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KANT et l'état de nature

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Il en est des peuples, en tant qu'États, comme des individus : dans l'état de nature (c'est-à-dire dans l'indépendance de toute loi extérieure), leur seul voisinage est déjà une lésion réciproque ; et, pour garantir sa sûreté, chacun d'eux peut et doit exiger des autres qu'ils entrent avec lui dans une constitution analogue à la constitution civile, où les droits de chacun puissent être assurés. Ce serait là une fédération de peuples, qui ne formeraient pas cependant un seul et même État. Il y aurait en effet contradiction dans cette idée ; car, comme chaque État suppose le rapport d'un supérieur (le législateur) à un inférieur (celui qui obéit, c'est-à-dire le peuple), plusieurs peuples réunis en un État ne formeraient plus qu'un peuple, ce qui est contraire à la supposition (puisque nous avons à considérer ici le droit des peuples entre eux, en tant qu'ils constituent autant d'États différents et ne devant pas se confondre en un seul et même État) (...) Il n'y a, aux yeux de la raison, pour les États considérés dans leurs relations réciproques, d'autre moyen de sortir de l'état de guerre où les retient l'absence de toute loi, que de renoncer, comme les individus, à leur liberté sauvage (déréglée), pour se soumettre à la contrainte de lois publiques et former ainsi un État de nations (civitas gentium), qui croîtrait toujours et embrasserait à la fin tous les peuples de la terre. Mais, comme, d'après l'idée qu'ils se font du droit des gens, ils ne veulent point du tout employer ce moyen et qu'ils rejettent in hypothesi ce qui est vrai in thesi, à défaut de l'idée positive d'une république universelle, il n'y a (si l'on ne veut pas tout perdre), que le supplément négatif d'une alliance permanente et toujours plus étendue qui puisse détourner la guerre et arrêter le torrent de cette passion injuste et inhumaine ; mais on sera toujours condamné à en craindre la rupture.KANT

- Thème (ce dont il est question) : Il s’agit ici d’un extrait du Projet de paix perpétuelle dans lequel Kant tente de voir quels sont les rapports que les Etats doivent entretenir entre eux. 

- Problème (ce qui fait question) : Kant pose la question de savoir comment faire en sorte que les relations entre les Etats ne soient pas conflictuelles et comment doivent être réglés leurs rapports.

- Thèse (proposition philosophique défendue par l’auteur) : Pour Kant, les Etats réagissent entre eux de la même manière que les individus à l’état de nature. Kant pense alors en terme d’analogie, ce qui a été fait pour mettre fin à l’état de nature chez les hommes (le contrat social), doit être fait entre les Etats.

- Structure (manière dont est composée le texte) à Si le commentaire est composé, il faut dégager 3 thèmes, 3 manière d’aborder le problème par l’auteur, et dans le corps du commentaire, commenter et développer ces thèmes en s’appuyant sur le texte, sans le suivre linéairement. Si le commentaire est linéaire, il est possible de découper le texte en 2 ou 3 parties, de dégager leur thème, et de les commenter ligne à ligne. Nous allons ici, pour des besoins de compréhension, utiliser la méthode du commentaire linéaire :

à Au départ « Il en est des peuples … contradiction dans cette idée. » : Kant expose son idée selon laquelle les Etats se comportent entre eux comme les individus à l’état de nature, et propose une solution, la « fédération des peuples ».

à « car, comme chaque Etat… tous les peuples de la Terre » : Explique les conséquences qu’aurait cette « fédération des peuples » sur les rapports entre les Etats, et les limites de l’analogie.

à « Mais, comme d’après l’idée… craindre la rupture » : raison pour laquelle ce projet de « fédération des peuples » n’est pas possible pour l’instant.

 

« Commentaire d'un texte de Sartre : Introduction : - Thème (ce dont il est question) : Il s'agit ici d'un extrait du Projet de paix perpétuelle dans lequel Kant tente de voir quels sont les rapports que les Etats doivent entretenir entre eux. - Problème (ce qui fait question) : Kant pose la question de savoir comment faire en sorte que les relations entre les Etats ne soient pas conflictuelles et comment doivent être réglés leurs rapports. - Thèse (proposition philosophique défendue par l'auteur) : Pour Kant, les Etats réagissent entre eux de la même manière que les individus à l'état de nature.

Kant pense alors en terme d'analogie, ce qui a été fait pour mettre fin à l'état de nature chez les hommes (le contrat social), doit être fait entre les Etats. - Structure (manière dont est composée le texte) à Si le commentaire est composé, il faut dégager 3 thèmes, 3 manière d'aborder le problème par l'auteur, et dans le corps du commentaire, commenter et développer ces thèmes en s'appuyant sur le texte, sans le suivre linéairement.

Si le commentaire est linéaire, il est possible de découper le texte en 2 ou 3 parties, de dégager leur thème, et de les commenter ligne à ligne.

Nous allons ici, pour des besoins de compréhension, utiliser la méthode du commentaire linéaire : à Au départ « Il en est des peuples … contradiction dans cette idée.

» : Kant expose son idée selon laquelle les Etats se comportent entre eux comme les individus à l'état de nature, et propose une solution, la « fédération des peuples ». à « car, comme chaque Etat… tous les peuples de la Terre » : Explique les conséquences qu'aurait cette « fédération des peuples » sur les rapports entre les Etats, et les limites de l'analogie. à « Mais, comme d'après l'idée… craindre la rupture » : raison pour laquelle ce projet de « fédération des peuples » n'est pas possible pour l'instant. Développement : Pour chaque partie, il faut : 1) dire ce que l'on va faire, présenter le thème du passage que l'on va expliquer.

2) faire ce que l'on a dit, expliquer le passage proprement dit, 3) conclure la partie en disant ce que l'on a fait et ce qu'il reste à faire.

Préciser ce que l'on a dégagé de l'explication. I/ La fédération des peuples : Il en est des peuples, en tant qu'États, comme des individus : dans l'état de nature (c'est-à-dire dans l'indépendance de toute loi extérieure), leur seul voisinage est déjà une lésion réciproque ; et, pour garantir sa sûreté, chacun d'eux peut et doit exiger des autres qu'ils entrent avec lui dans une constitution analogue à la constitution civile, où les droits de chacun puissent être assurés.

Ce serait là une fédération de peuples, qui ne formeraient pas cependant un seul et même État.

Il y aurait en effet contradiction dans cette idée. ● La 1ère phrase du texte, « il en est des peuples, en tant qu'Etats, comme des individus », est le postulat, la thèse que pose Kant dès le départ, et qu'il s'attachera à démontrer par la suite.

Vient ensuite l'explication de ce qu'il entend par cette affirmation. Kant fait un parallèle entre la situation des individus qui vivent à l'état de nature, les rapports violents qu'ils entretiennent, et la situation des peuples en tant qu'Etats entre eux. Comme pour les individus, l'affirmation de tel Etat particulier, qui se fait en général par la force -comme c'est le cas à l'état de nature, peut nuire au développement des autres.

Si cela est possible, c'est parce qu'il n'existe aucune « loi extérieure », c'est-à-dire aucune loi qui règle les rapports des Etats entre eux. ● Du fait de cette absence de loi, et donc de la possibilité de dominer par la force les autres Etats (ce qui existe aussi à l'état de nature), le seul fait que les Etats soient voisins est déjà « une lésion réciproque ». Autrement dit, le rapport de voisinage est déjà un préjudice réciproque, parce qu'il n'y a aucune loi extérieure pour régler leur rapport, et garantir leur sûreté.

Le voisinage augmente les possibilités de domination. ● Kant propose ensuite une solution : il faudrait que les Etat entrent dans une constitution, tout comme l'ont fait les individus à l'état de nature.

Cela est à la fois une possibilité et un devoir.

Mais, tout comme dans l'état de nature, la réciprocité n'est pas garantie - c'est-à-dire que l'assurance selon laquelle tel Etat s'abstient de porter atteinte à la sûreté de l'autre Etat, ne sera pas forcément observée par cet autre Etat.

De ce fait, rien ne le retient de porter atteinte à la sûreté du voisin, le droit est nié on est dans une sorte d'état de nature = état de violence. Pour en sortir, il faudrait une constitution analogue à la constitution civile, à savoir une sorte d'état juridique où les Etats obéiraient à l'équivalent de la loi civile, loi universelle et a priori L'enjeu ici est la sûreté des Etats ; ils devraient donc s'engager les uns envers les autres à ne pas troubler cette sûreté, qui serait ainsi garantie par un engagement réciproque.

Le but est de faire en sorte que les libertés coexistent, et cela n'est possible que si les volontés des Etats s'accordent sous une loi universelle de la liberté.. »

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