Aide en Philo

La linguistique contemporaine ?

Extrait du document

« Le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et une image acoustique », écrivait Ferdinand de Saussure, le fondateur de la linguistique scientifique contemporaine (Cours de linguistique générale, 1915). Autrement dit, le mot (ou « signe linguistique ») est une « entité psychique à deux faces » : il associe, par exemple, l'idée d'arbre, le concept d'arbre, à l'empreinte psychique du son « arbre » (en français), du son tree (en anglais), etc.

« Le mot, unité du signifiant et du signifié «Le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et une image acoustique», écrivait Ferdinand de Saussure, le fondateur de la linguistique scientifique contemporaine (Cours de linguistique générale, 1915). Autrement dit, le mot (ou «signe linguistique») est une «entité psychique à deux faces» : il associe, par exemple, l'idée d'arbre, le concept d'arbre, à l'empreinte psychique du son «arbre» (en français), du son tree (en anglais), etc. La double articulation des langues humaines : monèmes et phonèmes Qu'est-ce donc qui fait le caractère spécifique des langues humaines ? Quelle propriété ont-elles toutes, qui puisse les différencier des innombrables autres systèmes de communication (code des abeilles, code de la route, etc.) ? Ce n'est ni la fonction de communication (qu'elles partagent avec tous les autres systèmes de codage) ni le caractère arbitraire des signes qu'elles mettent en jeu (l'utilisation du rouge et du vert, par exemple, est totalement arbitraire, dans les signaux lumineux prévus par le code de la route). Cette propriété que nous recherchons, c'est la fameuse «double articulation», dont Saussure (1857-1913), puis Martinet (né en 1908), ont souligné l'extrême importance. Prenons le mot français : réembarquons. — On voit qu'il peut se décomposer, tout d'abord, en unités dites de première articulation (ou monèmes), qui sont des unités minimales de sens : ré-em-barqu-ons. — On peut pousser la division plus avant ; mais on obtient alors des segments n'ayant plus aucune signification dans la langue.

On atteint ainsi des unités minimales de deuxième articulation (ou phonèmes), qui sont des unités minimales de son [r/é/em/b/a/r/qu/ons]. Fonction économique de la double articulation C'est cette superposition des monèmes et des phonèmes qui donne au langage ce pouvoir de «faire tant avec si peu» (E.

Benveniste, Problèmes de linguistique générale, 1966). Sans elle, toute communication serait d'une inextricable complexité : — si la langue ne comportait que des phonèmes, alors chaque message singulier requerrait un cri particulier ; — s'il n'y avait que des monèmes, le langage nécessiterait plusieurs milliers de productions phoniques minimales distinctes, — ce qui excède, bien sûr, largement, les possibilités vocales du gosier humain. Langage articulé et écriture Si toutes les langues humaines (et elles seules) reposent sur la double articulation, seules les écritures alphabétiques la reproduisent plus ou moins fidèlement (première écriture alphabétique : l'écriture phénicienne, vers 1000 av.

J.-C.) : seules, en effet, elles «vont» jusqu'aux phonèmes. C'est pourquoi l'écriture chinoise classique - pur rébus, formé seulement de monèmes - comportait...

80.

000 signes et s'apprenait toute la vie durant ! •. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles