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CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE ET CONSCIENCE MORALE

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L'action morale est une action spécifiquement humaine : on ne peut le comprendre qu'en la rattachant à la nature spirituelle de l'homme, à sa qualité de personne et de sujet pensant. La vie morale a des conditions d'ordre psychologique essentiellement. C'est pourquoi il est nécessaire de l'éclairer par l'étude de la conscience, de la nature psychologique de l'agent moral. a) Conditions psychologiques de la vie morale. Le terme conscience employé sans aucun qualificatif désigne l'esprit même dans sa vie concrète et dans l'image qu'il se donne spontanément de sa propre existence. Mais pour éviter la confusion du commun langage entre ce qui est psychologique et ce qui est moral dans la vie de la pensée, on peut appeler conscience psychologique l'intuition que l'esprit a de lui-même aussi bien que la réalité d'ordre mental qu'il saisit ainsi directement. La conscience est à la fois une connaissance et une existence du type spirituel. La conscience morale est tout autre chose à première vue; nous la définirons provisoirement, le discernement du bien et du mal. Il est clair qu'elle renvoie à la conscience psychologique dont elle apparaît d'abord comme un aspect ou une fonction, une activité parmi les autres. En effet la conscience psychologique, si elle s'identifie à l'esprit même, ne peut manquer d'envelopper toutes les attitudes mentales qui sont comme des consciences particulières à l'intérieur de l'esprit, des variétés ou des expressions de l'esprit, telles que la conscience esthétique et la conscience religieuse, que l'on peut différencier par leur intention ou leur visée. La conscience morale fait partie de cette gerbe d'attitudes et en ce sens elle se rattache à la conscience psychologique.

« CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE ET CONSCIENCE MORALE L'action morale est une action spécifiquement humaine : on ne peut le comprendre qu'en la rattachant à la nature spirituelle de l'homme, à sa qualité de personne et de sujet pensant.

La vie morale a des conditions d'ordre psychologique essentiellement.

C'est pourquoi il est nécessaire de l'éclairer par l'étude de la conscience, de la nature psychologique de l'agent moral. a) Conditions psychologiques de la vie morale. Le terme conscience employé sans aucun qualificatif désigne l'esprit même dans sa vie concrète et dans l'image qu'il se donne spontanément de sa propre existence.

Mais pour éviter la confusion du commun langage entre ce qui est psychologique et ce qui est moral dans la vie de la pensée, on peut appeler conscience psychologique l'intuition que l'esprit a de lui-même aussi bien que la réalité d'ordre mental qu'il saisit ainsi directement.

La conscience est à la fois une connaissance et une existence du type spirituel. La conscience morale est tout autre chose à première vue; nous la définirons provisoirement, le discernement du bien et du mal.

Il est clair qu'elle renvoie à la conscience psychologique dont elle apparaît d'abord comme un aspect ou une fonction, une activité parmi les autres.

En effet la conscience psychologique, si elle s'identifie à l'esprit même, ne peut manquer d'envelopper toutes les attitudes mentales qui sont comme des consciences particulières à l'intérieur de l'esprit, des variétés ou des expressions de l'esprit, telles que la conscience esthétique et la conscience religieuse, que l'on peut différencier par leur intention ou leur visée. La conscience morale fait partie de cette gerbe d'attitudes et en ce sens elle se rattache à la conscience psychologique. La conscience morale plongeant ses racines dans la vie psychologique, on retrouvera dans la vie morale les grandes fonctions mentales qui constituent notre être spirituel.

Nous sommes faits d'intelligence, d'activité et d'affectivité, c'est-à-dire d'une part de lumière, d'une part de puissance et d'une part d'amour ou encore de connaissance, de volonté libre et de sentiment.

Toutes ces fonctions intéressent la vie morale puisqu'il faudra l'intelligence pour discerner le bien, éclairer l'option, juger sûrement; le dynamisme de la volonté ou de la liberté pour accomplir l'obligation; la chaleur du sentiment ou de l'affectivité pour aimer la valeur, s'attacher à l'idéal. De plus, la conscience morale présuppose les tendances et les inclinations entre lesquelles elle a pour mission de choisir celles qui méritent l'actualisation. Enfin la conscience morale a pour condition le Cogito, l'acte par lequel l'homme se pose et se reconnaît comme sujet, chose qui pense, c'est dire qu'elle renvoie à cette activité du je pense par laquelle l'homme organise sa vie de l'intérieur et de sa propre initiative. b) Originalité de la conscience morale. A s'en tenir aux analyses précédentes, il semblerait que la conscience morale fût simplement enveloppée dans la conscience psychologique, englobée par elle, réduite à n'être qu'une attitude parmi d'autres.

Il est certain qu'elle est plus importante que cela et que d'un autre côté c'est elle qui enveloppe et dirige la conscience psychologique.

LE SENNE a insisté sur cette spécificité de la conscience morale au point de dire : « La conscience morale n'est pas un état de la conscience, c'est une opération par laquelle la conscience se fait volontaire, responsable, obligée, mérite le bien.

» La conscience morale a pour fonction d'orienter, de contrôler la vie spirituelle, de la juger et de l'accomplir.

Elle est en nous comme une autorité, une règle vivante des intentions et des actions, un pouvoir qui juge de leur valeur. Ce qu'on appelle la vie morale n'est pas autre chose que le résultat de cette action en nous, le phénomène par lequel la vie psychologique se moralise et, en conséquence, se spiritualise encore davantage.

Alors que la conscience psychologique nous révèle seulement que nous sommes et ce que nous sommes, la conscience morale nous indique ce que nous devrions être.

Elle oriente et anime notre vie par la visée de l'idéal. La vie psychologique, dans sa spontanéité pure, peut-être serait-elle amorale, indifférente au bien et au mal si précisément une intention spécifiquement morale ne la traversait et ne la colorait, cependant que les impératifs de l'action qui exige un choix entre les valeurs, lui interdisent une neutralité inviable. Il y a donc une morale vécue, celle qui se développe en nous lorsqu'un idéal visé par la conscience morale vient pénétrer la vie spirituelle et s'y réaliser; une vie morale à la fois intérieure et extérieure, subjective et objective puisqu'elle intéresse aussi bien la vie intérieure et le comportement, l'intention et la conduite.

C'est à elle que songe PA SCAL lorsqu'il dit que « la vraie morale, se moque de la morale » comme « la vraie éloquence de l'éloquence », car il s'agit d'une morale sans règles, non apprise, spontanée, naturelle, coulant de source, instinctive comme peut l'être la conscience la plus directe. C'est également à la conscience morale que revient la direction de soi, la réalisation de la personnalité dont les conditions principales sont : la connaissance de soi, la conquête de soi, le dépassement de soi, bref cette maîtrise qui suppose l'empire sur les passions inférieures et la liberté de la personne travaillant à mériter sa propre dignité. c) Définition de la conscience morale. Les considérations précédentes nous permettront de mieux déterminer l'essence de la conscience morale.

Dans sa définition plusieurs plans apparaissent : • Au regard du bien, la conscience morale est le sens de l'idéal et des valeurs susceptibles de justifier la vie en dignité. • Au regard de la règle, la conscience morale est le sens du devoir, de l'obligation, de la responsabilité. • Au regard du jugement de valeur, c'est le pouvoir d'apprécier et de juger la conduite selon le critère du permis et du défendu et avec toute une gamme de sanctions allant de la louange au blâme, du remords et du repentir à la satisfaction du devoir accompli. • Plus profondément encore la conscience morale est le sens et l'exigence d'un dépassement.

La nature humaine n'est ni parfaite ni achevée, cependant elle conçoit à titre d'idéal une nature supérieure dont l'accès constitue pour elle un devoir en vertu de sa vocation spirituelle.

La grande loi métaphysique de notre être c'est le dépassement, la transcendance : la conscience morale en est une expression particulièrement heureuse et profonde.

En ce sens elle est une tendance et comme tendance elle est une réponse à l'appel des valeurs. En nous révélant la distance qui sépare la valeur de la réalité, elle nous invite du même coup à réduire cette distance par un effort sans cesse repris et ascendant. Elle est la perception de l'écart qui existe entre : ce qui est et ce qui doit être le réel — l'idéal l'existence — la valeur le fait — le droit. Par là elle est au principe de l'effort que fait l'homme pour être égal à l'essence radieuse qui se propose à sa pensée.

Elle est le sens de la dignité humaine.. »

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