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Fiche de cours en philo : L'IMAGINATION .

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SUJETS DE BACCALAURÉAT — Imaginer, est-ce seulement nier la réalité? — Comment comprenez-vous cette phrase de Sartre : « Imaginer, c'est donner à l'imaginaire un bout de réel à ronger» ? — Penser, est-ce seulement imaginer? — L'imagination n'est-elle qu'une mémoire qui ne se contrôle plus ? — L'imagination est-elle le refuge de la liberté? — Une oeuvre d'art nous invite-t-elle à nous évader du monde ou à mieux le regarder?

• Distinguez bien l'imagination reproductrice, comme faculté de former des images et de se représenter des objets en leur absence, de l'imagination créatrice, comme faculté de combiner des images ne correspondant à rien de donné (§ 1).  Cette notion d'imagination créatrice n'a rien d'évident, et le problème essentiel qui se posera dans cette fiche sera d'arriver à dégager l'imagination en tant que construction spécifique nous ouvrant au surréel, l'image cessant à ce niveau de copier ou de représenter la réalité pour inventer un monde nouveau (Bachelard, § 8).  • L'imagination est profondément dévaluée dans la théorie classique (Descartes-Pascal), qui saisit en elle une maîtresse d'erreur et de fausseté (§ 2). La théorie d'Alain, niant la réalité de l'image, est le point d'aboutissement de la conception classique (§ 3).  • Sartre a édifié une des premières théories positives de l'imagination : il a dégagé la nature de la conscience imageante (§ 4), le phénomène de quasi-observation (§ 5) et séparé sentiments imaginaires et réels (§ 5). Ce faisant, Sartre a remarquablement mis en évidence la liberté à l'oeuvre dans la conscience imageante (§ 6), mais n'a pas vraiment dépassé le stade de l'imaginaire banal (§ 7).  • C'est Bachelard (§ 8) qui a souligné ce qu'est le surréel, retrouvant ainsi l'essence de la reine des facultés dont parlait Baudelaire (§ 9).  

« • Distinguez bien l'imagination reproductrice, comme faculté de former des images et de se représenter des objets en leur absence, de l'imagination créatrice, comme faculté de combiner des images ne correspondant à rien de donné (§ 1). Cette notion d'imagination créatrice n'a rien d'évident, et le problème essentiel qui se posera dans cette fiche sera d'arriver à dégager l'imagination en tant que construction spécifique nous ouvrant au surréel, l'image cessant à ce niveau de copier ou de représenter la réalité pour inventer un monde nouveau (Bachelard, § 8). • L'imagination est profondément dévaluée dans la théorie classique (Descartes-Pascal), qui saisit en elle une maîtresse d'erreur et de fausseté (§ 2).

La théorie d'Alain, niant la réalité de l'image, est le point d'aboutissement de la conception classique (§ 3). • Sartre a édifié une des premières théories positives de l'imagination : il a dégagé la nature de la conscience imageante (§ 4), le phénomène de quasi-observation (§ 5) et séparé sentiments imaginaires et réels (§ 5).

Ce faisant, Sartre a remarquablement mis en évidence la liberté à l'oeuvre dans la conscience imageante (§ 6), mais n'a pas vraiment dépassé le stade de l'imaginaire banal (§ 7). • C'est Bachelard (§ 8) qui a souligné ce qu'est le surréel, retrouvant ainsi l'essence de la reine des facultés dont parlait Baudelaire (§ 9). I — L'imagination : définition L'imagination peut être définie soit comme la faculté de former des images et de se représenter des objets en leur absence (c'est l'imagination reproductrice), soit comme la faculté de combiner des images ne correspondant à rien de réel ni de donné (c'est l'imagination créatrice). L'image est, classiquement, distinguée du concept, qui n'est lié à aucune représentation sensible ; le concept est abstrait, à la différence de l'image, qui ne se ramène jamais à une simple connaissance abstraite : par exemple, si j'imagine le Louvre, il faut bien qu'une certaine matière physique et concrète se «présente» à mon esprit.

L'image concrète du Louvre diffère, par conséquent, du concept (abstrait). II — L'imagination, maîtresse d'illusion La théorie classique n'a guère été tendre envers l'imagination, en laquelle elle voit essentiellement la folle du logis, maîtresse d'illusion, d'erreur et de fausseté.

C'est bel et bien à une dévaluation tout à fait abusive de l'imagination que se livre généralement cette réflexion. L'imagination, montre Descartes, est un pouvoir de l'esprit bien plus pauvre que l'entendement.

Soit un polygone à mille côtés, un chiliogone : je puis le concevoir fort clairement et distinctement grâce à mon entendement, mais je ne saurais imaginer les mille côtés de ce chiliogone (Méditations métaphysiques, Sixième méditation). L'imagination est maîtresse d'erreur et de fausseté aux yeux de Pascal.

Cette puissance dont l'homme est le jouet a établi son règne dans la société.

Dans les cérémonies sociales, l'imagination trompeuse et abusive ne dispose-t-elle pas de tout, apportant avec elle mensonge, non-être et illusion ? « Cette superbe puissance, ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pour montrer combien elle peut en toutes choses, a établi dans l'homme une seconde nature.

Elle a ses heureux, ses malheureux, ses sains, ses malades, ses riches, ses pauvres.» (Pascal, Pensées) III — L'image mentale n'existe pas : Alain La réflexion classique a si fort insisté sur la négativité de l'imagination, sur son moindre être et sur ses illusions qu'on peut se demander s'il y a bien quelque chose de positif dans l'image et dans l'imagination.

A la limite, existe-t-elle véritablement? Rien n'est moins certain.

Ainsi, le philosophe Alain, dans la logique de la conception classique, a-t-il nié la réalité de l'image.

Elle se ramène toujours a une fausse perception.

Il existe, en effet, deux sortes d'imagination : l'une, tournée vers le dehors, consiste en jugements faux sur les objets extérieurs; l'autre, tournée vers le dedans de notre corps, vers notre sensibilité interne, est une perception faussée de ce que les psychologues appellent le donné coenesthésique, c'est-à-dire le vécu corporel.

Dans les deux cas, l'image, cette perception faussée, n'existe pas réellement et positivement en tant qu'image.

Elle s'appuie sur une réalité mal perçue et consiste en un jugement faux sur les données perceptives. IV — La conscience imageante : Sartre Sartre est un des premiers penseurs qui se soit efforcé de décrire l'imagination dans son originalité. Ce qui est essentiel, dans l'imagination, c'est son mouvement de transcendance.

Mais quelle est alors la différence entre la conscience percevante et la conscience imageante? Quand je perçois, je me transcende vers un objet présent alors que, dans l'imagination, je m'efforce de rendre présent un objet qui n'est pas là.

Par conséquent, dans les deux cas, la conscience se transcende vers un objet extérieur à elle.

Mais, lorsque j'imagine, mon objet se donne. »

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