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Etre juste, est-ce traiter tout le monde de la même manière ?

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La justice affirme une égalité de droits entre les individus: chaque individu est également soumis à la loi, il a les mêmes devoirs; mais la loi lui garantit également les mêmes droits que les autres. On considère généralement que cette exigence se fonde sur une égalité naturelle entre les êtres humains, c'est-à-dire sur leur égale dignité. Cette thèse est notamment celle de Kant : l'être humain a une valeur absolue parce qu'il est une personne douée de raison, et non une chose, une fin en soi, et non un moyen. Par conséquent la morale demande de respecter l'humanité en soi-même comme en toute autre personne. Ainsi les êtres humains sont-ils naturellement égaux, parce qu'ils appartiennent tous à l'espèce humaine, qui leur confère une égale dignité. C'est à cette égalité que fait référence la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" en affirmant que " les hommes naissent libres et égaux en droits". La justice, tant morale qu'institutionnelle, se doit donc de respecter cette égalité fondamentale en refusant de traiter différemment des personnes qui toutes appartiennent au genre humain.

« Ce sujet porte sur la définition de la justice; on demande si une attitude juste consiste à se comporter de manière identique envers tous les êtres humains, donc si la justice repose sur le principe d'égalité entre tous.

Le sujet suggère que la justice concerne les relations entre les hommes, qu'elle soit considérée sous l'angle moral ou sous l'angle politique.

En effet, la justice est une vertue morale qui gouverne les relations à autrui; elle désigne aussi communément l'ensemble des institutions judiciaires, ce qui lui donne un sens politique: elle est alors conçue comme une organisation harmonieuse de la vie sociale, en fonction de règles.

Attention: le terme "juste" s'emploie aussi dans le sens de l'exactitude (ex: "cet exercice est juste"), c'est-à-dire de la conformité à la vérité; ce sens n'est pas en question ici. I) LA JUSTICE SE FONDE SUR L'ÉGALITÉ DES TRAITEMENTS. A) LA JUSTICE ÉVOQUE PAR SON SYMBOLE MÊME LA NOTION D'ÉGALITÉ. Le symbole de la justice est la balance, ce qui, comme le fait remarquer Bergson, la relie à la notion mathématique d'égalité.

La justice se fait lorsque les deux plateaux de la balance sont au même niveau, c'est-à-dire lorsqu'il y a égalité de poids.

Inversement, il y a injustice lorsque l'un des deux plateaux l'emporte, déséquilibrant la relation; le juge est alors chargé de rétablir l'équilibre, de corriger le rapport entre les deux individus.

La justice vise donc à établir ou à rétablir l'égalité entre tous.

Par conséquent la loi s'applique à tous, sans distinctions, sans privilèges; le juge, garant de cette impartialité de la loi, veillera à garder un regard objectif sur le cas jugé et à ne pas déséquilibrer le jugement en favorisant l'un ou l'autre des individus jugés.

Ainsi être juste, dans le cadre judiciaire comme dans le cadre moral, signifie traiter tout le monde de la même façon.

Mais pourquoi considérer la relation d'égalité comme une relation juste entre les individus? B) LA JUSTICE RESPECTERAIT AINSI UNE ÉGALITÉ NATURELLE ENTRE LES HOMMES. La justice affirme une égalité de droits entre les individus: chaque individu est également soumis à la loi, il a les mêmes devoirs; mais la loi lui garantit également les mêmes droits que les autres.

On considère généralement que cette exigence se fonde sur une égalité naturelle entre les êtres humains, c'est-à-dire sur leur égale dignité. Cette thèse est notamment celle de Kant : l'être humain a une valeur absolue parce qu'il est une personne douée de raison, et non une chose, une fin en soi, et non un moyen.

Par conséquent la morale demande de respecter l'humanité en soi-même comme en toute autre personne.

Ainsi les êtres humains sont-ils naturellement égaux, parce qu'ils appartiennent tous à l'espèce humaine, qui leur confère une égale dignité.

C'est à cette égalité que fait référence la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" en affirmant que " les hommes naissent libres et égaux en droits".

La justice, tant morale qu'institutionnelle, se doit donc de respecter cette égalité fondamentale en refusant de traiter différemment des personnes qui toutes appartiennent au genre humain. Marx reprochera à cette égalité civique un caractère purement formel et illusoire, car elle n'entraîne pas nécessairement une égalité des conditions économiques et sociales; une société juste serait donc une société où l'égalité entre tous est stricte, et où chacun dispose des mêmes moyens de subsister, en plus des mêmes droits. Cette égalité de nature apparaît cependant sous certains points contestable : est-il possible de considérer les êtres humains comme strictement égaux, et de fonder les relations entre individus et les relations sociales sur cette considération? II) CERTAINES INÉGALITÉS PEUVENT APPARAÎTRE COMME JUSTES. A) CERTAINES DIFFÉRENCES DE TRAITEMENT SONT JUSTIFIÉES AU REGARD DU DROIT. Il est impossible d'affirmer que les hommes sont égaux, en comprenant par là qu'ils sont identiques : il y a des différences entre les individus, qui deviennent des inégalités lorsqu'ils sont placés dans un système de comparaison. Ainsi une aptitude physique, mentale, un talent peuvent favoriser un individu par rapport à un autre.

L'âge, les conditions économiques et sociales peuvent faire varier le comportement d'un individu.

Aussi ne juge-t-on pas les individus de la même façon lorsque l'on tient compte des circonstances du crime ou du délit commis.

II ne s'agit plus d'appliquer la même peine pour le même délit, si l'individu n'est pas le même, si les circonstances et les intentions sont variables.

C'est pour cette raison que l'application de la loi n'est pas mécanique et nécessite la compétence, niais aussi l'humanité du juge.

Car il n 'est pas juste d'appliquer la même peine au mineur et au majeur pour le même comportement, par exemple.

Le fait de prendre en compte les différences entre chaque cas relève non plus du. »

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