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Dire que les hommes sont agressifs et violents par nature, est-ce justifier la violence ?

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·        Angles d’analyse

 Il s’agit ici de mettre en cause les conséquences d’un discours sur la nature de l’homme. Nombres de théoriciens du droit naturel (tels que Hobbes notamment), on définit l’état de nature – et donc la nature même de l’homme dans son état le plus originel et originaire – comme règne de la violence. Mais, un tel discours sur une violence et une agressivité intrinsèque à la nature humaine, n’est pas sans conséquence une fois passée à l’état social, une fois l’Etat historique instauré.

 Il semble pour autant difficile de circonscrire la violence, tant les formes de manifestations sont variées : allant du chantage en passant par des techniques raffinées d’exploitation des faiblesses des hommes, jusqu’à la simple agression physique ou la mise en œuvre de moyens parfaitement rationnels propre à amorcer la destruction de la nature ou d’un peuple. La brutalité – physique ou morale – l’agressivité, ne sont donc que des expressions possibles, ou même accessoires, de la violence. Il faudra néanmoins chercher à distinguer, dans leur concept même, les termes de violence et d’agressivité.

 Il est notable que justifier c’est à la fois rendre raison de mais aussi et surtout, dans le cas qui nous intéresse ici, c’est légitimer. Si donc l’on dit qu’il est de la nature de l’homme d’être violent, alors comment, en droit, pourrait-on réprimer la violence en la proclamant illégitime ? Cette condamnation n’est-elle pas contre nature justement ?

 On s’interroge donc ici à la fois sur les conséquences d’un présupposé (« l’homme est un loup pour l’homme » selon la formule consacrée) naturel, mais donc aussi à fortiori sur le fondement du droit qui réprime et puni la violence. Il faudra donc trouver la dynamique qui permette de poser sans contradiction de droit que l’homme est naturellement violent, mais que dans l’état social, cette violence est illégitime.

 C’est donc le rôle de l’Etat, et plus précisément celui de son instauration comme passage de l’état de nature à l’état de droit qui est ici mis à la question.

 

Problématique

 

            Pour être conséquent – c’est-à-dire pour que le postulat de départ s’accorde avec les conséquences qui découle de lui –affirmer qu’il est de la nature même de l’homme d’être violent et agressif (c’est-à-dire que la violence et l’agressivité sont des propriétés intrinsèques de l’homme), n’est-ce pas, au fond, légitimer le comportement violent dans l’état de droit, celui des lois et de la justice ? Ou, pour le dire autrement, affirmer la nature violente de l’homme ne revient-il pas à rendre tout Etat, comme maintient de l’ordre passant par la répression de la violence, illégitime ?

Comment concilier le postulat de la violence naturelle de l’homme sans pour autant, non seulement cautionner, mais encore justifier – c’est-à-dire légitimer, rendre raison – de la violence à l’Etat civil ?

C’est donc au fond la légitimité même de l’Etat dans son rôle de répression de toute violence qui est ainsi interroger.

 

« Analyse du sujet · Eléments de définition Violence = Force d'une intensité particulière. 1. Usage illégitime de la force et atteinte à l'intégrité des personnes.

Alain, Définitions, in Les Arts et les dieux. 2. Usage considéré comme légitime de la force : Par une institution, dans le but de faire respecter la loi.

Weber écrit que l'Etat moderne se réserve le monopole de la violence physique légitime.

(Le Savant et le politique). Contre le pouvoir en place et l'autorité existante, afin d'établir un pouvoir plus juste.

Selon Marx, la « violence est l'accoucheuse de l'histoire ». Comme praxis révolutionnaire du colonisé qui, en faisant usage de la force, combat pour sa liberté et reconquiert sa dignité. 3. Selon Eric Weil : refus de la communication, fermeture du discours et de la pratique humaine.

Si la violence est l'autre de la vérité (ce que n'est pas l'erreur qui est encore, en vérité), il y a de la violence en tout discours particulier en tant qu'il est particulier (Logique de la philosophie). Agressivité = 1Disposition à la destruction orientée vers l'autre ou vers soi-même.

A la différence de la violence fondamentale, elle se caractérise par sa visée objectale : elle suppose la reconnaissance de l'autre en tant qu'il fait obstacle à nos projets. 2Comportements d'ordre réactionnel dans les théories qui accordent la prééminence à l'environnement : la présence du comportement agressif présuppose toujours l'existence d'une frustration et celle-ci est génératrice d'agressivité. 3Dans le cadre des conceptions innéistes, qui accordent à l'instinct une priorité, comme chez Freud, l'agressivité est définie comme une tendance visant à nuire à autrui, à l'humilier ou à la détruire.

Malais dans la civilisation. Justification = Argument utilisé pour montrer le bien fondé d'une décision, d'une action, d'une conclusion. 1Le fait de rendre raison de quelque chose.

Ce qui suppose le postulat rationaliste selon lequel « rien n'existe sans raison ». Leibniz, La Monadologie, § 31-32. 2Tentative pour rationaliser après coup des motivations, des sentiments.

Peut confiner à la mauvaise foi. Malebranche, Recherche de la vérité, Livre V, ch.

XI. · Angles d'analyse Il s'agit ici de mettre en cause les conséquences d'un discours sur la nature de l'homme.

Nombres de théoriciens du droit naturel (tels que Hobbes notamment), on définit l'état de nature – et donc la nature même de l'homme dans son état le plus originel et originaire – comme règne de la violence.

Mais, un tel discours sur une violence et une agressivité intrinsèque à la nature humaine, n'est pas sans conséquence une fois passée à l'état social, une fois l'Etat historique instauré. Il semble pour autant difficile de circonscrire la violence, tant les formes de manifestations sont variées : allant du chantage en passant par des techniques raffinées d'exploitation des faiblesses des hommes, jusqu'à la simple agression physique ou la mise en œuvre de moyens parfaitement rationnels propre à amorcer la destruction de la nature ou d'un peuple.

La brutalité – physique ou morale – l'agressivité, ne sont donc que des expressions possibles, ou même accessoires, de la violence.

Il faudra néanmoins chercher à distinguer, dans leur concept même, les termes de violence et d'agressivité. Il est notable que justifier c'est à la fois rendre raison de mais aussi et surtout, dans le cas qui nous intéresse ici, c'est légitimer.

Si donc l'on dit qu'il est de la nature de l'homme d'être violent, alors comment, en droit, pourrait-on réprimer la violence en la proclamant illégitime ? Cette condamnation n'est-elle pas contre nature justement ? On s'interroge donc ici à la fois sur les conséquences d'un présupposé (« l'homme est un loup pour l'homme » selon la formule consacrée) naturel, mais donc aussi à fortiori sur le fondement du droit qui réprime et puni la violence.

Il faudra donc trouver la dynamique qui permette de poser sans contradiction de droit que l'homme est naturellement violent, mais que dans l'état social, cette violence est illégitime. C'est donc le rôle de l'Etat, et plus précisément celui de son instauration comme passage de l'état de nature à l'état de droit qui est ici mis à la question. Problématique. »

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