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Est-ce l'homme qui détermine l'histoire ou l'histoire qui détermine l'homme ?

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La nature de l'histoire la rend insaisissable et donc inaccessible à l'action de l'homme qui ne peut véritablement agir ni sur son histoire personnelle, ni sur l'histoire en général. L'homme est un être historique déterminé par son histoire personnelle, son passé, sa vie, ses expériences propres et par la société dans laquelle il vit, superstructure qui détermine en partie ses actions. De plus, toute pensée spontanée, immédiate n'est pas libre mais déterminée par le passé historique de l'individu. Ainsi dans Horace de Corneille, les personnages sont déterminés par leur condition sociale et l'action spontanée de Curiace le pousse à se battre avant d'y avoir réfléchi et d'en avoir fait véritablement le choix par sa propre volonté.

« Introduction I – L'homme ne peut maîtriser le caractère insaisissable de l'histoire II –Bien souvent l'histoire se déroule à l'encontre de la volonté des hommes III – Cependant, l'histoire, histoire de l'homme, ne se fait pas sans celui-ci Conclusion Bibliographie -Corneille Horace - Chateaubriand Mémoires d'Outre-tombe - Marx Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte - Emmanuel Mounier Qu'est ce que le personnalisme ? - Paul Ricoeur Histoire et vérité. Introduction L'histoire possède deux définitions différentes qui se complètent sans s'exclure : c'est à la fois le récit des faits qui ont eu lieu dans le passé et l'action qui se déroule dans le présent.

L'un n'existe pas sans l'autre ainsi que le cite Paul Ricoeur « l'histoire que l'on raconte, l'histoire rétrospective (die Historie) ne se fait pas sans l'histoire qui s'est faite (die Geschichte). L'histoire est le roman de ce qui a été en tant que récit des événements qui ont touché les hommes au fil des temps.

Elle est caractérisée par des événements dits historiques qui introduisent une rupture dans le quotidien de l'homme.

Elle a donc trait à l'homme et à ses actions.

Or la volonté de l'homme est justement une action déterminée, dans un but orienté vers la réalisation d'une idée élaborée par la raison de l'homme. Cependant, si l'on reprend l'idée d'événement historique, celui-ci bien qu'engendré pour une grande part par la vérité de l'homme dépasse bien souvent la visée que celle-ci avant anticipée.

Ainsi, comme l'écrit Emmanuel Mounier dans son ouvrage Qu'est-ce que le personnalisme « l'histoire ne se fait pas sans la volonté de l'homme, mais elle se fait en grande partie hors d'elle et contre elle ». On peut alors se demander si c'est l'homme qui détermine l'histoire ou si c'est l'histoire qui détermine l'homme car d'une part la volonté de l'homme ne peut maîtriser le caractère insaisissable de l'histoire.

D'autre part, cette dernière va bien souvent à l'encontre de la volonté des hommes, mais que cependant, de par la définition même de l'histoire, ce sont les hommes qui la font. I – L'homme ne peut maîtriser le caractère insaisissable de l'histoire La nature de l'histoire la rend insaisissable et donc inaccessible à l'action de l'homme qui ne peut véritablement agir ni sur son histoire personnelle, ni sur l'histoire en général. La volonté de l'homme commande une action qui vise un but.

Elle a une origine et vise une fin.

Ce n'est pas le cas de l'histoire, celle-ci n'a ni origine véritable, ni fin malgré les dires de certaines philosophies de l'histoire, trop rigides pour être valides, tel le positivisme.

Le matériau de l'histoire est insaisissable puisque infini en tant que récit de ce qui a trait à l'homme. L'homme est un être historique déterminé par son histoire personnelle, son passé, sa vie, ses expériences propres et par la société dans laquelle il vit, superstructure qui détermine en partie ses actions.

Ainsi Chateaubriand dans ses Mémoires d'Outre-tombe est le jouet de l'histoire de la société qui le détermine, il est ballotté par les événements sans qu'il ait de maîtrise sur ceux-ci : « On le maria et il rallia l'armée des Princes pour satisfaire aux exigences de sa caste aristocratique, malgré lui », de plus, il montre peu d'ardeur à s'en aller se battre pour une cause qu'il n'aimait pas.

De plus, toute pensée spontanée, immédiate n'est pas libre mais déterminée par le passé historique de l'individu.

Ainsi dans Horace de Corneille, les personnages sont déterminés par leur condition sociale et l'action spontanée de Curiace le pousse à se battre avant d'y avoir réfléchi et d'en avoir fait véritablement le choix par sa propre volonté.

Cependant, même après avoir conduit cette réflexion, il s'aperçoit qu'il n'avait pas le choix, car parfois « notre action en sait plus que nous même ».

De même les femmes n'ont aucune maîtrise de l'histoire et sont le jouet des événements. Non seulement l'homme ne maîtrise pas son histoire personnelle et ses actions spontanées, mais il ne maîtrise pas non plus l'histoire générale qui se fait « hors de sa volonté ».

Marx reprenant et modifiant une citation de Hegel écrit « l'histoire se fait pour ainsi dire deux fois, la première comme grande tragédie, la seconde comme misérable farce ».

Cela montre que l'homme est déterminé par des grandes lois historiques qu'il ne maîtrise pas et qu'il subit sans quoi il ne commettrait pas les mêmes erreurs.

Marx qui défend dans le 18 Brumaire de Louis Napoléon la théorie selon laquelle la lutte des classes aboutira à la domination du prolétariat, événement considéré comme la fin de l'histoire, établit ainsi le parallèle entre le coup d'État du 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte et le coup d'État de son petit neveu Louis Napoléon le 2 décembre 1851, entre Robespierre et Louis Blanc et entre la Montagne de 1783 et celle de 1848. Chateaubriand ne maîtrise pas non plus l'histoire en général puisqu'il espère sans en avoir de certitude « être encore. »

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