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La liberté peut-elle s'affirmer sans violence ?

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• Devant l'intitulé du sujet se présentent immédiatement à vous un certain nombre de connaissances (apprises en cours), d'une part sur la liberté, d'autre part sur la violence. Jetez-les immédiatement et succinctement sur le papier. Efforcez-vous essentiellement de construire des définitions précises des deux notions en jeu, liberté et violence. Bien entendu, il ne s'agit nullement de juxtaposer deux dissertations sur chacun de ces thèmes pour les relier ensuite, mais bien de dessiner une problématique précise. Il faut donc opérer la synthèse des deux concepts de liberté et de violence. Pour assurer cette liaison, réfléchissez sur le sens de s'affirmer. S'affirmer, c'est se manifester de façon indiscutable, extérioriser son être et sa nature. Dès lors, la conception de la liberté qui semble à première vue utilisable dans le contexte est certainement celle de Hegel : la liberté, chez Hegel, ne se manifeste vraiment (à un certain niveau tout au moins) que par la violence. La liberté, c'est la négativité, elle ne peut s'affirmer et se construire sans violence. Il semble qu'ainsi vous soyez en mesure de faire démarrer votre dissertation en centrant vos analyses sur une « liberté-négativité ».

• Le plan le plus adapté au sujet est le plan de type dialectique, par thèse, antithèse et synthèse, permettant d'unifier des visions tout à fait opposées sur ce problème. Mais vous pouvez le compléter par des éléments d'analyse progressive, la synthèse étant d'autant plus cohérente qu'elle débouche sur une violence positive, au sens plein et réel du terme. Dès lors, les deux concepts de liberté et de violence se modifient progressivement dans la dissertation. Remarquons que notre plan prend la forme (non-oui-synthèse) et non la forme (oui-non-synthèse). • Il est paradoxal que la liberté, état de celui qui choisit lui-même, puisse s'affirmer en niant cet état lui-même dans la personne d'autrui : le sujet pose donc un problème que vous devrez résoudre dans ce devoir.   

« ANALYSE DU SUJET.

CONSEILS.

REMARQUES DE MÉTHODE • Devant l'intitulé du sujet se présentent immédiatement à vous un certain nombre de connaissances (apprises en cours), d'une part sur la liberté, d'autre part sur la violence.

Jetez-les immédiatement et succinctement sur le papier.

Efforcez-vous essentiellement de construire des définitions précises des deux notions en jeu, liberté et violence. Bien entendu, il ne s'agit nullement de juxtaposer deux dissertations sur chacun de ces thèmes pour les relier ensuite, mais bien de dessiner une problématique précise.

Il faut donc opérer la synthèse des deux concepts de liberté et de violence.

Pour assurer cette liaison, réfléchissez sur le sens de s'affirmer.

S'affirmer, c'est se manifester de façon indiscutable, extérioriser son être et sa nature.

Dès lors, la conception de la liberté qui semble à première vue utilisable dans le contexte est certainement celle de Hegel : la liberté, chez Hegel, ne se manifeste vraiment (à un certain niveau tout au moins) que par la violence.

La liberté, c'est la négativité, elle ne peut s'affirmer et se construire sans violence.

Il semble qu'ainsi vous soyez en mesure de faire démarrer votre dissertation en centrant vos analyses sur une « liberté-négativité ». • Le plan le plus adapté au sujet est le plan de type dialectique, par thèse, antithèse et synthèse, permettant d'unifier des visions tout à fait opposées sur ce problème.

Mais vous pouvez le compléter par des éléments d'analyse progressive, la synthèse étant d'autant plus cohérente qu'elle débouche sur une violence positive, au sens plein et réel du terme.

Dès lors, les deux concepts de liberté et de violence se modifient progressivement dans la dissertation.

Remarquons que notre plan prend la forme (non-oui-synthèse) et non la forme (oui-non-synthèse). • Il est paradoxal que la liberté, état de celui qui choisit lui-même, puisse s'affirmer en niant cet état lui-même dans la personne d'autrui : le sujet pose donc un problème que vous devrez résoudre dans ce devoir. 1° Introduction Définissons, tout d'abord, la liberté, dans la tradition hégélienne et post-hégélienne, comme la négation de tout donné.

Être libre, c'est nier le donné, le mettre à distance, le pulvériser en quelque sorte.

La liberté n'est rien d'autre que le pouvoir de dépassement proprement humain, elle se confond avec la transcendance de l'existant.

Il faut donc examiner ici la liberté comme pouvoir de négation interne de la conscience humaine.

La nature et les réalités objectives coïncident avec elles-mêmes, alors qu'au contraire l'existant humain « néantise » tout donné, il pulvérise les données immédiates.

La liberté est « la négation du donné, tant de celui qu'on est soi-même (en tant qu'animal ou en tant que " tradition incarnée ") que celui qu'on n'est pas (et qui est le monde naturel et social) » (Kojève).

La liberté est pouvoir de choisir, de dire oui ou non, de néantiser. Quant à la violence, il convient de la distinguer de la force, qui est énergie et maîtrise de soi.

A la différence de la force, elle apparaît comme une puissance déchaînée, que la raison ne domine pas, comme un pouvoir corrompu, tout entier à base de colère.

Par la violence, j'extériorise une contrainte sur Vautre, de manière à lui faire exécuter ce qui est absolument contraire à sa volonté. S'affirmer, c'est s'extérioriser de façon indiscutable, manifester son être et sa nature.

Le problème est donc de savoir si la liberté, état de celui qui choisit lui-même, qui dit oui ou non, indépendamment de toute contrainte externe, doit, pour se manifester, opérer une contrainte sur l'autre, sur autrui.

Il y a là un paradoxe puisque la liberté de l'existant, dans ces conditions, ne pourrait s'extérioriser sans opérer sur autrui cette contrainte qui précisément ne figure pas dans le choix libre du sujet. A) Thèse : « Liberté-négativité » et violence. Il semble, en première analyse, que la liberté humaine ne s'affirme et ne se constitue que sur fond de violence, c'est-à-dire de contrainte, par l'emploi de l'intimidation, en agissant sur autrui contre sa volonté.

Dire que l'homme est libre et se fait libre, c'est dire qu'il est essentiellement un mouvement de négation contre autrui.

En effet, tout ce qui manifeste la spécificité de l'homme relève de la négativité, du pouvoir de nier et refuser.

Or la négativité s'exerce d'abord contre autrui.

Comme l'a souligné Hegel en des analyses célèbres, pour que l'homme soit vraiment humain, pour qu'il conquière sa liberté, il doit nier autrui.

L'homme apparaît pour la première fois librement quand il combat dans une lutte sanglante de pur prestige, quand il fait donc preuve de violence contre autrui.

C'est la lutte sanglante pour la reconnaissance, engendrant le rapport de maîtrise et de servitude, qui apporte à l'homme la première liberté effective.

Ainsi, la liberté est négativité et cette liberté-négativité ne s'actualise qu'en tant qu'acte négateur portant sur une autre conscience.

La liberté (ou « l'autonomie » de l'homme) est liée à la violence.

Il n'est pas de liberté sans violence; la liberté, pour s'affirmer, nie autrui et exige sa reconnaissance. Ce schéma « liberté-négativité-violence » a été repris par Sartre dans L'Être et le Néant.

Chez Sartre, la liberté se confond avec la négativité.

Elle est cette puissance que détient la conscience de néantiser tout être ; le pour-soi n'est pas, il existe et se néantise.

La conscience est libre : cela signifie qu'elle se place hors d'atteinte et se soustrait à l'en-soi.

Le pouvoir permanent de tout nier est inscrit dans l'être de l'homme, qui est transcendance et liberté irréductible.

Mais précisément, cette « liberté-négativité » ne peut s'actualiser sans violence réalisée sur autrui.

Car l'Autre peut me voler le monde, transcender ma liberté.

Dès lors, ma liberté, pour se faire et se récupérer, va rechercher la mort de l'autre, exercer une puissance déchaînée contre autrui.

Tel est le thème célèbre de Huis-clos.

Dire « l'enfer, c'est les autres », c'est affirmer que la liberté de chacun ne peut récupérer sa puissance qu'en extériorisant son pouvoir contre la présence d'autrui, qui transcende la transcendance humaine.

Comment échapper à cette violence contre l'autre? La violence semble indépassable pour qui veut affirmer sa liberté, puisque. »

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