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Hegel: Est-on libre de changer le monde ?

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L'universalité du besoin d'art ne tient pas à autre chose qu'au fait que l'homme est un être pensant et doué de conscience. En tant que doué de conscience, l'homme doit se placer en face de ce qu'il est, de ce qu'il est d'une façon générale, et en faire un objet pour soi. Les choses de la nature se contentent d'être, elles sont simples, ne sont qu'une fois, mais l'homme en tant que conscience, se dédouble : il est une fois, mais il est pour lui-même. Il chasse devant lui ce qu'il est ; il se contemple, il se représente lui-même. Il faut donc chercher le besoin général qui provoque une oeuvre d'art dans la pensée de l'homme, puisque l'oeuvre d'art est un moyen à l'aide duquel l'homme extériorise ce qu'il est. Cette conscience de lui-même, l'homme l'acquiert de deux manières : théoriquement, en prenant conscience de ce qu'il est intérieurement, de tous les mouvements de son âme, de toutes les nuances de ses sentiments, en cherchant à se représenter lui-même, tel qu'il se découvre par la pensée, et à se reconnaître dans cette représentation qu'il offre à ses propres yeux. Mais l'homme est également engagé dans des rapports pratiques avec le monde extérieur, et de ces rapports naît également le besoin de transformer ce monde, comme lui-même, dans la mesure où il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait, pour encore se reconnaître lui-même dans la forme des choses, pour jouir de lui-même comme d'une réalité extérieure. On saisit déjà cette tendance dans les premières impulsions de l'enfant : il veut voir des choses dont il soit lui-même l'auteur, et s'il lance des pierres dans l'eau, c'est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son oeuvre dans laquelle il retrouve comme un reflet de lui-même. Ceci s'observe dans de multiples occasions et sous les formes les plus diverses, jusqu'à cette sorte de reproduction de soi-même qu'est une oeuvre d'art. A travers les objets extérieurs, il cherche à se retrouver lui-même.

« Thème 2328 Hegel: Est-on libre de changer le monde ? D'un côté, la nature enferme l'homme dans un réseau de déterminations biologiques préétablies, mais de l'autre, elle le soustrait au monde artificiel de la civilisation, rendu possible par le travail qui transforme tout. Le travail impose à l'homme des contraintes aliénantes mais l'aide aussi à assumer ses potentialités, donc à se libérer. Quand le travail représente un véritable plaisir et une réalisation de soi-même, il se rapproche alors de l'art, qui, lui, échappe aux règles sociales coercitives, au nom de la toute-puissance du désir de s'exprimer soi-même. Face à l'ordre du monde, l'homme peut contribuer à faire évoluer la société ou même à transformer sa propre planète, mais il n'a pas la liberté de modifier les données premières que constituent la réalité même de ce monde et la matière. En revanche, il peut les considérer comme les supports indispensables à partir desquels sa propre existence prend sens pour s'accomplir : la liberté est ainsi elle-même conditionnée, sans pour autant être détruite. egel: L'universalité du besoin d'art ne tient pas à autre chose qu'au fait que l'homme est un être pensant et doué de conscience. En tant que doué de conscience, l'homme doit se placer en face de ce qu'il est, de ce qu'il est d'une façon générale, et en faire un objet pour soi. Les choses de la nature se contentent d'être, elles sont simples, ne sont qu'une fois, mais l'homme en tant que conscience, se dédouble : il est une fois, mais il est pour lui-même. Il chasse devant lui ce qu'il est ; il se contemple, il se représente luimême. Il faut donc chercher le besoin général qui provoque une oeuvre d'art dans la pensée de l'homme, puisque l'oeuvre d'art est un moyen à l'aide duquel l'homme extériorise ce qu'il est. Cette conscience de lui-même, l'homme l'acquiert de deux manières : théoriquement, en prenant conscience de ce qu'il est intérieurement, de tous les mouvements de son âme, de toutes les nuances de ses sentiments, en cherchant à se représenter lui-même, tel qu'il se découvre par la pensée, et à se reconnaître dans cette représentation qu'il offre à ses propres yeux. Mais l'homme est également engagé dans des rapports pratiques avec le monde extérieur, et de ces rapports naît également le besoin de transformer ce monde, comme lui-même, dans la mesure où il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait, pour encore se reconnaître luimême dans la forme des choses, pour jouir de lui-même comme d'une réalité extérieure. On saisit déjà cette tendance dans les premières impulsions de l'enfant : il veut voir des choses dont il soit lui-même l'auteur, et s'il lance des pierres dans l'eau, c'est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son oeuvre dans laquelle il retrouve comme un reflet de lui-même. Ceci s'observe dans de multiples occasions et sous les formes les plus diverses, jusqu'à cette sorte de reproduction de soi-même qu'est une oeuvre d'art. A travers les objets extérieurs, il cherche à se retrouver lui-même. Avez-vous compris l'essentiel ? 1 Expliquez la différence entre « conscience théorique » et « conscience pratique » pour Hegel. 2 La conscience de soi est-elle innée ou acquise pour Hegel ? 3 Pourquoi l'homme éprouve-t-il le besoin de modifier ainsi les choses extérieures ? Réponses: 1 - La « conscience théorique » représente le redoublement, le retour de la pensée sur elle-même, alors que la « conscience pratique » représente l'activité de transformation du monde extérieur. 2 - Elle est acquise grâce à ce double mouvement qui consiste, d'une part, à se pencher sur soi-même et, d'autre part, à changer les choses extérieures pour parvenir à se reconnaître soi-même. 3 - Pour jouir des choses en tant qu'oeuvres témoignant de sa propre activité, expression de sa liberté propre de sujet. éléments d'explication • L'art est un phénomène universel : on le rencontre dans toutes les cultures, sans exception, passées ou pré¬sentes ; aussi haut que l'on remonte dans l'histoire, on en trouve des témoignages (cf. par exemple les grottes de Lascaux). • Selon Hegel, si l'art est universel, s'il est caractéristique de l'homme, c'est parce que ce dernier est un être « doué »

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