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F. de Saussure, Cours de linguistique générale

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Dans la langue, il n'y a que des différences. Bien plus, une différence suppose en général des termes positifs entre lesquels elle s'établit, mais dans la langue il n'y a que des différences sans termes positifs. Qu'on prenne le signifié en le signifiant, la langue ne comporte ni des idées ni des sons qui préexisteraient au système linguistique, mais seulement des différences conceptuelles et des différences phoniques issues de ce système. Ce qu'il y a d'idées ou de matière phonique dans un signe importe moins que ce qu'il y a autour de lui dans les autres signes. La preuve en est que la valeur d'un terme peut être modifiée sans qu'on touche ni à son sens ni à ses sons, mais seulement par le fait que tel autre terme voisin aura subi une modification. (F. de Saussure, Cours de linguistique générale, réédition de 1967, Payot, p. 166.)

Dans la langue, il n'y a que des différences. Bien plus, une différence suppose en général des termes positifs entre lesquels elle s'établit, mais dans la langue il n'y a que des différences sans termes positifs. Qu'on prenne le signifié en le signifiant, la langue ne comporte ni des idées ni des sons qui préexisteraient au système linguistique, mais seulement des différences conceptuelles et des différences phoniques issues de ce système. Ce qu'il y a d'idées ou de matière phonique dans un signe importe moins que ce qu'il y a autour de lui dans les autres signes.  La preuve en est que la valeur d'un terme peut être modifiée sans qu'on touche ni à son sens ni à ses sons, mais seulement par le fait que tel autre terme voisin aura subi une modification.  (F. de Saussure, Cours de linguistique générale, réédition de 1967, Payot, p. 166.)

« Dans la langue, il n'y a que des différences.

Bien plus, une différence suppose en général des termes positifs entre lesquels elle s'établit, mais dans la langue il n'y a que des différences sans termes positifs.

Qu'on prenne le signifié en le signifiant, la langue ne comporte ni des idées ni des sons qui préexisteraient au système linguistique, mais seulement des différences conceptuelles et des différences phoniques issues de ce système.

Ce qu'il y a d'idées ou de matière phonique dans un signe importe moins que ce qu'il y a autour de lui dans les autres signes. La preuve en est que la valeur d'un terme peut être modifiée sans qu'on touche ni à son sens ni à ses sons, mais seulement par le fait que tel autre terme voisin aura subi une modification. (F.

de Saussure, Cours de linguistique générale, réédition de 1967, Payot, p.

166.) Signifiant et signifié chez SAUSSURE Dire que la signification ne se joue nulle part ailleurs que dans le langage, qu'elle est inhérente au jeu d'opposition des termes entre eux, c'est renoncer à expliquer le langage comme s'il était une nomenclature, c'est-à-dire une simple correspondance entre un mot et une chose.

Le tort d'une telle conception tient précisément au fait qu'elle ne nous dit rien sur la nature d'une telle correspondance ; en outre, elle présuppose que l'idée puisse être donnée sans le mot, puisque le rapport du mot à la chose est préalable au mot lui-même. C'est pour sortir de ces difficultés que Saussure propose de substituer aux termes de nom et de chose ceux d'image acoustique et de concept, ou bien encore de signifiant et de signifié.

La relation qu'il s'agit de penser de l'un à l'autre bien qu'arbitraire, c'est-à-dire immotivée (il n'y a aucun rapport entre le son [soer] et le concept de « soeur ») n'est pas pour autant extérieure, comme s'il s'agissait d'une simple correspondance entre le mot et son sens ; elle est, précise Saussure, de même nature que celle qui existe entre les deux côtés d'une pièce : bien qu'opposés, ces deux termes sont inséparables.

Les conséquences philosophiques de la linguistique sont considérables : d'une part, c'est la question des rapports de la pensée au langage qui est à nouveau posée (nos pensées ne constituent pas un réservoir de significations muettes que nous traduirions, en un deuxième temps seulement, dans le langage : la pensée et le son s'épousent comme l'eau et l'air à la surface des vagues) ; d'autre part, c'est la fécondité des méthodes de la linguistique structurale qui influence toute une partie de la philosophie du XXe siècle, et en particulier les travaux de LéviStrauss ou de Lacan. a) Présentation du texte Ce texte est emprunté à la deuxième partie du Cours de linguistique générale (dont la première édition, posthume, remonte à 1916) intitulé Linguistique synchronique.

Il nous permettra de préciser quelques-unes des idées fondamentales de la linguistique saussurienne. b) Explication détaillée du texte ...

Dans la langue...

Nous trouvons ici un des concepts saussuriens fondamentaux, le concept de langue.

Saussure distingue soigneusement la langue (l'élément structural et social du langage) de la parole (individuelle et variable). Mes paroles sont par exemple une actualisation personnelle de la langue française.

La langue est « la partie sociale du langage extérieure à l'individu, qui à lui seul ne peut ni la créer, ni la modifier...

L'individu a besoin d'un apprentissage pour en connaître le jeu...

Elle est si bien une chose distincte qu'un homme privé de l'usage de la parole conserve la langue pourvu qu'il comprenne les signes vocaux qu'il entend.

» La langue se prête à une étude scientifique, objective.

Elle est une « chose » pour parler comme Durkheim (1858-1917), ce contemporain de Ferdinand de Saussure (1857-1913).

Elle porte les deux marques de tout fait social objectif, elle est collective (puisque indépendante de chacun des locuteurs particuliers), elle est coercitive (puisqu'elle s'impose à chacun de nous). Qu'on prenne le signifié ou le signifiant... Avant toute autre explication il faut éclairer les concepts fondamentaux de signifié et de signifiant.

Le signe linguistique, dit Saussure, « unit un concept et une image acoustique...

Nous proposons de conserver le mot signe pour désigner le total et de remplacer concept et image acoustique respectivement par signifié et signifiant ».

Par exemple l'idée de « soeur » sera le signifié, la suite de sons s - ô - r qui désigne cette idée en français sera le signifiant.

Indiquons à ce propos que pour Saussure il n'y a aucun rapport intrinsèque entre le signifié et le signifiant, entre l'idée et la suite de sons qui exprime cette idée.

Aucune ressemblance, aucun rapport intérieur entre cette idée de soeur et les sons qui la désignent.

La même idée pourrait être représentée par n'importe quel autre son; l'existence de langues différentes le montre clairement.

« Le lien unissant le signifiant au signifié est arbitraire, ou encore puisque nous entendons par signe le total résultant de l'association d'un signifiant à un signifié, nous pouvons dire plus simplement : le signe linguistique est arbitraire.

». »

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