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Fiche de cours en philo : NATURE ET CULTURE .

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• La nature, au sens où nous la prendrons ici, désigne essentiellement tout ce qui est inné, par opposition à ce qui est acquis.  • Le terme de culture possède, dans l'acception que nous retiendrons, un sens très vaste : tout ce qui est produit par l'homme dans le cadre social.  • Avec les analyses de C. Lévi-Strauss (§ 3, 4, 5, 6), nous tenterons de comprendre le passage de la nature à la culture.  • Néanmoins, certaines recherches récentes vont jusqu'à remettre en question l'opposition des deux termes (§ 7).  • Enfin, réfléchissez bien sur culture et personnalité : c'est la culture, au sens large du terme, qui modèle la personnalité de l'homme (§ 9).  • Lisez, en même temps que cette fiche, celle consacrée à «la société :» les deux fiches sont complémentaires.

« • La nature, au sens où nous la prendrons ici, désigne essentiellement tout ce qui est inné, par opposition à ce qui est acquis. • Le terme de culture possède, dans l'acception que nous retiendrons, un sens très vaste : tout ce qui est produit par l'homme dans le cadre social. • Avec les analyses de C.

Lévi-Strauss (§ 3, 4, 5, 6), nous tenterons de comprendre le passage de la nature à la culture. • Néanmoins, certaines recherches récentes vont jusqu'à remettre en question l'opposition des deux termes (§ 7). • Enfin, réfléchissez bien sur culture et personnalité : c'est la culture, au sens large du terme, qui modèle la personnalité de l'homme (§ 9). • Lisez, en même temps que cette fiche, celle consacrée à «la société :» les deux fiches sont complémentaires. I — Nature et culture Le concept de nature est loin d'être simple et univoque.

La nature, c'est en effet le cadre physique, minéral et végétal de notre existence.

Nous ne retiendrons pas ici cette signification.

Le mot de nature désignera pour nous tout ce qui est inné, spontané et biologique, par opposition à ce qui est acquis.

La nature est, en effet, au sens étymologique du terme (natus : né, du verbe nascor), l'état dans lequel naissent les hommes. Mais le terme de culture n'est pas moins équivoque.

Un homme cultivé est celui qui sait situer ses connaissances et réfléchir sur elles.

Nous ne traiterons pas ici de la culture en ce sens, et pas davantage de la culture au sens restreint du terme, comme ensemble des productions intellectuelles d'une civilisation.

Nous nous attacherons ici à la culture prise dans sa signification moderne la plus générale — celle des philosophes et des anthropologues ; elle désigne un ensemble très vaste comprenant tous les éléments de la vie humaine transmis par la société : la technique, l'art, les coutumes.

la religion, la science, etc.

Ajoutons que l'on parle de la culture en général et des cultures particulières (la culture esquimau, etc.). « Une culture est la configuration des comportements appris et de leurs résultats, dont les éléments composants sont partagés et transmis par les membres d'une société donnée.» (R.

Linton, Le fondement culturel de la personnalité, Dunod, 1959) II — L'état de nature chez Jean-Jacques Rousseau Déjà, le xviie siècle avait proposé l'hypothèse d'un état naturel de l'homme pour désigner les conditions premières de formation de la société.

Mais c'est le xviiie siècle, essentiellement avec Rousseau, qui a élaboré de façon remarquable une distinction entre état de nature et état de société.

Rousseau ne se réfère nullement à quelque historique état de nature, mais il met en oeuvre un concept opératoire et un instrument d'analyse.

Si l'état de nature (définissons-le comme l'état de l'homme, quand on en retranche — de manière purement hypothétique — ce que la société lui a fourni et apporté) n'a jamais existé, il nous permet cependant de bien juger de notre état présent.

Sa fonction est donc méthodologique : il s'agit de retrouver ce qui est commun à tous les hommes. III — Lévi-Strauss : nature et culture Cette distinction rousseauiste a été reprise de nos jours par les anthropologues et, en particulier, par Lévi-Strauss, qui en a fait une analyse célèbre dans Les structures élémentaires de la parenté.

La nature désigne, chez LéviStrauss, le domaine du biologique, du spontané et de l'universel chez l'homme.

Ce concept ne saurait avoir la moindre signification historique, mais s'avère être un bon instrument de méthode.

Utiliser cette notion de nature, c'est simplement reconnaître que l'homme est à la fois un être biologique et social.

Certaines de ses réponses et de ses réactions relèvent de sa nature biologique, d'autres de sa culture, mais la distinction n'est pas toujours facile, et il y a interpénétration des deux domaines. « On commence à comprendre que la distinction entre état de nature et état de société, à défaut d'une signification historique acceptable, présente une valeur logique qui justifie pleinement son utilisation par la sociologie moderne, comme un instrument de méthode.

» (Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté, PUF, 1949) IV — La règle distingue nature et culture Reste le problème des critères.

Quels seront les critères de la nature et de la culture? La nature désigne, nous le savons, ce qui est inné et biologique.

Elle est, par conséquent, universelle, et nous pourrons dire que tout ce qui est universel chez l'homme relève de l'ordre de la nature.

A l'opposé, les processus culturels se distinguent par des normes, par l'action de règles imprimant une structure précise aux relations sociales.

Tournons-nous, en effet, vers les singes anthropoïdes.

Leur comportement collectif ne semble dégager aucune régularité réelle.

Ainsi, les relations sexuelles entre les membres d'un groupe simien sont-elles abandonnées au hasard. «Partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'étage de la culture.

Symétriquement, il est aisé de reconnaître dans l'universel le critérium de la nature...

A défaut d'analyse réelle, le double critérium de la norme et de l'universalité apporte le principe d'une analyse idéale qui peut permettre...

d'isoler les éléments naturels des éléments culturels.

Posons donc que tout ce qui est universel chez l'homme relève de l'ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture et présente les. »

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