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La famille et l'école

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Les structures de la famille et de l'école se rejoignent dans l'esprit des examinateurs en ce qu'elles mettent toutes deux enfants et adolescents en présence d'institutions - aussi anciennes que l'homme socialisé lui-même - qui détiennent autorité et savoir, qui dispensent éducation et instruction. Aussi est-ce bien dans ce sens que la cinquantaine de sujets posés depuis 1976 articulent les problèmes. Famille et école sont en crise, entend-on de toute part, grief amplifié par la multitude des sondages, enquêtes, que répercutent les médias. L'affaire est d'importance, en effet, car ces questions-là concernent toute la population. Mais cette crise est-elle nouvelle ? Et qu'en pensent les partenaires : adultes (parents et enseignants) d'une part, jeunes gens (enfants et élèves) d'autre part? Des solutions sont-elles envisageables ? Et lesquelles ?

« Les structures de la famille et de l'école se rejoignent dans l'esprit des examinateurs en ce qu'elles mettent toutes deux enfants et adolescents en présence d'institutions — aussi anciennes que l'homme socialisé lui-même — qui détiennent autorité et savoir, qui dispensent éducation et instruction. Aussi est-ce bien dans ce sens que la cinquantaine de sujets posés depuis 1976 articulent les problèmes. Famille et école sont en crise, entend-on de toute part, grief amplifié par la multitude des sondages, enquêtes, que répercutent les médias. L'affaire est d'importance, en effet, car ces questions-là concernent toute la population. Mais cette crise est-elle nouvelle ? Et qu'en pensent les partenaires : adultes (parents et enseignants) d'une part, jeunes gens (enfants et élèves) d'autre part? Des solutions sont-elles envisageables ? Et lesquelles ? I. Un apprentissage inévitable Seul entre tous les animaux, le petit d'homme a besoin d'un encadrement d'adultes pendant le 1/4 de son existence. L'animal, lui, est jeté dans la nature après un dressage qui n'excède pas quelques mois. Les exemples d'enfants sauvages, illustrés par quelques livres et films à succès ( Tarzan, L'enfant sauvage de F. Truffaut, ou sur un thème voisin : L'énigme de Gaspar Hauser de W. Herzog ou encore Elephant man de David Lynch), montrent que l'enfant a besoin des adultes pour devenir adulte à son tour, sous peine de rester un monstre, entre l'animalité et l'humanité. Et dans les sociétés primitives, ce sont les anciens qui, rituellement, initient les adolescents au monde adulte. la L'existence sociale, en effet, est autrement plus complexe que la vie naturelle, soumise à des lois immuables. Elle suppose des droits, des devoirs, des valeurs, sans lesquels toute vie humaine deviendrait, précisément, lutte sans merci et loi de la jungle. Et ces valeurs sont en évolution permanente, d'un moment à un autre, d'une société à une autre. Et si l'on ajoute à l'apprentissage de la vie en société — qu'on appelle la socialisation — l'acquisition des connaissances, qui vont en augmentant de génération en génération, on voit que ces années ne sont pas de trop qui, selon Jean Rostand, vont permettre à l'adolescent de « refaire en vingt ans le chemin qui demanda des millénaires ». • Famille et école vont donc se relayer pour placer enfants et adolescents en situation de s'insérer le plus harmonieusement possible dans la société. Mais, alors que la première va se spécialiser dans l'éducation au sens large, avec ce que cela comporte de rapports affectifs associés aux liens biologiques, la seconde va miser plutôt sur l'acquisition des connaissances, sur l'instruction — depuis une époque récente, il est vrai, car autrefois, l'affectif jouait aussi puissamment dans le rapport maître/élève. (Voir à ce sujet le fameux texte de M. Tournier : « Il y a deux éléments dans l'éducation : l'information et l'initiation ». Il y a donc, en théorie, une espèce de relais qui s'opère entre les deux institutions, et à deux niveaux, au service de l'enfant. Il La famille est aussi vieille que l'histoire des hommes, mais elle a été en constante évolution. Pilier de tout système social, elle s'est transformée avec lui dans le temps, comme elle s'est diversifiée dans l'espace. Nul besoin de remonter jusqu'à l'Antiquité pour constater ces changements. Sous l'Ancien régime : » La durée de l'enfance était réduite à sa période la plus fragile, quand le petit d'homme ne parvenait pas à se suffire; l'enfant alors, à peine physiquement débrouillé, était au plus tôt mêlé aux adultes, partageait leurs travaux et leurs jeux. De très petit enfant, il devenait tout de suite un homme jeune, sans passer par les étapes de la jeunesse (...). La transmission des valeurs et des savoirs (...) n'était donc pas assurée par la famille, ni contrôlée par elle (...). Pendant des siècles, l'éducation a été assurée par l'apprentissage grâce à la coexistence de l'enfant ou du jeune homme et des adultes. Il apprenait les choses qu'il fallait savoir en aidant les adultes à les faire ». (Ph. Ariès). C'est la complexification de la société d'une part et le rôle nouveau dévolu aux parents d'autre part (rôle de la mère surtout — on attribue l'« invention » de l'amour maternel au XVIIIe siècle, en particulier à J.J. Rousseau — ), qui ont changé en éducation le temps d'apprentissage et aussi, qui l'ont allongé. Avec la généralisation de l'école, c'est entre jeunes que la partie instruction de l'éducation s'est opérée. L'ÉCOLE ET LA FAMILLE Qu'est-ce que la socialisation? C'est l'ensemble des actes par lesquels on rend sociable, c'est-à-dire digne de vivre en société, ce petit d'homme qui sans cela aurait tout d'un animal. La famille assure toujours le point de départ. Jusqu'à deux ans, l'enfant ne connaît la société d'autres enfants que par intermittence (rencontres, crèches). L'essentiel revient à la famille et davantage à la mère. L'éducation donnée par celle-ci est irremplaçable, disent aujourd'hui la plupart des psychologues; la société et ses éducateurs spécialisés ne sauraient remplacer « les ressources immenses et bénévoles de l'amour maternel » (A. Sauvy). Le premier acte, et le plus important, c'est le langage (la marche étant quasi naturelle) : « Le langage a besoin d'être investi très tôt par l'enfant comme une activité qui lui donne du plaisir. Ce plaisir de parler, il ne peut le trouver qu'au sein de relations affectives satisfaisantes avec sa mère, sa famille, l'école... » (cité dans La famille en question). Vient ensuite l'apprentissage des rôles. Soucieux de ne pas déranger l'ordre qui distingue les sexes par exemple, on créera de toutes pièces une masculinité pour le garçon et une féminité pour la fille, à travers les jeux attribués (ce qui faisait dire à Jean Rostand que poupées et soldats de plomb étaient plus décisifs que les hormones dans la différenciation sexuelle), les habitudes vestimentaires, les attitudes et les comportements, etc. Viennent enfin les valeurs, les droits et les devoirs, lorsque l'enfant est à même de raisonner et de comprendre le sens de sa présence au sein de la famille et de la société. Mais déjà l'école a pris le relais. Moins engagé affectivement que le père ou la »

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