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Dans une civilisation tout obsédée des exigences techniques et de rendement quelle peut être, selon vous, la fonction de l'art ?

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Doit-on définir la fonction de l'art comme une activité qui serait le complément du développement technique ou au contraire faut-il le penser en opposition par rapport à ces nouvelles exigences, toujours plus pesantes, d'efficacité technique et de productivité ?  Autrement dit, dans quelle mesure et dans quelle perspective est-il légitime, de ce point de vue, d'affirmer que l'art est le témoin privilégié d'une relation purement humaine au monde, c'est-à-dire d'une relation capable de transcender le déterminisme naturel premier ? C'est donc bien le statut de l'art qui est ici en jeu.

• Thématique du supplément d'âme inauguré par Bergson s'effrayant de ce qu'à l'accroissement de la puissance matérielle de l'homme ne correspondrait pas un « supplément d'âme ». • Thématique de l'art engagé contre l'art pour l'art. • Problème(s) de l'esthétique industrielle et de la beauté des objets techniques. - L'esthétique industrielle cherche à concilier « la liberté du goût » avec l'exigence fonctionnelle. - Il peut se faire, en effet, que l'esthétique industrielle rencontre les libres productions de l'esthétique non-figurative (si bien que certains croient voir en elle la véritable solution des problèmes de l'art en société industrielle) D'autant que ces « objets techniques esthétiques » de grandes séries peuvent se trouver ainsi dans la vie quotidienne de tout le monde. - Mais cette esthétique industrielle ne serait-elle pas, de fait, asservie en dernière instance à l'exactitude fonctionnelle; et plus encore à des impératifs techniques (ou sociaux?) d'efficacité et de rendement ? • Problème(s) du cinéma à la fois et inséparablement art et industrie. L'examen approfondi de ce que permet le cinéma en tant qu'art et industrie, le cinéma art moderne s'il en est, devrait mettre sur la voie en ce qui concerne la fonction de l'art possible « dans une civilisation tout obsédée des exigences techniques d'efficacité et de rendement ». • Avant peut-être de mettre en cause cette civilisation? ou encore sa détermination technique ?

« Analyse du sujet - L'art est une activité productrice humaine très particulière car, contrairement à ce qui se passe dans les autres formes d'activités, le but n'est pas la transformation utilitaire de la matière en vue d'une survie ou d'une amélioration des conditions matérielles de la vie humaine, mais le plaisir esthétique. - L'émotion que produit la beauté ainsi que la fascination que produit l'art sur les hommes ont pourtant un point commun – au moins : elle signent une relation unique de l'homme à une émotion et à un plaisir contemplatif qui lui permettent de sortir de la dimension horizontale dans laquelle il se trouve ordinairement.

Elles le convient à entrer dans une dimension mystérieuse.

Cette dimension n'est pourtant pas la même exactement, c'est celle de la transcendance et du sacré pour la beauté, celle de la subjectivité pour l'art. L'homme qui entre en contact avec l'émotion esthétique échappe aux fascinations ordinaires de la vie humaine pour se réveiller à une vie intérieure.

Cela signifie que la beauté et l'art rappellent, chacun à leur manière, l'homme à son âme.

Le contact avec la beauté et l'importance de l'art chez l'homme imposent, semble-t-il, une conception de l'homme où il y a de la place pour la transcendance. - On outre, remarquons que cette relation à la beauté et à l'art est, en réalité, spécifique à l'homme : seul l'homme, en effet, peut vivre une émotion esthétique, et c'est bien parce que celui-ci a accès à une transcendance.

Lui seul peut éprouver cette émotion mystérieuse, qui à la fois échappe aux sollicitations ordinaires de la vie et qui conduit l'homme hors de leur sphère d'action.

L'animal, lui, est incapable de connaître une émotion esthétique, et s'il devait contempler quelque chose, ce ne pourrait être qu'en relation direct avec les fonctions biologiques de son organisme.

Cela tient au fait que l'animal est, contrairement à l'homme, entièrement fait pour survivre ; et il n'y a en lui aucune place pour quelque chose de gratuit ® Le petit chien de M.

Bergeret, évoqué par Anatole France dans un mot d'esprit ne regardait jamais le bleu du ciel…incomestible.

Effectivement, la beauté du ciel n'est pas accessible à l'animal précisément parce qu'en lui tout est intéressé. - Si l'homme seul peut éprouver une émotion esthétique, cette émotion est par ailleurs universelle, au sens où elle est vécue par tous les hommes et cela même dans l'état le plus primaire de leur développement ® Rappelons que l'enfant sauvage décrit par Jean Itard était capable de contemplation esthétique devant la lune le soir ou devant le miroitement de l'eau (in Mémoire et rapport sur Victor de l'Aveyron, Les enfants sauvages.) Toutes les cultures possèdent leurs artistes, toutes les cultures ont engendré des expressions artistiques. - L'art est donc en fait à la fois éminemment culturel, au sens où chaque culture a ses propres expressions artistiques, et en même temps, c'est une expression de l'essence de l'homme.

Il est, avec l'aptitude à l'émotion esthétique, la marque de l'humanité en l'homme, au même titre que le langage et le fait religieux.

Une partie de ce qu'il y a de plus humain en l'homme se joue donc là. - Comprenons dans cette perspective que ce qu'il s'agit de définir c'est précisément le statut et le rôle de l'art en tant qu'on le pense comme capable de nous défaire des impératifs de productivité et de rendement qui sont élevés au rang de principes dans nos sociétés contemporaines.

C'est donc bien le statut de l'art qui est ici mis à la question à travers la question de la liberté humaine. Problématique Doit-on définir la fonction de l'art comme une activité qui serait le complément du développement technique ou au contraire faut-il le penser en opposition par rapport à ces nouvelles exigences, toujours plus pesantes, d'efficacité technique et de productivité ? Autrement dit, dans quelle mesure et dans quelle perspective est-il légitime, de ce point de vue, d'affirmer que l'art est le témoin privilégié d'une relation purement humaine au monde, c'est-à-dire d'une relation capable de transcender le déterminisme naturel premier ? C'est donc bien le statut de l'art qui est ici en jeu. Plan I- L'art à une fonction émancipatrice relativement aux intérêts purement économiques de productivité Si l'on remonte notre analyse aux sources grecques de notre culture, on s'aperçoit que le mot « technè » signifier métier, art, habileté de faire quelque chose, mais aussi méthode et ruse.

Le terme latin correspondant est ars.

Toute production qui n'est pas issue directement de la nature, mais qui dépend de l'habileté humaine est en un sens de l'art – surtout si cette habileté est réfléchie. En réalité, il faut comprendre que pour définir l'art il faut à la fois que l'on comprenne la notion de génie mais aussi de savoir-faire technique (même si l'art ne peut s'y résoudre).

On comprend alors en ce sens à quel point ce qui s'incarne en réalité dans la matière sensible par ce processus de création artistique, c'est en réalité cette capacité de maîtrise que. »

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