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Est-il valable de justifier une chose en utilisant la formule: "c'est naturel" ?

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« Sujet : Est-il valable de justifier une chose en utilisant la formule « c'est naturel » ? Analyse du sujet : - - - On a souvent tendance à considérer que ce qui est « naturel » est ce qui doit être, et dès lors, il paraît « naturel » de justifier quelque chose en disant « c'est naturel ». En effet, on pense généralement que l'homme, pour parvenir au bonheur et au bien, doit vivre en harmonie avec la nature et qu'il ne doit pas aller à l'encontre de ses tendances naturelles. L'homme doit faire ce qui doit être, et il doit donc faire ce qui est « naturel ». Mais cette affirmation se base sur un postulat critiquable : le postulat d'après lequel la « nature » serait un bien et que ce qui serait « contre-nature » serait un mal. Or, à bien y regarder, la nature est extrêmement cruelle et brutale, et il n'est pas sûr qu'on souhaite vivre conformément à elle. Si l'on considère que la nature c'est la loi de la jungle, on pensera plutôt que la nature est un mal. Dès lors, on cherchera plutôt à faire ce qui est « contre-nature ». Si tuer son voisin c'est ce qui est naturel, et que parler avec lui est « contre-nature », on cherchera plutôt à être « contre-nature ». Toutefois, la question n'est pas tranchée de savoir ce qui est naturel ou non, et c'est peut-être finalement là qu'est tout le problème. Problématisation : S'il était valable de justifier une chose en utilisant la formule « c'est naturel », il faudrait alors accepter de justifier bien des crimes. En effet, à l'état de nature, le chat mange la souris sans se soucier de ce qu'éprouve cette dernière. Cependant, il serait également délicat de vivre contre la nature, car nous sommes une part de cette nature. Cela étant, on peut encore se demander comment il serait possible d'être « contre-nature », car cela reviendrait à dire que nous deviendrions « surnaturels », or, une telle hypothèse dépasse la raison. Le problème revient donc à se demander ce qu'est la nature pour savoir si celle-ci est bonne ou non, et si on peut lui opposer autre chose. Proposition de plan : 1. La sagesse préconise de vivre en harmonie avec la nature. a) Les philosophes de la Grèce antique considéraient majoritairement que pour parvenir au bonheur, l'homme devait ne pas rompre avec ses tendances naturelles. Ce serait ainsi en trouvant une forme d'harmonie avec la nature que l'être humain pourrait s'épanouir. b) Aristote éclaire ce postulat en écrivant qu'« il y a du en vue de quelque chose parmi les choses naturelles » (Physique, II, 8, 199a7). D'après lui, on peut ainsi ramener la nature d'une chose à sa fonction car « la nature ne fait rien en vain » (Politiques, I, 2, 1253a). Chaque chose occupe ainsi une certaine fonction au sein de la nature. De la sorte, l'essence d'une chose doit coïncider avec le but que la nature lui a fixé, qui est alors son bien. On peut dire alors avec Aristote que la vertu consiste en l'excellence de quelque chose. Ainsi la vertu du cheval est-elle de bien courir, de courir vite, et la vertu d'un couteau résiderait dans sa capacité à trancher. En fait, on peut considérer que pour chaque chose, la vertu consiste dans l'accomplissement parfait de sa nature. c) Selon ce point de vue, dire « c'est naturel », c'est affirmer que la chose effectue bien la fonction que la nature lui a donnée. On est alors en droit de justifier les choses en affirmant qu'elles sont naturelles, car on considère que la chose est légitimée par le fait qu'elle remplit la fonction que la nature lui avait attribué. De la sorte, l'expression « c'est naturel » équivaut à l'expression « cela est bien ». Transition : Mais ne faut-il pas avoir une vision angélique de la nature pour souscrire à un tel discours ? 2. Mais la nature est hostile. a) Un problème survient car Aristote croit que sa doctrine permet d'affirmer que la tendance naturelle pousse l'homme à la moralité, prétextant que là est la fonction que la nature a attribué à l'homme. Mais Aristote affirme cela de la nature en se basant sur ce qu'il voit. Or, peut-on affirmer que ce qu'Aristote voit, c'est bien la nature ? Ainsi que l'écrit Hobbes : « si les hommes s'aimaient naturellement, c'est-à-dire, en tant qu'homme, il n'y a aucune raison pourquoi chacun n'aimerait pas le premier venu, comme étant autant homme qu'un autre » (Du citoyen, I, 1) Aristote aurait ainsi confondu des corps politiques et de simples rassemblements, en faisant de manière erronée l'amalgame entre l'organisation humaine et l'instinct animal. Si les abeilles se rassemblent par instinct, il n'en est pas de même chez les hommes, car pour eux, il n'y a pas d'accord spontané, pas de consensus qui ne soit remis en »

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