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Devons-nous toujours croire nos sens ?

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Le terme « sens » peut revêtir plusieurs significations. En remontant à son étymologie, on voit que le mot latin sensus peut désigner soit « l'action de sentir » et les « organes de sens » ou « la manière de penser ». Ici, il faut entendre les sens comme la faculté d'éprouver des sensations, de percevoir ce qui se passe en dehors de soi, grâce aux organes qui commandent les cinq sens : la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher et le goût. Nos sens sont ce qui nous permet d'avoir des informations sur le monde et d'être en lien avec lui. Un sujet qui n'aurait pas de sens, comme essaie de l'imaginer certains philosophes au XVIIIème siècle, n'aurait pas d'informations sur le monde. Ainsi, l'aveugle ne peut comprendre ce qu'est véritablement la vue d'un tableau ou ce qu'est un miroir. A ce titre, on peut dire que nos premières connaissances proviennent des sens. Les sens désignant les organes intermédiaires entre moi et l'univers, paraissent, initialement, entièrement dignes de confiance, car ils semblent fonder mon vécu. Or, le terme « croire »  signifie « attacher une valeur de vérité à quelque chose », «  avoir foi ». Ne pas croire aux sens, c'est s'interdire de prendre en compte les données du monde. Pourtant, le terme « toujours » introduit une nuance. Les sens ont-ils en toutes occasions, raison ? Ne peuvent-ils pas mentir et nous fournir des informations fausses ? Nous avons tous une expérience d'une perception trompeuse, où les sens nous font percevoir par exemple une tour ronde, alors que quand nous nous approchons elle est carrée. La méfiance accordée au sens tient à cette inadéquation avec la réalité. C'est pour cela que Platon préférait développer la raison intelligible qui puisse se passer des sens. Mais est-ce vraiment les sens qui nous trompent quand nous voyons quelque chose tel qu'il ne l'est pas ? De plus, peut-on se passer des sens et sortir de l'apparence ? Ne faut-il pas au contraire essayer de travailler sur nos perceptions pour les rendre plus fiables ?

« Le terme « sens » peut revêtir plusieurs significations.

En remontant à son étymologie, on voit que le mot latin sensus peut désigner soit « l'action de sentir » et les « organes de sens » ou « la manière de penser ».

Ici, il faut entendre les sens comme la faculté d'éprouver des sensations, de percevoir ce qui se passe en dehors de soi, grâce aux organes qui commandent les cinq sens : la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher et le goût.

Nos sens sont ce qui nous permet d'avoir des informations sur le monde et d'être en lien avec lui.

Un sujet qui n'aurait pas de sens, comme essaie de l'imaginer certains philosophes au XVIIIème siècle, n'aurait pas d'informations sur le monde.

Ainsi, l'aveugle ne peut comprendre ce qu'est véritablement la vue d'un tableau ou ce qu'est un miroir.

A ce titre, on peut dire que nos premières connaissances proviennent des sens.

Les sens désignant les organes intermédiaires entre moi et l'univers, paraissent, initialement, entièrement dignes de confiance, car ils semblent fonder mon vécu.

Or, le terme « croire » signifie « attacher une valeur de vérité à quelque chose », « avoir foi ».

Ne pas croire aux sens, c'est s'interdire de prendre en compte les données du monde.

Pourtant, le terme « toujours » introduit une nuance.

Les sens ont-ils en toutes occasions, raison ? Ne peuvent-ils pas mentir et nous fournir des informations fausses ? Nous avons tous une expérience d'une perception trompeuse, où les sens nous font percevoir par exemple une tour ronde, alors que quand nous nous approchons elle est carrée.

La méfiance accordée au sens tient à cette inadéquation avec la réalité.

C'est pour cela que Platon préférait développer la raison intelligible qui puisse se passer des sens.

Mais est-ce vraiment les sens qui nous trompent quand nous voyons quelque chose tel qu'il ne l'est pas ? De plus, peut-on se passer des sens et sortir de l'apparence ? Ne faut-il pas au contraire essayer de travailler sur nos perceptions pour les rendre plus fiables ? Les sens nous apportent l'évidence - Les sens nous fournissent des informations sur le monde à travers différentes sensations et nous nous en tenons généralement à eux.

En effet, l'incrédulité qui se doit de caractériser les philosophes nous obligent à vouloir vérifier par nous-mêmes, c'est-à-dire par nos sens quelque chose.

C'est pour cela que nous retrouvons dans l'adage populaire : « je ne crois que ce que je vois ».

Quand nous faisons l'expérience de quelque chose par les sens, nous pouvons être sûrs que ce que nous avons senti existe.

Ainsi, faire l'expérience par les sens s'oppose au ouï-dire, à la connaissance par un tiers.

Je ne me contente pas de connaître par intermédiaire, je veux faire ma propre expérience avant d'accorder ma confiance à quelque chose.

La connaissance sensible, en effet, parce qu'elle est une intuition directe de la réalité, est supérieure à la connaissance par ouï-dire, connaissance rapportée et de seconde main. C'est pourquoi l'apôtre Thomas, celui qu'on appelle l'incrédule, ne croit que ce qu'il voit. C'est aussi pour cela que l'existence de témoin est si importante.

Quand nous avons à juger juridiquement une affaire, nous accordons beaucoup d'intérêts à celui qui a tout vu, au témoin extérieur plus fiable que les rumeurs diverses. - Les sens nous donnent accès au monde.

Pour Epicure, un philosophe antique, la sensation est le critère de vérité par excellence.

Elle ne peut nous tromper.

C'est l'opinion que nous leur ajoutons qui est fausse.

En reprenant l'exemple de la tour, rendu célèbre par les sceptiques, nous la percevons ronde quand nous en sommes loin.

En nous approchons, nous voyons qu'elle est carrée.

Pourtant, la sensation est vraie pour nous.

L'erreur consiste à accorder foi au fait que la tour est vraiment ronde. C'est d'ailleurs en ce sens que pour les empiristes, les sens sont l'origine de toutes connaissances.

Ils sont notre seul accès au monde et c'est à partir de nos sensations que se construisent nos idées.

Ainsi, pour Condillac dans son Traité des sensations, les sensations sont premières.

Elles interviennent même avant toute conscience de soi et c'est l'unification des sensations qui fondent notre identité. Remarquons d'ailleurs que les critères de l'évidence de la vérité sont rattachés au paradigme de la vue.

Les idées « claires » et « distinctes » de Descartes, qui assurent l'évidence, font partie du champ lexical de la vision. - De plus, les connaissances théoriques que l'on nous sert semblent tellement éloignées du réel qu'elles comportent une grande variable d'incertitude.

Quelqu'un qui nous développerait un grand système théorique ne nous convaincrait que si il recourt à une expérience sensible directe.

Dans le cas inverse, il est compliqué d'accorder foi à ce qu'il dit.

Ce que nous fournissent nos sens a l'avantage d'être immédiat et spontané.

Il colle au réel sans que rien ne vienne interférer et donc l'éloigner des objets.

Merleau-Ponty d'ailleurs réaffirme d'ailleurs la valeur de l'expérience directe des sens.

Selon, c'est sur cette expérience que la science se fonde sans en avoir réellement conscience. - Enfin, il faut bien voir que nos sens sont aussi le domaine du plaisir.

Nous ne voyons pas alors en quoi nous ne pourrions pas accorder foi aux plaisirs.

Cela est une sensation qui ne se réfère absolument pas aux notions de vrai et de faux.

Quand je regarde une peinture, quand j'écoute une symphonie, je ressens un certain plaisir à l'harmonie des couleurs et des sens et à aucun moment, je me pose la question de la vérité de l'œuvre ou de son adéquation au réel.

La satisfaction esthétique nous montre l'efficience des sens. Pourtant, devons-nous vraiment prendre ce que nous livre les sens pour véridique ? Les sens nous donnent vraiment accès à l'essence des choses ? Les sens sont trompeurs - Cependant, les sens sont parfois trompeurs.

L'exemple du bâton qui paraît rompu dans l'eau alors qu'il est tout à fait droit est le plus célèbre.

De même, à travers les illusions, je peux voir une oasis alors qu'il n'y a rien du tout.

Nos sens nous donnent simplement accès à une apparence qui n'est pas la vérité des choses.

Si je ne veux plus me tromper, et si je veux être rigoureux, il vaut mieux que je cesse de leur accorder ma confiance : " J'ai quelquefois éprouvé que mes sens étaient trompeurs, et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous. »

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