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La fonction de l'État : assurer la liberté

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La fonction de l'État : assurer la liberté Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte et faire qu'il appartienne à un autre, que l'État est institué ; au contraire, c'est pour libérer l'individu de la crainte, pour qu'il vive autant que possible en sécurité, c'est-à-dire conserve aussi bien qu'il se pourra, sans dommage pour autrui, son droit naturel d'exister et d'agir. Non, je le répète, la fin de l'État n'est pas de faire passer les hommes de la condition d'êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d'automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu'eux-mêmes usent d'une raison libre, pour qu'ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu'ils se supportent sans malveillance les uns les autres. La fin de l'État est donc en réalité la liberté. SPINOZA

• Ce texte, tiré du Traité théologico-politique, XX. • L'État, pour Spinoza, ne peut que reposer sur un pacte social primitif en vue d'assurer l'intérêt commun de tous les citoyens. La volonté collective constitue donc le seul fondement légitime de l'autorité.

« La fonction de l'État : assurer la liberté Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte et faire qu'il appartienne à un autre, que l'État est institué ; au contraire, c'est pour libérer l'individu de la crainte, pour qu'il vive autant que possible en sécurité, c'est-à-dire conserve aussi bien qu'il se pourra, sans dommage pour autrui, son droit naturel d'exister et d'agir.

Non, je le répète, la fin de l'État n'est pas de faire passer les hommes de la condition d'êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d'automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu'eux-mêmes usent d'une raison libre, pour qu'ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu'ils se supportent sans malveillance les uns les autres.

La fin de l'État est donc en réalité la liberté.

SPINOZA QUESTIONS 1.

Quelle est l'idée principale du texte ? 2.

Expliquez : a.

« Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte [...] que l'État est institué ». b.

« son droit naturel d'exister et d'agir ». c.

« la fin de l'État ». 3.

Peut-on concilier le pouvoir de l'État et la liberté individuelle ? QUESTION 1 Spinoza exprime une idée essentielle : le fondement de l'État comme sa finalité reposent sur les exigences de la communauté elle-même, que sont la sécurité et la liberté. Spinoza concilie la souveraineté de l'État et la liberté individuelle. QUESTION 2 a.

L'état de nature est un état d'insécurité.

L'État est institué pour évacuer la violence des sociétés humaines.

Car si l'homme peut être un loup pour l'homme, les hommes peuvent aussi s'accorder entre eux : l'homme est un être de raison et tend vers l'accord.

En ce sens, « l'homme est un dieu pour l'homme » — homo homini deus — quand il vit selon la raison, c'est-à-dire selon les idées adéquates (cf.

sujet 27, texte de Spinoza : « L'erreur provient de l'ignorance »).

L'État n'est pas institué pour asservir l'homme mais pour le libérer. b.

Le droit naturel est le pouvoir d'agir selon les lois de sa nature.

L'homme est naturellement un être de désir : « Être, dit Spinoza, c'est persévérer dans son être ».

Les hommes sentent bien que le règne de la nature est celui de l'insécurité.

Le droit de nature appelle donc un autre droit qui puisse lui assurer la sécurité : le droit civil ne doit pas supprimer le droit naturel mais le réaliser.

Tant que le droit n'est pas organisé, il reste illusoire. c.

L'organisation politique de la société, qu'on appelle l'État, a pour but la liberté.

L'homme est libre « dans la mesure où il vit sous la conduite de la raison » : dans la mesure où il a le pouvoir d'exister et d'agir suivant les lois de la nature humaine.

L'État doit lui garantir la liberté en limitant le droit naturel, non en le supprimant.

Le pacte, qui permet à chacun de vivre en sécurité, permet aussi à chacun d'user en toute liberté de sa raison.

Dans un État libre fondé sur la raison, la liberté d'opinion existe. QUESTION 3 (réponse rédigée) Est-il paradoxal de vouloir accorder le pouvoir de l'État et la liberté individuelle ? Cette question montre bien le caractère problématique de cet accord : la finalité de l'État, qui règle la vie du groupe, va-t-elle de pair avec la finalité de l'individu ? La liberté de l'individu peut-elle s'accomplir dans l'État ? Ont-ils les mêmes intérêts ? À cette question, la réponse de Spinoza est sans ambiguïté : seul l'État garantit la liberté de chacun. En effet, le pouvoir de l'État incarne l'intérêt général.

Il ne domine pas les individus, il ne les aliène pas.

Au contraire, il permet à la liberté de chacun de se manifester plus librement que dans le monde naturel de la violence individuelle.

Le pouvoir de l'État est celui des citoyens : sinon, il exerce une fonction contraire à sa fonction première. L'État institue un droit positif et chaque citoyen vit sous sa loi.

La fin de l'État est la sécurité contre la crainte, l'accroissement des richesses contre les besoins.

« La fin de l'État est donc en réalité la liberté », c'est-à-dire la fin consciente de l'homme raisonnable et de ceux qui aspirent à l'être.

L'homme raisonnable est capable d'opinions libres, d'indignation, de révolte même.

C'est pourquoi l'État qui bafouerait la sécurité et la liberté de ses citoyens, se détruirait lui-même.

Un État qui voudrait interdire la liberté de penser et de s'exprimer ne pourrait que survivre puis mourir. Spinoza souligne que seule la démocratie convient aux hommes : ce n'est pas un régime politique parmi d'autres, c'est l'essence de tout régime raisonnable.

La démocratie est la vraie nature de la société comme la raison est la vraie nature de l'individu.

La démocratie concilie pouvoir de l'État et liberté individuelle. Avant Rousseau et Montesquieu, Spinoza définit l'État comme source et gardien des libertés individuelles.

« Pour jouir de la liberté il faut que chacun puisse dire ce qu'il pense [...] et pour la conserver, il faut encore que chacun puisse dire ce qu'il pense », écrit Montesquieu dans L'Esprit des lois.. »

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