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Etre maître de soi, est-ce une visée illusoire ?

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Etre maître de soi, est-ce une visée illusoire ?

 Etre maître de soi c’est faire référence à une liberté, une autonomie de l’individu considéré alors comme modéré, tempérant et non soumis à la puissance du désir. La maîtrise de soi est alors une vertu qui fait de l’homme un être pleinement responsable et utile pour la communauté. Il s’agit pour lui de tendre vers cet idéal que représente le sage, c’est-à-dire celui dont l’âme et le corps vivent en harmonie et lui permet alors de se vouer à la sagesse, c’est-à-dire la partie la plus haute de son âme. Cette vertu est la sophrosunè. Cependant, comme on le remarque, il s’agit bel et bien d’un idéal, c’est-à-dire d’un désir d’atteindre une condition humaine parfaite. Mais est-ce simplement possible ? N’est-ce pas viser une condition extra-humaine ? L’homme est en effet cet être de passion et de désir comme le raisonner pleinement ? La référence au sage semble nous confirmer cet usage de l’idéal. Ce désir  serait alors une illusion, c’est-à-dire une représentation n’ayant pas de valeur cognitive. Mais justement, est-ce bien cela ? Cet idéal n’est-il pas aussi une exigence de la raison : un devoir moral ?

            Si être maître de soi est un désir du bien, de la sagesse et de la tempérance (1ère partie), on peut s’interroger effectivement sur la possibilité de son effectivité (2nd partie), mais quand bien même il s’agirait d’un idéal, cet idéal n’en serait peut-être pas moins régulateur, c’est-à-dire positif, relevant de la morale (3ème partie).

  • I – Etre maître de soi : l’accession à la sagesse
  • II – Illusion et idéal
  • III – Idéal régulateur et valeur morale

« Introduction : Etre maître de soi c'est faire référence à une liberté, une autonomie de l'individu considéré alors comme modéré, tempérant et non soumis à la puissance du désir.

La maîtrise de soi est alors une vertu qui fait de l'homme un être pleinement responsable et utile pour la communauté.

Il s'agit pour lui de tendre vers cet idéal que représente le sage, c'est-à-dire celui dont l'âme et le corps vivent en harmonie et lui permet alors de se vouer à la sagesse, c'est-à-dire la partie la plus haute de son âme.

Cette vertu est la sophrosunè.

Cependant, comme on le remarque, il s'agit bel et bien d'un idéal, c'est-à-dire d'un désir d'atteindre une condition humaine parfaite.

Mais estce simplement possible ? N'est-ce pas viser une condition extra-humaine ? L'homme est en effet cet être de passion et de désir comme le raisonner pleinement ? La référence au sage semble nous confirmer cet usage de l'idéal.

Ce désir serait alors une illusion, c'est-à-dire une représentation n'ayant pas de valeur cognitive.

Mais justement, estce bien cela ? Cet idéal n'est-il pas aussi une exigence de la raison : un devoir moral ? Si être maître de soi est un désir du bien, de la sagesse et de la tempérance (1ère partie), on peut s'interroger effectivement sur la possibilité de son effectivité (2nd partie), mais quand bien même il s'agirait d'un idéal, cet idéal n'en serait peut-être pas moins régulateur, c'est-à-dire positif, relevant de la morale (3ème partie). I – Etre maître de soi : l'accession à la sagesse a) Etre maître de soi est une exigence première de sagesse.

Celui qui est maître de soi de soi est le sage.

Il en est la figure paradigmatique.

Il détient la vérité et s'il ne fait qu'un avec lui-même c'est que la vérité qu'il possède le libère de la puissance des désirs bas, le la croyance, de l'illusion et des effet de l'imagination.

L'homme maître de luimême est donc savant, libre et autonome.

Au demeurant c'est ce que l'on peut observer dans l'ascension de la caverne de Platon.

Plus exactement, au travers de cette allégorie, cet dialectique ascendante nous montre le chemin que nous parcourons lors de la recherche de la vérité.

Il s'agit de se déprendre de l'illusion des phénomènes pour regarder la vérité, le bien en soi qui sera symboliser par le soleil.

L'ignorance est obscurité, c'est pourquoi la recherche de la vérité est périlleuse, difficile mais libératrice.

La vérité trouvée est libératrice en tant qu'elle est œuvre de nous-même c'est-à-dire un acte de création de soi-même à travers cette conversion du regard : l'épochè.

Pour comprendre cette conversion il faut examiner « la situation qui résulterait de la libérations de leurs liens et de la guérison de leur égarement, dans l'éventualité où, dans le cours des choses, il leur arriverait ce qui suit.

Chaque fois que l'un d'entre eux serait détaché et contraint de se lever subitement, de retourner la tête, de marcher et de regarder vers la lumière, à chacun de ces mouvements il souffrirait, et l'éblouissement le rendrait incapable de distinguer les choses dot il voyait auparavant les ombres.

» En effet, l'allégorie de la caverne au livre VII de la République précise : « Représente-toi des hommes dans une sorte de caverne.

Cette habitation possède une entrée disposée en longueur, remontant de bas en haut tout le long de la caverne vers la lumière.

Les hommes sont dans cette grotte depuis l'enfance, les jambes et le cou ligotés de telle sorte qu'ils restent sur place et ne peuvent regarder que ce qui se trouve devant eux, incapables de tourner la tête à cause de leurs liens.

Représentetoi la lumière d'un feu qui brûle sur une hauteur loin derrière eux et, entre le feu et les hommes enchaînés, un chemin sur la hauteur, le long duquel tu peux voir l'élévation d'un petit mur, du genre de ces cloisons qu'on trouve chez les montreurs de marionnettes et qu'ils érigent pour les séparer des gens.

Par-dessus ces cloisons, ils montrent leurs merveilles.

» b) Etre de soi-même est alors une vertu que l'on nomme la sagesse ou plus exactement la tempérance ou modération, c'est-à-dire la sophrosunè.

Il s'agit pour Platon comme il le note dans le Charmide et en République IV, d'une des quatre vertus cardinales avec le courage, la justice et la sagesse.

Etre maître de soi c'est tout d'abord limiter ou plutôt contrôler ses désirs comme le montre le début du livre I de la République.

La modération des désirs est gage de santé pour le corps comme pour l'âme, au risque sinon de reproduire le tonneau percé tel qu'il apparaît dans le Gorgias.

Dès lors c'est le calme du corps et de l'âme qui peuvent alors s'entendre en harmonie ce qui permet alors pleinement l'activité philosophique c'est-à-dire la recherche du vrai et de l'être.

Elle est liée à a justice en tant que celle-ci se définit comme faire ce qui nous revient.

En ce sens elle est l'opposition de la démesure et de l'hubris. La tempérance est alors connaissance de soi, de ses besoins et de ses limites.

Elle est une règle, l'expression d'un rapport géométrique harmonique.

C'est en ce sens que cette vertu est pour Platon architectonique. c) Dès lors, la maîtrise de soi va de pair avec la recherche du bonheur et plus exactement du souverain bien comme le met en exergue le Philèbe de Platon.

La maîtrise de soi s'accompagne de plaisir dans la saisie de la science donc de la sagesse.

Elle doit être parfaite car le bien lui-même est parfait, se suffisant à lui-même et il est désirable.

En ce sens, être maître de soi est l'objet d'un but, d'une visée qui est un mouvement érotique, c'est-à-dire du désir. Cependant, il faut bien voir alors que ce but n'est pas pensé du tout comme illusoire.

Bien au contraire, il renferme en lui une quête que tout être désire de manière axiomatique : le bonheur.

Etre maître de soi est gage de bonheur contrairement à l'exemple que fournit Polos du tyran Archélaos dans le Gorgias.

La vie philosophique en tant qu'elle permet cette maîtrise de soi est celle qui doit être suivie.

Et c'est bien ce que montre le mythe du Phèdre avec la révolution tout les trois mille ans des âmes.

Une âme qui sera restée philosophe pendant cet intervalle pourra rejoindre le cortège divin.

Dès lors, on le remarque, la maîtrise de soi est fondée sur une amitié et une piété relativement aux Dieux.

Il s'agit de retrouver l'intelligible que nous avons perdu.

L'amitié platonicienne est donc un désir vertueux en vue de l'amélioration de l'âme ; c'est-à-dire d'une âme parfaite. Transition : Ainsi être maître de soi, en tant que gage de bonheur, est un désir qui n'a pour vocation à être illusoire, c'est-à-dire vain, bien au contraire.

Mais faisant référence à cette perfection divine ne peut-on pas dire justement que ce désir est vain et illusoire ?. »

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