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Kant : les sens ne sont ni trompeurs ni véridiques

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Kant : les sens ne sont ni trompeurs ni véridiques

■ Le procès en faux témoignage que le rationalisme idéaliste intente aux sens et la défense de la véracité des sens par un certain empirisme qui affirme que les sens ne sauraient nous tromper ne constituent-ils pas en réalité une fausse querelle ? Car, fait observer Kant, les sens ne peuvent pas plus tromper qu'ils ne peuvent dire la vérité dans la mesure où ils ne jugent pas. Or le vrai et le faux définissent toujours des jugements. Ainsi dans les prétendues « erreurs » des sens, ce ne sont pas les sens qui se trompent ni qui nous trompent, mais c'est l'entendement qui se trompe dans les jugements qu'il fait sur les données des sens.  

« Kant : les sens ne sont ni trompeurs ni véridiques Le procès en faux témoignage que le rationalisme idéaliste intente aux sens et la défense de la véracité des sens par un certain empirisme qui affirme que les sens ne sauraient nous tromper ne constituent-ils pas en réalité une fausse querelle ? Car, fait observer Kant, les sens ne peuvent pas plus tromper qu'ils ne peuvent dire la vérité dans la mesure où ils ne jugent pas.

Or le vrai et le faux définissent toujours des jugements.

Ainsi dans les prétendues « erreurs » des sens, ce ne sont pas les sens qui se trompent ni qui nous trompent, mais c'est l'entendement qui se trompe dans les jugements qu'il fait sur les données des sens. « Les sens ne trompent pas : proposition qui récuse le reproche le plus important, mais aussi, à le bien penser, le plus vain qu 'on adresse aux sens ; ce n 'est pas qu 'ils jugent toujours exactement, mais ils ne jugent pas du tout ; c'est pourquoi l'erreur n'est jamais qu'à la charge de l'entendement.

Cependant l'apparence sensible tourne pour l'entendement, sinon à la justification, du moins à l'excuse ; c'est que l'homme en arrive souvent à tenir l'élément subjectif de sa représentation pour l'objectif (la tour éloignée dont on ne voit pas les angles est considérée comme ronde ; les lointains de la mer, qui atteignent le regard par des rayons lumineux plus élevés, sont considérés comme plus hauts que le rivage : la pleine lune qu'on voit, quand elle monte à l'horizon, à travers un air chargé de vapeurs, bien qu'on la saisisse avec le même angle de vue, est tenue pour plus éloignée, donc pour plus grande que lorsqu'elle est haut dans le ciel) ; et ainsi il en vient à prendre le phénomène pour l'expérience et à tomber par là dans l'erreur, comme en une faute de l'entendement, non comme en une faute des sens.

» (Kant, Anthropologie). Dans ces conditions, l'apparence n'est jamais trompeuse : elle n'est ni vraie ni fausse, elle est simplement ce qu'elle est.

C'est à nous d'en bien juger.. »

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