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Épictète: Faut-il raisonner pour être libre ?

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[...] L'homme de bien soumet sa volonté à l'administrateur de l'univers comme les bons citoyens soumettent la leur à la loi de la cité. Mais celui qui s'instruit doit venir à la leçon du maître avec cette pensée : « Comment pourrais-je suivre en tout les dieux ? Comment pourrais-je être content du gouvernement des dieux ? Comment pourrais-je devenir libre ? Car l'homme libre, c'est celui à qui tout advient selon sa volonté, celui à qui personne ne peut faire obstacle. Quoi ? La liberté serait-elle déraison ? Bien loin de là ! Folie et liberté ne vont pas ensemble. « Mais je veux qu'il arrive tout ce qui me paraît bon, quelle que soit la chose qui me paraît telle. « Tu es fou, tu déraisonnes. Ne sais-tu pas que la liberté est chose belle et estimable ? Vouloir au hasard qu'adviennent les choses qu'un hasard me fait croire bonnes, voilà qui risque de ne pas être une belle chose et même d'être la plus laide de toutes. Comment procédons-nous dans l'écriture des lettres ? Est-ce que je veux écrire à ma fantaisie le nom de Dion ? Non pas ; mais on m'apprend à vouloir l'écrire comme il doit l'être. Et en musique ? C'est la même chose. Que faisons-nous en général, dès qu'il y a un art ou une science ? La même chose ; et le savoir n'aurait aucun prix, si les choses se pliaient à nos caprices. Et ici, où il s'agit de la chose la plus importante, de la chose capitale, de la liberté, me serait-il donc permis de vouloir au hasard ? ement ; s'instruire, c'est apprendre à vouloir chaque événement tel qu'il se produit. Comment se produit-il ? Selon l'ordre établi par celui qui ordonne tout. Selon cet ordre, il y a été et hiver, fécondité et stérilité, vertu et vice, et tous les couples de contraires qui servent à l'harmonie dé l'univers.Le thème du texte est le contentement des hommes face à l'ordre de l'univers. Cette question fait se confronter le gouvernement des dieux et la volonté individuelle. La liberté humaine est-elle compatible avec le gouvernement divin ? Si la liberté est absence de contraintes alors elle serait rendue possible seulement dans un contexte non nécessaire où règnerait le hasard. Mais cela a pour conséquence la coïncidence de la liberté humaine et du désordre, ce qui est contraire à la thèse stoïcienne qui prône l'existence d'un ordre de l'univers. Pour autant si la liberté suppose un gouvernement divin, un ordre dans lequel elle aurait toute sa place, en quoi consiste-t-elle, n'est-elle pas remise en cause par une nécessité imposée d'en haut ? La thèse que soutient Epictète est la suivante : la volonté droite consiste à vouloir l'ordre établi par la Providence ; autrement dit être libre c'est vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent. Pour démontrer sa thèse, il va procéder en trois étapes. La première abordera le thème de la coopération et de sa compatibilité avec la liberté. La deuxième (de : « Quoi ? La liberté... » à « nos caprices ») envisage la conciliation entre la liberté et le hasard. Enfin la dernière  propose une résolution du problème en expliquant le rapport de la liberté à l'ordre providentiel.

« Epictète: [...] L'homme de bien soumet sa volonté à l'administrateur de l'univers comme les bons citoyens soumettent la leur à la loi de la cité.

Mais celui qui s'instruit doit venir à la leçon du maître avec cette pensée : « Comment pourrais-je suivre en tout les dieux ? Comment pourrais-je être content du gouvernement des dieux ? Comment pourrais-je devenir libre ? Car l'homme libre, c'est celui à qui tout advient selon sa volonté, celui à qui personne ne peut faire obstacle.

Quoi ? La liberté serait-elle déraison ? Bien loin de là ! Folie et liberté ne vont pas ensemble.

« Mais je veux qu'il arrive tout ce qui me paraît bon, quelle que soit la chose qui me paraît telle.

« Tu es fou, tu déraisonnes.

Ne sais-tu pas que la liberté est chose belle et estimable ? Vouloir au hasard qu'adviennent les choses qu'un hasard me fait croire bonnes, voilà qui risque de ne pas être une belle chose et même d'être la plus laide de toutes.

Comment procédons-nous dans l'écriture des lettres ? Est-ce que je veux écrire à ma fantaisie le nom de Dion ? Non pas ; mais on m'apprend à vouloir l'écrire comme il doit l'être.

Et en musique ? C'est la même chose. Que faisons-nous en général, dès qu'il y a un art ou une science ? La même chose ; et le savoir n'aurait aucun prix, si les choses se pliaient à nos caprices.

Et ici, où il s'agit de la chose la plus importante, de la chose capitale, de la liberté, me serait-il donc permis de vouloir au hasard ? Nullement ; s'instruire, c'est apprendre à vouloir chaque événement tel qu'il se produit.

Comment se produit-il ? Selon l'ordre établi par celui qui ordonne tout.

Selon cet ordre, il y a été et hiver, fécondité et stérilité, vertu et vice, et tous les couples de contraires qui servent à l'harmonie dé l'univers. Avez-vous compris l'essentiel ? 1 Quelle définition Épictète donne-t-il de l'homme libre ? 2 En quoi les attitudes raisonnable et déraisonnable se distinguent-elles ? 3 En quoi la sagesse stoïcienne recommandée par le maître ne s'apparente-t-elle pas à une simple passivité, consistant à supporter les événements ? Réponses: 1 - « L'homme libre, c'est celui à qui tout advient selon sa volonté, celui à qui personne ne peut faire obstacle.

» 2 - L'attitude raisonnable consiste à approuver l'ordre des choses en voulant tout ce qui arrive, alors que l'attitude déraisonnable revient à vouloir que les choses arrivent comme on le désire, ce qui rend l'homme dépendant de ses propres passions. 3 - L'attitude stoïcienne est fondée à la fois sur la compréhension des événements (participation mentale) et sur l'assentiment qui leur est donné (participation volontaire).

Il s'agit donc d'une adhésion active à l'ordre des choses, et non pas d'un simple fatalisme.

Ce n'est pas une forme de servilité, mais de liberté. Introduction Le thème du texte est le contentement des hommes face à l'ordre de l'univers.

Cette question fait se confronter le gouvernement des dieux et la volonté individuelle.

La liberté humaine est-elle compatible avec le gouvernement divin ? Si la liberté est absence de contraintes alors elle serait rendue possible seulement dans un contexte non nécessaire où règnerait le hasard.

Mais cela a pour conséquence la coïncidence de la liberté humaine et du désordre, ce qui est contraire à la thèse stoïcienne qui prône l'existence d'un ordre de l'univers.

Pour autant si la liberté suppose un gouvernement divin, un ordre dans lequel elle aurait toute sa place, en quoi consiste-t-elle, n'est-elle pas remise en cause par une nécessité imposée d'en haut ? La thèse que soutient Epictète est la suivante : la volonté droite consiste à vouloir l'ordre établi par la Providence ; autrement dit être libre c'est vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent.

Pour démontrer sa thèse, il va procéder en trois étapes.

La première abordera le thème de la coopération et de sa compatibilité avec la liberté.

La deuxième (de : « Quoi ? La liberté… » à « nos caprices ») envisage la conciliation entre la liberté et le hasard.

Enfin la dernière propose une résolution du problème en expliquant le rapport de la liberté à l'ordre providentiel. Première partie : La position du problème : coopération et liberté. La première phrase du texte dresse un constat sur l'attitude de l'homme sage qui coopère à l'ordre de l'univers.

Les événements sont acceptés de la même manière que le citoyen vertueux accepte les lois de son pays, de sa cité.

L'ordre civil fait écho à l'ordre de l'univers.

L'obéissance à l'ordre est bonne.

Le fait d'employer le verbe « soumettre » n'est pas innocent, implicitement le problème se trouve posé.

Se soumettre à l'ordre de l'univers n'est-ce pas renoncer à sa liberté ? Epictète, ensuite, explicite le problème en abordant le thème de la liberté.

La condition de possibilité de la coopération au destin c'est notre contentement vis-à-vis du gouvernement divin.

La question de la possibilité de la liberté est posée dans ce contexte d'obéissance à l'ordre. A la fin de cette première partie une définition de la liberté est donnée, elle est absence de contraintes.

Or si la liberté est le fait de ne pas être empêché, le fait pour nos actions de ne pas être entravées par des obstacles, comment, dans un contexte déterministe comme celui des Stoïciens, est-elle possible ? Ainsi à partir du constat de la coopération du sage au destin nous sommes arrivés à la question de la liberté. »

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