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Fiche de cours en philo : L'IRRATIONNEL .

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SUJETS DE BACCALAURÉAT    L'irrationnel est-il nécessairement absurde? (Clermont-Ferrand, A, 77) La raison peut-elle reconnaître sens et valeur à la folie? (Rouen, A, 77) Faut-il se désintéresser de l'irrationnel? (Amérique du Sud, A, septembre 1985). -  Faut-il laisser une place à l'irrationnel dans la conduite de la vie? (Sujet national, A, septembre 1987).

• Le problème essentiel qui se pose ici est d'arriver à dégager l'irrationnel dans sa réalité et sa pleine positivité, alors que les philosophies rationalistes (celle de Hegel, par exemple) avaient tenté de voir en lui un aspect très superficiel des choses (Hegel, § 3, 4, 5). L'irrationnel est un irréductible (§ 6), une limite permanente à l'intelligibilité (§ 7), ou bien ce qui n'est pas guidé par la raison (§ 8). En tant que tel, il est la trame même du réel.  • La raison désigne la faculté de bien juger, et l'irrationnel, ce qui est contraire à la raison et à ses normes (§ 1).  • C'est essentiellement à Descartes (§ 2) que nous devons la première grande réflexion sur la pensée rationnelle (Cf. le «bon sens» du Discours de la Méthode).  • Hegel, bien plus encore que Descartes, a développé un rationalisme intégral (§ 3). Dans sa philosophie, l'irrationnel disparaît en tant que réalité positive, car la raison absorbe tout (§ 4). Cette réflexion rationaliste ne manque pas de grandeur (§ 5).  • Malgré la négation rationaliste, l'irrationnel existe bel et bien (§ 6). Il représente une limite permanente à l'intelligibilité que nous trouvons dans le réel. L'irrationnel, c'est alors l'absurde (§ 7). L'irrationnel désigne aussi ce qui, en nous, ne relève pas d'une activité consciente (§ 8).  • Il faut donc relativiser la raison (§ 9) et rétablir la valeur et le sens de la folie (§ 10).  • Le vrai rationalisme est prudent et modeste (Conclusion).

« • Le problème essentiel qui se pose ici est d'arriver à dégager l'irrationnel dans sa réalité et sa pleine positivité, alors que les philosophies rationalistes (celle de Hegel, par exemple) avaient tenté de voir en lui un aspect très superficiel des choses (Hegel, § 3, 4, 5).

L'irrationnel est un irréductible (§ 6), une limite permanente à l'intelligibilité (§ 7), ou bien ce qui n'est pas guidé par la raison (§ 8).

En tant que tel, il est la trame même du réel. • La raison désigne la faculté de bien juger, et l'irrationnel, ce qui est contraire à la raison et à ses normes (§ 1). • C'est essentiellement à Descartes (§ 2) que nous devons la première grande réflexion sur la pensée rationnelle (Cf. le «bon sens» du Discours de la Méthode). • Hegel, bien plus encore que Descartes, a développé un rationalisme intégral (§ 3).

Dans sa philosophie, l'irrationnel disparaît en tant que réalité positive, car la raison absorbe tout (§ 4).

Cette réflexion rationaliste ne manque pas de grandeur (§ 5). • Malgré la négation rationaliste, l'irrationnel existe bel et bien (§ 6).

Il représente une limite permanente à l'intelligibilité que nous trouvons dans le réel.

L'irrationnel, c'est alors l'absurde (§ 7).

L'irrationnel désigne aussi ce qui, en nous, ne relève pas d'une activité consciente (§ 8). • Il faut donc relativiser la raison (§ 9) et rétablir la valeur et le sens de la folie (§ 10). • Le vrai rationalisme est prudent et modeste (Conclusion). I — La raison et l'irrationnel Si la raison désigne une fonction de pensée juste et synthétique, la faculté de bien enchaîner ses jugements, l'irrationnel peut être défini de prime abord comme ce qui est contraire à la raison et à ses normes, ce qui est étranger à la raison et ne peut être appréhendé par elle. Aussi, pour comprendre le sens et la réalité de l'irrationnel, allons-nous faire un détour par la notion de raison, cette faculté de bien juger que la philosophie occidentale a, depuis les Grecs, mise au centre de sa réflexion.

La raison est, en effet, le pilier de notre système de pensée. II — Le «bon sens» ou raison Dans la philosophie moderne, c'est essentiellement à Descartes que nous devons la première grande réflexion sur la pensée rationnelle.

On a coutume de faire remonter au Discours de la Méthode le commencement d'une ère de la raison.

Que signifie, chez Descartes, ce mot de raison? Il désigne la faculté de bien juger et de discerner le vrai du faux.

Au début du Discours de la Méthode, Descartes affirme, en effet, que nous possédons tous la raison, cette faculté de bien juger.

Elle est la seule chose qui nous rend homme : tout être humain peut se définir par elle car elle est tout entière en chacun.

Ainsi, par la raison ou «bon sens», sommes-nous tous égaux.

Toute la différence entre les hommes tient à la méthode, et non point à la raison. « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en tout autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils n'en ont.

En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce que l'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes.» (Descartes, Discours de la Méthode) III — Le rationalisme intégral de Hegel Si Descartes se place dans la lignée des philosophes rationalistes (être rationaliste, c'est affirmer que les seules connaissances valables proviennent de la raison), c'est certainement avec Hegel, au xixe siècle, que le rationalisme devient intégral : la raison trouve dans cette philosophie son point d'aboutissement exemplaire.

Dans la réflexion de Hegel, tout est intégralement rationnel et explicable : la raison gouverne en effet le monde.

Hegel entend par raison, non point une faculté individuelle et subjective, mais la forme de l'Esprit absolu auquel nous participons.

Cette unité spirituelle qu'est la raison' apporte aux choses une intelligibilité absolue.

Elle donne sens au réel et à l'histoire.

Le domaine de la raison divine et absolue, de l'Esprit modelant les choses, s'étend, en effet, partout.

La raison est présente dans l'histoire universelle et dans la formation progressive de l'Esprit.

Elle représente l'ordre même des choses, et tout ce qui existe est une révélation de la raison. «La seule idée qu'apporte la philosophie est la simple idée de la Raison, l'idée que la Raison gouverne le monde et que, par conséquent, l'histoire universelle s'est, elle aussi, déroulée rationnellement.

Cette conviction, cette idée est une présomption par rapport à l'histoire en tant que telle.

Ce n'en est pas une pour la philosophie.

Il y est démontré par la connaissance spéculative que la Raison...

est sa substance, la puissance infinie, la matière infinie de toute vie naturelle ou spirituelle.» (Hegel, La raison dans l'histoire) IV — Quand disparaît l'irrationnel Dès lors, l'irrationnel disparaît.

Si nous convenons de définir l'irrationnel comme ce qui est contraire à la raison et à ses normes, ce qui est étranger à la raison et ne peut être appréhendé par elle, il faut bien convenir qu'il n'existe pas d'irrationnel au sens réel du terme dans la philosophie de Hegel : en effet tout peut être expliqué rationnellement.

Tout peut être compris par la Raison.

Le monde est ordonné selon la Raison divine à laquelle il nous est donné de participer (n'oublions pas que Hegel est panthéiste, qu'il identifie Dieu et la totalité des choses).

Dans la mesure où le devenir obéit à une rationalité intégrale, la philosophie n'est rien d'autre que la découverte du rationnel qui est aussi le réel. Ainsi, c'est à la superficie seulement que règne le jeu des hasards irrationnels, nous déclare Hegel.

L'irrationnel perd. »

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