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Fiche de cours en philo : LE DROIT .

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• Pensez, tout d'abord, au sens originel de l'adjectif droit : est droit ce qui ne comporte aucune déviation, ce qui n'est ni tordu, ni courbe. Au sens figuré, être droit c'est être juste et honnête. • Le substantif droit évoque, par opposition à ce qui s'impose de fait, au réel, ce qui est légitime et doit être. Le droit désigne, par conséquent, la faculté humaine d'exiger ce qui nous est dû. • Distinguez bien le droit au sens moral du terme - comme exigence légitime de la conscience morale - et le droit positif ou juridique, ensemble de règles établies dans une société, qu'il s'agisse de lois écrites ou de coutumes passées en force de lois. Ne confondez pas l'aspect moral et l'aspect juridique de la notion! • Les théoriciens ont souvent opposé au droit positif le droit naturel, ensemble de règles considérées comme justes parce que résultant de la nature des hommes. a Le problème essentiel est celui du fondement du droit. Ici s'affrontent les théories du droit du plus fort (§ 1 et 2), du droit naturel (§ 4 et 5) et du droit social (§ 6). Lisez, à la suite de cette fiche, celles consacrées à « la Justice» et au « Devoir».

 

« • Pensez, tout d'abord, au sens originel de l'adjectif droit : est droit ce qui ne comporte aucune déviation, ce qui n'est ni tordu, ni courbe.

Au sens figuré, être droit c'est être juste et honnête. • Le substantif droit évoque, par opposition à ce qui s'impose de fait, au réel, ce qui est légitime et doit être.

Le droit désigne, par conséquent, la faculté humaine d'exiger ce qui nous est dû. • Distinguez bien le droit au sens moral du terme - comme exigence légitime de la conscience morale - et le droit positif ou juridique, ensemble de règles établies dans une société, qu'il s'agisse de lois écrites ou de coutumes passées en force de lois. Ne confondez pas l'aspect moral et l'aspect juridique de la notion! • Les théoriciens ont souvent opposé au droit positif le droit naturel, ensemble de règles considérées comme justes parce que résultant de la nature des hommes. a Le problème essentiel est celui du fondement du droit.

Ici s'affrontent les théories du droit du plus fort (§ 1 et 2), du droit naturel (§ 4 et 5) et du droit social (§ 6). Lisez, à la suite de cette fiche, celles consacrées à « la Justice» et au « Devoir». I - Le droit du plus fort : Calliclès Quel est le fondement du droit positif et quelle en est la source? Les théoriciens du droit du plus fort identifient le pouvoir physique et le pouvoir moral : la violence règne à l'état de nature et c'est elle qui légitime tout droit. L'ancêtre lointain de cette théorie est un personnage imaginaire que Platon nous présente dans le Gorgias, un sophiste impétueux et violent, nommé Calliclès.

Désireux d'aller jusqu'au bout de ses désirs et de ses passions, il s'écrie, face à Socrate et contre lui (Socrate est, dans les Dialogues de Platon, celui qui incarne la vraie justice) : la force est la loi suprême ! Au plus fort d'avoir la plus forte part, car le droit est identique à la force « En bonne justice, celui qui vaut plus doit l'emporter sur celui qui vaut moins, le capable sur l'incapable...

La marque du juste, c'est la domination du puissant sur le faible et sa supériorité admise.

De quel droit, en effet, Xerxès vint-il porter la guerre dans la Grèce, ou son père chez les Scythes ? Et combien de cas semblables ne pourrait-on citer? Or tous ces gens-là agissent, à mon avis, selon la vraie nature du droit.

» (Platon, Gorgias) Ainsi Calliclès ramène-t-il le droit à la force. II - Le droit du plus fort : Hobbes Telle est aussi la conception de Hobbes, dont la vision se veut éminemment réaliste.

C'est, en effet, selon Hobbes, l'égoïsme qui représente la substance même de la nature humaine.

Aussi, dans l'état de nature, les hommes sont-ils en guerre perpétuelle les uns contre les autres, assurés qu'ils sont que tout leur est permis : c'est la guerre de tous contre tous (bellum omnium contra omnes).

Chacun, usant de son pouvoir propre, est pour tous les autres une source de danger. Dès lors, comment faire cesser cet état de conflit permanent? La seule solution consiste à s'unir autour du plus fort, à abdiquer ses libertés pour les remettre entre les mains d'un pouvoir suprême qui va garantir la paix et assurer le droit : Hobbes postule ainsi, que la force fonde toujours le droit positif.

Le souverain, qui possède la puissance absolue, fait régner l'ordre de la loi. Ainsi Hobbes confond-il le droit avec la force. III - Rousseau : la force ne peut engendrer le droit Mais toute notre conscience s'insurge contre cette identité du droit et de la force! Rousseau, critiquant le droit du plus fort, a signalé avec éclat que la force triomphante invoque toujours le droit et la valeur, qu'elle se réfère à ce qui doit être, et non point à ce qui est.

Les exemples historiques ne manquent point, qui nous montrent la puissance brutale se justifiant et se légitimant, tentant de dissimuler sa violence pure et nue sous le manteau de la morale, invoquant les droits fondamentaux de l'homme là où nous ne distinguons que lutte, violence et contrainte. Ainsi, le plus fort parle-t-il toujours de son droit! « Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir.

De là le droit du plus fort; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe.

Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot? La force est une puissance physique, je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets.

Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté; c'est tout au plus un acte de prudence.

En quel sens pourra-ce être un devoir?» (J.-J.

Rousseau, Du contrat social) IV - Le droit naturel Si force ne fonde point droit, n'existerait-il pas un droit naturel, inhérent à la nature de l'homme, et qui serait le vrai. »

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