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Est-on d'autant plus libre que l'on est cultivé ?

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Le sens commun n'hésite pas sur ce point : l'homme devient libre en se cultivant. Par un savoir intellectuel acquis par l'éducation et les goûts, l'homme est capable d'élargir ses connaissances et de travailler son entendement, ainsi il devient libre par la pensée qui fait de lui un être unique dans son jugement et porteur de valeurs qui lui deviennent propres. D'un certain point, on peut donc dire que le fait d'être cultivé permet à l'individu de devenir libre. En d'autres termes, l'acquisition de connaissances donne proportionnellement accès à l'indépendance et à l'autonomie. Mais que dire alors de la culture que l'être humain doit acquérir pour s'accomplir « homme » (puisqu'en étant cultivé, il nie se résumer à un être biologique, donc à sa simple dimension naturelle qui ne suffit pas à le réaliser « homme ») et qui détermine des comportements humains intellectuels et sociaux ? Les sciences humaines ont sur ce point dégagé un déterminisme culturel en indiquant que les comportements humains étaient largement dictés par des processus socio-économiques. En effet, l'homme est conditionné par sa classe, son salaire, la nature de son travail… Ainsi, l'homme est-il réellement libre au sein de sa culture ? Et cette culture, qui est de l'ordre de l'acquis et qui s'oppose à la nature, à ce qui est inné, ne s'oppose-t-elle pas aussi à la liberté que l'homme détient pour et depuis toujours car il est « fondamentalement libre » ? L'inculture empêche-t-elle la liberté ? Est-on finalement d'autant plus libre que l'on est cultivé ? Pour tenter de répondre au sujet, il faudra dans un premier temps déterminer les différents points sur lesquels s'appuie la liberté de l'homme, puis les caractéristiques que présente le concept de culture. Enfin, on pourra dégager des conclusions tirées un relativi  sme ou non entre les deux concepts. A la toute fin de cette réflexion, il s'agira de se poser une dernière question, à savoir : la liberté de l'homme dans le monde est-elle possible ?  

« Demande d'échange de corrigé de Minereau Clémence ([email protected]). Sujet déposé : Est-on d'autant plus libre que l'on est cultivé? Le sens commun n'hésite pas sur ce point : l'homme devient libre en se cultivant.

Par un savoir intellectuel acquis par l'éducation et les goûts, l'homme est capable d'élargir ses connaissances et de travailler son entendement, ainsi il devient libre par la pensée qui fait de lui un être unique dans son jugement et porteur de valeurs qui lui deviennent propres.

D'un certain point, on peut donc dire que le fait d'être cultivé permet à l'individu de devenir libre.

En d'autres termes, l'acquisition de connaissances donne proportionnellement accès à l'indépendance et à l'autonomie.

Mais que dire alors de la culture que l'être humain doit acquérir pour s'accomplir « homme » (puisqu'en étant cultivé, il nie se résumer à un être biologique, donc à sa simple dimension naturelle qui ne suffit pas à le réaliser « homme ») et qui détermine des comportements humains intellectuels et sociaux ? Les sciences humaines ont sur ce point dégagé un déterminisme culturel en indiquant que les comportements humains étaient largement dictés par des processus socio-économiques.

En effet, l'homme est conditionné par sa classe, son salaire, la nature de son travail… Ainsi, l'homme est-il réellement libre au sein de sa culture ? Et cette culture, qui est de l'ordre de l'acquis et qui s'oppose à la nature, à ce qui est inné, ne s'oppose-t-elle pas aussi à la liberté que l'homme détient pour et depuis toujours car il est « fondamentalement libre » ? L'inculture empêche-t-elle la liberté ? Eston finalement d'autant plus libre que l'on est cultivé ? Pour tenter de répondre au sujet, il faudra dans un premier temps déterminer les différents points sur lesquels s'appuie la liberté de l'homme, puis les caractéristiques que présente le concept de culture.

Enfin, on pourra dégager des conclusions tirées un relativi sme ou non entre les deux concepts.

A la toute fin de cette réflexion, il s'agira de se poser une dernière question, à savoir : la liberté de l'homme dans le monde est-elle possible ? D'un accord général il parait logique que le fait d'être cultivé permette à l'individu de devenir libre.

Néanmoins, le terme de « culture » présente deux sens distincts qu'il s'agit de ne pas confondre pour traiter le sujet comme il faut.

Le mot « culture » désigne, d'une part, l'ensemble des connaissances intellectuelles, littéraires et artistiques, qu'un individu acquiert par son éducation.

C'est dans ce sens que l'on dit d'une personne qu'elle est « d'une grande culture ».

Mais l'expression désigne d'autre part tout ce qui est produit par l'homme dans le cadre d'une société.

Elle comprend ainsi la technique, les sciences, l'art, les institutions et les coutumes.

Ainsi, la façon de s'habiller, de se loger dans des maisons, de cuisiner la nourriture… tout cela est culturel. Partant du premier sens donné à la culture, cette dernière permet à l'homme de s'ouvrir au monde afin de mieux le comprendre.

En effet, la vision d'un documentaire télévisé peut également permettre à l'individu d'élargir ses connaissances et, partant, d'être un peu plus conscient du monde et de ce qu'il s'y trouve.

La lecture d'oeuvres classiques peut enrichir le lecteur de certaines valeurs qu'il saura par la suite s'approprier.

L'homme devient donc libre par la pensée qu'il rend unique, enrichie de mille et une connaissances personnelles.

Et il est ici sous-entendu que l'homme inculte serait, d'une certaine manière, prisonnier de ses lacunes. Il reste maintenant à considérer la deuxième signification apportée au mot « culture » : le monde de la civilisation et les phénomènes sociaux.

En ce sens, la culture est cette partie de son milieu que l'homme crée lui-même, celle qui impose des règles communes pour vivre en société.

Dans ce domaine de la culture est compris le concept du travail.

Le travail, d'ailleurs rendu possible par la saisie de l'outil, est ce qui a permis à l'homme de se construire lui-même dans l'histoire et d'améliorer sa condition originelle qui est animale. Avec notamment la dialectique du maître et du serviteur exprimée par Hegel, on peut montrer que « le travail est libérateur » : par le biais de son serviteur, le maître a un rapport indirect au réel, ce qui crée une dépendance vis-à-vis de l'esclave.

Cependant, les services rendus de ce dernier vont être son intervention libre sur la matière.

Effectivement, à travers les actions opérées par lui-même, le serviteur va refléter sa personnalité, son intelligence et sa liberté d'action.

Le service rendu traduit donc ce qu'est le serviteur, sa conscience.

Ainsi le maître devient esclave car il est dépendant de son serviteur, et le serviteur devient le maître car il est reconnu pour son travail.

On peut donc prouver que la culture permet bien à l'homme de se libérer en ce qu'il intervient toujours librement dans son oeuvre et son travail. Cependant, s'il apparaît que la culture est ce qui permet à l'homme de s'accomplir lui-même « homme », il reste à examiner l'impact des comportements intellectuels et sociaux qui découlent de la culture humaine. En effet, peut-on vraiment parler de liberté lorsque l'on prend conscience de tous les déterminismes qu'engendre la culture humaine? D'un point de vue général, on voit bien que la personnalité d'un individu est largement contrôlée et déterminée par la culture du groupe social dont il est issu.

Et il apparaît effectivement que sa pensée, à laquelle se relie sa volonté qu'il ressent comme libre, relève de certains déterminismes.

Le premier avéré est sans doute le déterminisme linguistique : il est clair que la langue d'un peuple est parlée par les plus anciens avant même que naissent les plus jeunes, donc que la langue détermine le sujet parlant en ce qu'elle le précède.

De plus, on remarque la difficulté de communiquer qu'impose le concept du langage : dans un lieu où différentes langues sont parlées, il est impossible de pouvoir se comprendre de manière innée (cela nécessite l'apprentissage d'une langue étrangère à celle parlée dès la naissance).

Le langage, d'une certaine manière, emprisonne le sujet en le classant dans des catégories (le français, le chinois, l'anglais) qui ne le laissent pas libre de parler à la fois toutes ces langues.

Face à l'impossibilité de communiquer, le langage prive le sujet de son expression vitale.

C'est un premier point sur lequel il est important d'insister car il est le critère spécifique de tout échange avec autrui, et que cet échange se fasse par la voix ou l'écriture. On relève également un déterminisme sociologique dans notre culture humaine : celui qui conditionne l'être humain au sein d'un groupe.

Par exemple, on dit d'une personne qu'elle est aisée parce que son salaire est important, ou bien qu'elle est respectable parce qu'elle est haut placé… beaucoup de manières d'apprécier ou de juger les personnes dépendent en effet de la condition sociale qu'ils arborent.

Ces personnes donnent une image d'eux au sein d'un groupe, d'une entreprise, elles se fondent dans un « cadre » qui ne représente bien sûr pas les réelles valeurs qu'elles possèdent mais plutôt, un masque que certains arrivent à garder à vie, envers et contre leur nature humaine.

L'homme est un être qui devient culturel, il ne naît pas ainsi.

Partant, il est évident de voir que tous ces caractères culturels qui, somme toute, définissent l'être humain au sein d'un groupe, sont loin de lui garantir sa liberté, en ce qu'ils l'enferment dans un système commun et surtout un système d'apparence (mode, publicité, télévision). Sujet désiré en échange : Evidence et vérité. »

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