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Est-il légitime d'opposer la science à la philosophie ?

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Discours rationnel par excellence, la philosophie prétend, dès sa naissance, au rang de science suprême : celle qui surplombe toutes les autres et en donne la raison ultime, celle qui atteint l'absolu, autrement dit, celle qui ne dépend que de soi et de rien d'autre que soi. Ainsi Platon faisait-il de la philosophie non pas une science mais la science, la connaissance qui atteint les réalités essentielles et intelligibles et se veut totale. La philosophie devient alors législateur du langage et le magistrat suprême de la cité (c'est ce que l'on appelle la théorie du philosophe-roi). Cette conception totalisante de la philosophie s'exprimera longtemps dans le vocabulaire : au milieu du XVIIème siècle encore, on appelait « philosophie naturelle » les sciences physiques, en les distinguant ainsi de la « philosophie morale ». Mais à la même époque, précisément avec le développement de la science expérimentale moderne, cette prétention de la philosophie à la suprématie va se trouver contestée. Se pose alors la question de savoir si opposer philosophie et science est légitime car nous savons que depuis près de trois siècles la science et la philosophie n'ont cessé de s'éloigner l'une de l'autre. Cette séparation n'a pas seulement dissocié ce qui, autrefois, était réuni, mais a aussi bouleversé le sens même du projet scientifique.

« Est-il légitime d'opposer la science à la philosophie ? Discours rationnel par excellence, la philosophie prétend, dès sa naissance, au rang de science suprême : celle qui surplombe toutes les autres et en donne la raison ultime, celle qui atteint l'absolu, autrement dit, celle qui ne dépend que de soi et de rien d'autre que soi.

Ainsi Platon faisait-il de la philosophie non pas une science mais la science, la connaissance qui atteint les réalités essentielles et intelligibles et se veut totale.

La philosophie devient alors législateur du langage et le magistrat suprême de la cité (c'est ce que l'on appelle la théorie du philosophe-roi). Cette conception totalisante de la philosophie s'exprimera longtemps dans le vocabulaire : au milieu du XVIIème siècle encore, on appelait « philosophie naturelle » les sciences physiques, en les distinguant ainsi de la « philosophie morale ».

Mais à la même époque, précisément avec le développement de la science expérimentale moderne, cette prétention de la philosophie à la suprématie va se trouver contestée.

Se pose alors la question de savoir si opposer philosophie et science est légitime car nous savons que depuis près de trois siècles la science et la philosophie n'ont cessé de s'éloigner l'une de l'autre.

Cette séparation n'a pas seulement dissocié ce qui, autrefois, était réuni, mais a aussi bouleversé le sens même du projet scientifique.

Qu'est-ce qui relie encore science et philosophie ? Existe-t-il toujours des liens entre ces deux branches du savoir, entre la science qui désigne l'activité humaine tendant à la découverte des lois qui régissent les phénomènes, à l'aide de déductions logiques susceptibles d'être vérifiées par l'expérience, et la philosophie qui se propose d'étudier les principes et les causes au niveau le plus général, d'étudier les fondements des valeurs morales et d'organiser les connaissances en un système cohérent ? Devant la rationalité « positive » des sciences expérimentales, la philosophie passe volontiers pour une construction intellectuelle ingénieuse peut-être, mais chimérique et en tout cas a priori (c'est-à-dire échafaudée indépendamment de l'expérience), mais est-elle même un savoir positif (donc expérimentalement vérifié) ? La connaissance scientifique n'épuise-t-elle pas la totalité de ce qu'il est possible de savoir et ne rejette-t-elle pas la philosophie dans un passé périmé, préscientifique ? Devant cette mise en cause radicale, deux réponses sont possibles.

La première, d'inspiration positiviste (Le positivisme est une philosophie dont le nom a été inventé au XIXème siècle par Auguste Comte.

Elle consiste, dans son inspiration fondamentale, à faire des sciences positives le fondement d'une nouvelle philosophie, c'est-à-dire à la fois une nouvelle manière de raisonner et une nouvelle conception du monde.) consiste à dire que, si la philosophie n'est, en effet pas une science au sens où elle n'a pas d'objet, elle peut néanmoins éclairer le sens des propositions scientifiques ou élucider les conditions de la connaissance objective du monde.

Telle est, par exemple, la thèse de Ludwig Wittgenstein (1889-1951) qui, dans son Tractatus logico-philosophicus (1921) affirme clairement que la philosophie n'est pas elle-même une science, mais une élucidation du langage et de la pensée.

La deuxième réponse qui fut, par exemple, celle de Bergson dans son Évolution créatrice (1907), qui sépare radicalement la philosophie (qui s'occupe de l'esprit) des sciences (qui traitent de la matière) mais en reconnaissant aux deux, dans leurs domaines respectifs, une égale valeur.

Le mot philosophie vient du grec ancien philein « aimer » et sophia « la sagesse, le savoir », c'est-à-dire littéralement « l'amour de la sagesse ».

La philosophie en général est la capacité de se questionner et consiste à donner des réponses à des questions posées, généralement concernant la vision sur le monde.

De son côté, le scientifique se pose, lui aussi, des questions sur le monde puisque si tel n'était point le cas, il n'aurait aucune raison de formuler de nouvelles hypothèses qui sont précisément censées répondre à des questions nouvelles.

Mais le scientifique ne se pose de questions que dans les limites étroites de sa spécialité, ce qui réduit la portée de la démarche.

En effet, l'une des conséquences, que l'on pourrait qualifier de néfaste, de la science moderne est son hyperspécialisation (parcellisation des sciences, extrême division du travail intellectuel, diversité des langages, complication des données propres à chaque discipline).

Il n'est, pour cette dernière, à définir d'éléments simples : tout ce qui nous entoure est décomposable à l'infini.

Peu d'hommes ont deux compétences, comme Bachelard, en mathématiques et en philosophie.

Le philosophe, au contraire, et ceci dès les origines de la pensée, recherche en permanence la raison de tout ce qu'il voit et aussi de ce qu'il ne voit pas.

Il doit toujours avoir en vue l'objet, qui constitue son centre d'intérêt, dans son intégralité.

Descartes s'interroge sur la véracité de toutes les connaissances acquises par l'humanité à son époque.

D'autre part, il se pose en permanence des questions sur lui-même, en s'intéressant à l'esprit humain, chose que les scientifiques ne font pas.

La capacité de douter ou de remettre en question, est le fondement même de la philosophie.

On pourrait dire ainsi que chaque individu qui mène une réflexion sur le monde, si minime soit-elle, fait de la philosophie.

« La vraie philosophie consiste à suivre la diversité et la variété d'une chose à travers les époques.

» dira Kant (1724-1804) à ce propos.

Quant à la science, elle vient du latin scientia qui signifie la « connaissance », et se définit comme l'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondés sur des relations objectives vérifiables par des faits (c'est d'ailleurs à cela que l'on reconnaît qu'une connaissance est scientifique).

D'après Bachelard (1884-1962), il faut avant tout « savoir poser des problèmes [...] c'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique ».

La science consiste à construire un modèle du monde obtenu à partir des informations élaborées par l'interaction humaine avec le monde.

Le but principal de la science est de proposer des hypothèses pour tenter de répondre à des problèmes scientifiques (et non pas philosophiques) quant au mode de fonctionnement de l'univers.

Ces hypothèses sont soumises à l'expérimentation en laboratoire.

Celles d'entre elles qui se trouvent confirmées par l'expérience à la fin de la démarche expérimentale sont conservées et qualifiées comme étant des lois.

Les scientifiques acceptent de soumettre leurs découvertes à la vérification expérimentale, en d'autres termes ils admettent le fait que leurs connaissances acquises puissent être remises en cause au cas où de nouvelles preuves expérimentales seraient produites.

Il est important de noter que les lois scientifiques sont, pour la plupart du temps, rédigées dans un langage précis, souvent celui des mathématiques.

Quant à la philosophie, elle n'a pas les moyens d'utiliser d'autre langage que les mots empruntés à la langue dans laquelle elle s'exprime.

La philosophie, en ce sens, se retrouve dépendante d'une science humaine : la linguistique, qui n'a pas toujours les moyens de lui fournir les termes nécessaires à son expression.

Ainsi on se retrouve limité par la langue française dès lors qu'on commence à distinguer, par exemple, les différents sens du verbe « aimer » chez les Grecs anciens qui. »

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