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Est-ce par la technique que l'homme se distingue de l'animal ?

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Analyse du sujet   -          La technique conserve, de sa parenté avec l'art, l'idée d'une manière de procéder pour parvenir à une fin. On parlera ainsi d'un procédé de fabrication ou encore d'une méthode de pensée susceptible  d'améliorer les voies d'accès aux fins que l'on se propose. -          Mais alors que l'art se définit par une fin esthétique désintéressée, la technique vise avant tout l'utilité qu'elle ne peut obtenir qu'au prix d'une économie de moyens et un maximum d'efficacité. Ainsi la  réussite de la technique se mesure-t-elle au degré d'efficacité des moyens mis en oeuvre pour accroître les capacités d'une machine, améliorer la gestion d'une entreprise, ou encore faciliter la maîtrise de l'homme sur la nature. -          Certes, on peut toujours prétendre qu'il n'y a pas de différence essentielle entre un feu de cheminée et un radiateur électrique ; leur fonction se rejoint, et le feu évoque toujours la séduction du naturel ; mais si l'homme a fait le choix de s'affranchir des contraintes naturelles, il est indéniable que le second moyen sera plus efficace que le premier. -          Mais la technique ne semble pas, à première vue en tout cas, être un signe distinctif de l'homme relativement à l'animal. En effet, on pourrait, a priori, accorder à l'animal une certaines forme de technicité, peut-être même plus grande que l'homme en ce sens que l'animal accomplit toujours de la même manière son action et arrive toujours à atteindre la fin donnée, et ce avec une extrême perfection. Ce qui semble alors à la question, ici, c'est précisément la définition de l'essence de la technique. Ce n'est que par un travail de définitions conceptuelles que l'on pourra trouver la source originelle de la spécificité humaine, relativement à l'animal. -          Il s'agit donc de s'interroger sur la légitimité du concept de technique en tant qu'on le considère comme source première de distinction, de discrimination entre l'homme et l'animal. Il va donc falloir s'interroger l'origine profonde de cette distinction pour ne pas en rester à une superficialité première. C'est donc tout à la fois le concept de technique lui-même et l'origine véritable et première de ce qui fonde la distinction entre l'homme est l'animal qui sont ici mis à la question.   Problématique               Peut-on affirmer légitimement que la technique est la source véritable et première de la distinction entre l'homme et l'animal ? Autrement dit, est-ce par sa capacité technique que l'homme se distingue des autres êtres vivants ? Peut-on fonder la spécificité humaine sur le simplement concept de technique ou celui-ci n'est-il qu'une conséquence d'une origine elle-même plus profonde et plus radicale ? Que nous permet de penser un tel concept (celui de la technique) relativement à l'essence de l'homme dans ce qu'il a de spécifique ?

Chez l'animal, l'organe et l'outil se confondent: le crabe par exemple se sert de ses pinces pour s'enterrer. Même les primates ne fabriquent pas d'outils: un chimpazé peut se servir d'un bâton pointu qu'il a ramassé, mais il ne saurait le tailler lui-même pour le rendre pointu. Dans le Gorgias, Platon fait le récit mythique de la naissance de la technique: l'imprudent Epiméthée n'ayant laissé à l'homme aucun instrument naturel pour se nourrir et se défendre, son frère Prométhée aurait dérobé la technique et le feu des dieux. Entendons par là que la technique comme production d'outils est pour l'homme une nécessité vitale: avec la technique, l'homme devient "homo faber", l'être qui place des outils entre lui et le monde.

« Analyse du sujet - - - - - La technique conserve, de sa parenté avec l'art, l'idée d'une manière de procéder pour parvenir à une fin.

On parlera ainsi d'un procédé de fabrication ou encore d'une méthode de pensée susceptible d'améliorer les voies d'accès aux fins que l'on se propose. Mais alors que l'art se définit par une fin esthétique désintéressée, la technique vise avant tout l'utilité qu'elle ne peut obtenir qu'au prix d'une économie de moyens et un maximum d'efficacité.

Ainsi la réussite de la technique se mesure-t-elle au degré d'efficacité des moyens mis en œuvre pour accroître les capacités d'une machine, améliorer la gestion d'une entreprise, ou encore faciliter la maîtrise de l'homme sur la nature. Certes, on peut toujours prétendre qu'il n'y a pas de différence essentielle entre un feu de cheminée et un radiateur électrique ; leur fonction se rejoint, et le feu évoque toujours la séduction du naturel ; mais si l'homme a fait le choix de s'affranchir des contraintes naturelles, il est indéniable que le second moyen sera plus efficace que le premier. Mais la technique ne semble pas, à première vue en tout cas, être un signe distinctif de l'homme relativement à l'animal.

En effet, on pourrait, a priori, accorder à l'animal une certaines forme de technicité, peut-être même plus grande que l'homme en ce sens que l'animal accomplit toujours de la même manière son action et arrive toujours à atteindre la fin donnée, et ce avec une extrême perfection.

Ce qui semble alors à la question, ici, c'est précisément la définition de l'essence de la technique.

Ce n'est que par un travail de définitions conceptuelles que l'on pourra trouver la source originelle de la spécificité humaine, relativement à l'animal. Il s'agit donc de s'interroger sur la légitimité du concept de technique en tant qu'on le considère comme source première de distinction, de discrimination entre l'homme et l'animal.

Il va donc falloir s'interroger l'origine profonde de cette distinction pour ne pas en rester à une superficialité première.

C'est donc tout à la fois le concept de technique lui-même et l'origine véritable et première de ce qui fonde la distinction entre l'homme est l'animal qui sont ici mis à la question. Problématique Peut-on affirmer légitimement que la technique est la source véritable et première de la distinction entre l'homme et l'animal ? Autrement dit, est-ce par sa capacité technique que l'homme se distingue des autres êtres vivants ? Peut-on fonder la spécificité humaine sur le simplement concept de technique ou celui-ci n'est-il qu'une conséquence d'une origine elle-même plus profonde et plus radicale ? Que nous permet de penser un tel concept (celui de la technique) relativement à l'essence de l'homme dans ce qu'il a de spécifique ? Plan 1.

La technique au principe de la distinction animal/homme Dépourvu, contrairement aux autres animaux, des facultés qui permettent d'affronter les périls naturels, « l »homme nu » - si l'on en croit la mythe – dut s'emparer du feu et des « sciences propres à conserver sa vie » (Platon, Protagoras).

Prométhée et Epiméthée, chargés tous les deux de distribuer tous les biens nécessaires à la survie des êtres vivants oublièrent d'en garder pour l'homme qui se retrouva avec son corps seul.

Telle est donc la raison originelle de la technique : elle fournit à l'homme les moyens d'adaptation à un environnement qui n'est pas toujours prêt à la recevoir. La technique ; du grec technè (qui signifiait « fabriquer, construire, produire quelque chose), se définit en premier lieu comme un savoir-faire dont le but est un comportement efficace et approprié aux circonstances. Mais les animaux eux-mêmes, fera-t-on observer, disposent – dans certaines limites – d'un tel savoir-faire qui parait parfois plus adapté et plus adéquat à ses fins.

En définissant l'homme comme un « homo faber », Bergson (dans l'Evolution créatrice) insiste sur le fait que l'intelligence – conçue précisément comme la faculté de fabriquer et d'utiliser des objets artificiels – ne concerne que l'être humain. Seule en effet la démarche de l'homme est véritablement inventive ainsi qu'Aristote, sans doute le premier, l'avait déjà établi.

D'après celui-ci, en effet, la technè est une « disposition tournée vers la création », et « accompagnée de raison » qui, de ce double point de vue, oppose l'homme aux autres animaux (Ethique à Nicomaque, L.

VI).

Du fait de ce talent, l'homme n'est donc pas un être particulièrement démuni, bien au contraire. La nature, qui, toujours selon Aristote « ne fait rien en vain », a donné à l'homme des mains et une intelligence qui lui permettent une adaptation particulièrement réussie. L'outil, en effet – c'est-à-dire l'objet conçu et fabriqué par l'homme pour exécuter un travail – n'est pas seulement le prolongement naturel de la main, il est la traduction matérielle de son intelligence.

Cette extension des pouvoirs naturels de l'être humain se poursuit avec la multiplication des objets artificiels, puis avec l'invention des machines. On s'aperçoit alors clairement que si la technique n'est pas à proprement parler possible chez l'animal (qui répète indéfiniment une tâche pour laquelle la nature la programmer à la perfection), cela montre que la. »

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