler de la réalité la plus commune, dont la science aurait seulement pour tâche d'expliciter le lois.- Toutefois, un tel travail d'explicitation, pour réaliste qu'il prétende être, réclame tout un effort de construction de la réalité elle-même, afin que celle-ci puisse se laisser non seulement conceptualiser et quantifier, mais aussi soumettre à des expériences rationnellement élaborées. On pourrait alors parler d'une réalité proprement scientifique, ne tenant son effectivité elle-même que du discours censé pourtant s'y rapporter en vérité.- Mais, à moins d'envisager, par impossible, une pluralité de réalités, doit-on considérer la réalité scientifique comme la réalité enfin dévoilée dans son être même, ou bien ne faudrait-il pas, au contraire, renvoyer l'objet de la science à son peu de réalité ?    PB : De quelle réalité la science est-elle l'étude, si elle ne s'y rapporte jamais qu'au travers de ce qui semble sans cesse l'en éloigner ? Mais, loin de nous en éloigner, ne doit-on pas plutôt penser qu'elle nous la fait atteindre dans sa réalité même, que l'expérience la plus commune serait incapable de saisir en vérité ? Autrement dit, faut-il parler d'une réalité proprement scientifique ou bien d'une réalité révélée par la science ?    Enjeu : A l'horizon d'un tel problème se joue la nature même de notre rapport à la réalité : s'il n'est de réalité véritable que scientifique, la science ne se donne-t-elle pas alors comme l'horizon indépassable de notre existence ? Un tel horizon est-il à la mesure de notre être sensible ? La réalité scientifique, à être entièrement maîtrisable, ouvre-t-elle seulement un monde à habiter ?

« > Demande d'échange de corrigé de Rousseau Marine ([email protected]). Sujet déposé : La réalité scientifique. INTRODUCTION : - S'il appartient à la réalité d'être ce qui existe effectivement (par opposition à l'idéalité), si, par conséquent, elle ne pourrait être multiple sans cesser d'être réelle, alors aucune réalité ne saurait être spécifiquement scientifique, la science s'y rapportant ainsi comme à ce que nous aurions tous en partage.

Parler de réalité scientifique ne consisterait donc qu'à parler de la réalité la plus commune, dont la science aurait seulement pour tâche d'expliciter le lois.- Toutefois, un tel travail d'explicitation, pour réaliste qu'il prétende être, réclame tout un effort de construction de la réalité elle-même, afin que celle-ci puisse se laisser non seulement conceptualiser et quantifier, mais aussi soumettre à des expériences rationnellement élaborées.

On pourrait alors parler d'une réalité proprement scientifique, ne tenant son effectivité elle-même que du discours censé pourtant s'y rapporter en vérité.- Mais, à moins d'envisager, par impossible, une pluralité de réalités, doit-on considérer la réalité scientifique comme la réalité enfin dévoilée dans son être même, ou bien ne faudrait-il pas, au contraire, renvoyer l'objet de la science à son peu de réalité ? PB : De quelle réalité la science est-elle l'étude, si elle ne s'y rapporte jamais qu'au travers de ce qui semble sans cesse l'en éloigner ? Mais, loin de nous en éloigner, ne doit-on pas plutôt penser qu'elle nous la fait atteindre dans sa réalité même, que l'expérience la plus commune serait incapable de saisir en vérité ? Autrement dit, faut-il parler d'une réalité proprement scientifique ou bien d'une réalité révélée par la science ? Enjeu : A l'horizon d'un tel problème se joue la nature même de notre rapport à la réalité : s'il n'est de réalité véritable que scientifique, la science ne se donne-t-elle pas alors comme l'horizon indépassable de notre existence ? Un tel horizon est-il à la mesure de notre être sensible ? La réalité scientifique, à être entièrement maîtrisable, ouvre-t-elle seulement un monde à habiter ? I.

LA RÉALITÉ AUTREMENT : - Si l'on postule qu'il n'existe qu'une seule réalité, et si l'on définit la vérité comme " adaequatio rei et intellectus " (THOMAS D'AQUIN, De Veritate, qu.

I, art.

1), alors la science, dans sa prétention à la vérité, ne peut être qu'un corps de propositions universelles et nécessaires, dont les objets seront donc eux aussi universels et nécessaires : " Nous concevons tous que les choses dont nous avons la science ne peuvent être autrement qu'elles ne sont ; pour les choses qui peuvent être autrement, dès qu'elles sont sorties du champ de notre connaissance, nous ne voyons plus si elles existent ou non.

L'objet de la science existe donc nécessairement ; il est par suite éternel, car les êtres qui existent d'une nécessité absolue sont tous éternels ; et les êtres éternels sont inengendrés et incorruptibles " (ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, VI, 3).- Il n'y aurait donc de science que du nécessaire, et la sensation, en ne nous rapportant qu'à du contingent, serait incapable de fournir à la science ses véritables objets (" L'expérience nous enseigne certes que quelque chose possède telle ou telle propriété, mais non pas qu'il ne puisse en être autrement ", KANT, Critique de la raison pure, Intro, II).- Tout l'effort de la science consisterait alors à saisir à travers la diversité sensible, immédiatement donnée mais dont rien n'assurerait la réalité, l'unité même de l'intelligible, l'essence de la chose, sa réalité même qui fait qu'elle est et qu'elle est ce qu'elle est : " Socrate : En quel rang poses-tu donc l'essence (ousia) ? Car c'est bien elle qui a la plus universelle extension ? [… Et] celui-là peut-il atteindre la vérité qui n'atteint même pas jusqu'à l'essence ? — Théétète : Impossible. — S.

: Et là où l'on n'atteindra pas la vérité, pourra-t-on jamais avoir science ?.

— Th.

: Comment le pourrait-on , Socrate ? — S.

: Ce n'est donc point dans les impressions que réside la science, mais dans le raisonnement sur les impressions ; car l'essence et la vérité, ici, ce semble, se peuvent atteindre, et, là, ne le peuvent.

— Th.

: Apparemment.

— S.

: Appelleras-tu donc du même nom et ceci et cela, que séparent de telles différences ? — Th.

: Ce ne serait pas juste.

— S.

: Quel nom vas-tu donc restituer à l'un : au voir, entendre, odorer, se refroidir, s'échauffer ? — Th.

: Sentir.

Voilà mon terme : quel autre trouver ? — S.

: Et, d'un nom général, tu appelles tout cela sensation (aisthèsis) ? — Th.

: Nécessairement. — S.

: A qui, nous l'affirmons, n'appartient point d'atteindre la vérité ; car elle n'atteint point l'essence. — Th.

: Non, certes.

— S.

: Ni, par conséquent, la science (epistèmè).

— Th.

: Non plus. — S.

: Il ne se pourra donc jamais faire, Théétète, que sensation et science soient identiques.

— Th.

: Il apparaît que non, Socrate.

Et voilà maintenant prouvé, le plus manifestement possible, que la science est différente de la sensation.

— S.

: Encore ne fut-ce point l'objet initial de notre dialogue de trouver ce que la science n'est point, mais bien de trouver ce qu'elle est.

Toutefois ce nous est une sérieuse avance de n'avoir plus du tout à la chercher dans la sensation, mais dans l'acte, quelque nom qu'il porte, par lequel l'âme s'applique seule et directement à l'étude des êtres.

— Th.

: Mais le nom de cet acte, Socrate, est, à ce que je crois, juger " (PLATON, Théétète, 186a-187a).- Si Platon ne distingue jamais deux mondes (les expressions de " monde sensible " et de " monde intelligible " provenant d'un platonisme tardif [Philon d'Alexandrie au 1er s.]), il faut malgré tout admettre qu'il existe deux niveaux d'une même réalité : d'une part, un niveau sensible, qui nous fait encontre quotidiennement et qui serait objet d'opinion, et, d'autre part, un niveau intelligible, qui serait la réalité elle-même dévoilée dans sa vérité et qui serait l'objet propre de la science.- Encore faut-il préciser que cette science ne sera pas la mathématique qui, selon Platon, procède uniquement par hypothèses (l'intelligibilité de ses objets n'étant pas alors la garantie de leur existence réelle), mais la dialectique entendue comme méthode ordonnée à l'intelligence des premiers principes.

Ces derniers constituent la réalité même, comme autant d'objets intelligibles " que la raison ellemême (logos) saisit par la puissance dialectique, tenant ses hypothèses non pour des principes, mais pour de. »

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