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CONSCIENCE ET RÉALITÉ ?

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Le concept dit d'« intentionnalité », et qui consiste essentiellement à rendre compte des phénomènes de la conscience en ramenant celle-ci au mouvement — ou à l'« intention » — qui la porte vers un objet donné, fut mis plus particulièrement en évidence par le philosophe Husserl (1859-1938). C'est ce que le même auteur exprime encore par la formule suivante : « Toute conscience est conscience de quelque chose », dans la mesure où en effet, la conscience a besoin de se donner un objet autre qu'elle-même afin de parvenir à se reconnaître en tant que telle, c'est-à-dire et précisément à « prendre conscience » de sa réalité et de sa nature propre.  Mais la description d'un tel processus ne peut-elle inviter à son tour à un certain approfondissement de la notion même de réalité, et ne peut-on déjà entrevoir que, sous l'un de ses aspects essentiels, le propre de la conscience est de postuler ce que l'on pourrait appeler en quelque sorte un « principe de réalité », en l'absence duquel toutes les affirmations de la conscience s'évanouiraient à chaque instant dans un pur « mirage » de l'imagination ? On remarquera d'ailleurs que l'on trouve comme un écho de cette problématique, dans plusieurs expressions communes, telles que celles où il est dit qu'un homme « perd » conscience de la « réalité », de même que, à un autre point de vue, mais tout aussi significatif, on parle indifféremment de « perte de conscience » ou de « perte de connaissance ».  Il faut donc qu'il y ait là l'indice d'un lien très direct entre les deux concepts de « conscience » et de « réalité », c'est-à-dire au fond entre la conscience elle-même et la fonction qui lui est implicitement assignée par sa propre nature.  

 

  • LA QUESTION DE L'« INTENTIONNALITE »
  • CONSCIENCE DE LA RÉALITÉ, RÉALITÉ DE LA CONSCIENCE
  • DEGRES DE RÉALITÉ ET DEGRÉS DE CONSCIENCE

 

« LA QUESTION DE L'« INTENTIONNALITE » Le concept dit d'« intentionnalité », et qui consiste essentiellement à rendre compte des phénomènes de la conscience en ramenant celle-ci au mouvement — ou à l'« intention » — qui la porte vers un objet donné, fut mis plus particulièrement en évidence par le philosophe Husserl (1859-1938).

C'est ce que le même auteur exprime encore par la formule suivante : « Toute conscience est conscience de quelque chose », dans la mesure où en effet, la conscience a besoin de se donner un objet autre qu'elle-même afin de parvenir à se reconnaître en tant que telle, c'est-à-dire et précisément à « prendre conscience » de sa réalité et de sa nature propre. Mais la description d'un tel processus ne peut-elle inviter à son tour à un certain approfondissement de la notion même de réalité, et ne peut-on déjà entrevoir que, sous l'un de ses aspects essentiels, le propre de la conscience est de postuler ce que l'on pourrait appeler en quelque sorte un « principe de réalité », en l'absence duquel toutes les affirmations de la conscience s'évanouiraient à chaque instant dans un pur « mirage » de l'imagination ? On remarquera d'ailleurs que l'on trouve comme un écho de cette problématique, dans plusieurs expressions communes, telles que celles où il est dit qu'un homme « perd » conscience de la « réalité », de même que, à un autre point de vue, mais tout aussi significatif, on parle indifféremment de « perte de conscience » ou de « perte de connaissance ». Il faut donc qu'il y ait là l'indice d'un lien très direct entre les deux concepts de « conscience » et de « réalité », c'est-à-dire au fond entre la conscience elle-même et la fonction qui lui est implicitement assignée par sa propre nature. CONSCIENCE DE LA RÉALITÉ, RÉALITÉ DE LA CONSCIENCE En approfondissant davantage l'analyse philosophique du rapport qui unit ces deux termes, on comprend immédiatement qu'il s'agit là et avant tout du rapport d'une profonde réciprocité.

On pourrait même dire, en un sens, que « conscience » et « réalité » apparaissent exactement comme les deux faces d'une même chose, suivant que l'on se place du côté du « sujet » ou de l'« objet » considéré. C'est là en fait une observation d'une portée philosophique assez considérable, puisque c'est précisément celle qui permet tout à la fois d'expliquer et de comprendre vraiment ce que veut dire notamment Aristote (385-322 av.

J.C.) lorsqu'il définit tout à la fois la vérité comme « l'adéquation de l'intelligence et de son objet », mais également la perception sensible comme « l'acte commun du sentant et du senti ».

On conçoit donc l'importance toute particulière de cette notion de réciprocité entre la conscience humaine et ce dont celle-ci prend conscience, puisque c'est à force de s'identifier en quelque sorte à ses propres objets que la conscience en tant que telle parvient finalement à conquérir sa propre identité en même temps que la certitude de sa « réalité ». DEGRES DE RÉALITÉ ET DEGRÉS DE CONSCIENCE Pour éviter tout malentendu dans ce qui précède, quelques précisions supplémentaires sur les deux notions cidessus ne seront peut-être pas inutiles, tant l'une comme l'autre font fréquemment l'objet de multiples confusions théoriques. Ainsi et pour ne prendre que l'exemple le plus simple, il doit être bien entendu que la réalité dont il s'agit ici ne se réduit pas à ce que le sens commun appelle le « réalisme », c'est-à-dire au fond l'aspect le plus extérieur en même temps que le plus superficiel de la réalité que les hommes peuvent percevoir.

De même, existe-t-il bien des « niveaux » de conscience correspondant à autant de degrés de connaissance, et c'est la raison pour laquelle, dans son sens le plus étendu, la conscience est fort loin de pouvoir se laisser ramener à la seule conscience « sensible ». Ce sont de telles confusions qui produisent parfois certaines difficultés dans la compréhension de la question dont il s'agit ici.

Mais c'est bien plutôt là une raison supplémentaire pour ne jamais se satisfaire de ce qu'on pourrait appeler l'« état » actuel de sa conscience dont la nature implique au contraire l'exigence intérieure d'un approfondissement permanent de la pensée, c'est-à-dire et en définitive la « conscience » que, ainsi que le disait Socrate (470-399 av. J.-C.) lui-même, «je sais que je ne sais rien ».. »

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