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Conscience et Durée ?

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Dans sa relation permanente avec le monde, on peut dire que le temps constitue l'un des « objets » essentiels sur lequel la conscience humaine exerce son activité et qu'elle doit s'efforcer d'assimiler. C'est aussi la raison pour laquelle Kant (1724-1804) définit le temps comme l'une des deux « » — la seconde étant l'espace — de toute expérience sensible, en quoi il faut entendre que le temps et l'espace « contiennent » en quelque sorte tout ce que notre conscience est susceptible d'atteindre d'une façon ou d'une autre par l'intermédiaire des sens.  

  • CONSCIENCE DE L'IRRÉVERSIBILITÉ DU TEMPS
  • CONSCIENCE ET MÉMOIRE
  • CONSCIENCE ET « SOUVENIR »

 

« Dans sa relation permanente avec le monde, on peut dire que le temps constitue l'un des « objets » essentiels sur lequel la conscience humaine exerce son activité et qu'elle doit s'efforcer d'assimiler.

C'est aussi la raison pour laquelle Kant (1724-1804) définit le temps comme l'une des deux « » — la seconde étant l'espace — de toute expérience sensible, en quoi il faut entendre que le temps et l'espace « contiennent » en quelque sorte tout ce que notre conscience est susceptible d'atteindre d'une façon ou d'une autre par l'intermédiaire des sens. CONSCIENCE DE L'IRRÉVERSIBILITÉ DU TEMPS Or, le temps lui-même se manifeste à la conscience sous l'aspect d'une « succession » qu'il lui faut perpétuellement « ordonner » afin de la percevoir de façon cohérente et intelligible.

Et c'est ce travail de la conscience qui « produit » en fait les conceptions du « passé » et de l'« avenir », avec celle du « présent » qui apparaît en quelque sorte comme le point intermédiaire entre les deux autres. Maintenant, il faut bien remarquer qu'une telle succession, qui constitue pour nous la durée temporelle, nous apparaît toujours et en quelque sorte « inéluctablement » dirigée « en avant », c'est-à-dire dans le sens de l'avenir, et c'est précisément ce caractère qui constitue l'« irréversibilité » propre du temps en lui-même.

Ceci explique par conséquent que la conscience ne puisse jamais avoir de prise directe sur le passé en tant que tel, et qu'elle ne puisse en conserver quelque chose qu'en recourant à ce que nous nommons la mémoire. CONSCIENCE ET MÉMOIRE Si la conscience ne peut plus agir directement sur le passé, il est évident que la même chose est vraie en ce qui concerne l'avenir, puisque celui-ci peut se définir en quelque sorte comme ce qui n'existe pas encore, de même que le passé est ce qui n'existe plus.

Certes, il est toujours possible à l'homme de « préparer » l'avenir dans une certaine mesure, mais il est bien facile de comprendre que ce dernier est fort loin de n'obéir qu'à la seule loi de la volonté humaine et qu'il sera toujours en définitive assez différent de ce que celle-ci avait « prévu ». Par contre, l'homme conserve toujours la possibilité de demeurer « rattaché » à son propre passé, bien qu'il ne puisse plus le modifier réellement en quoi que ce soit, et c'est en cela que consiste la fonction propre de la mémoire qu'on pourrait donc définir comme la conscience du passé en tant que passé.

Mais, ici encore, le phénomène est plus complexe qu'il n'y paraît et exige au moins quelques indications supplémentaires. CONSCIENCE ET « SOUVENIR » En effet, si le rapport entre la mémoire et la conscience du passé ne saurait évidemment être remis en cause, il n'en reste pas moins qu'en rappelant à elle les souvenirs contenus par la mémoire, la conscience les rappelle par là-même et en quelque sorte « à la vie » et par conséquent, dans une certaine mesure, au «présent» lui-même.

Autrement dit, nos « souvenirs » en tant que tels sont toujours « présents », mais seulement par rapport à notre conscience, alors même que les événements qu'ils reproduisent sont irrémédiablement « achevés » par rapport au véritable moment du temps où ils ont eu lieu.

D'un autre côté, il suffît que nous les comparions à nos perceptions présentes pour que notre conscience nous fasse connaître immédiatement et sans l'ombre d'un doute, que ces souvenirs n'appartiennent plus effectivement qu'à un passé à jamais révolu. SIGNIFICATION PHILOSOPHIQUE DE LA CONSCIENCE DU PASSÉ Il existe chez l'être humain une certaine tendance, pour ainsi dire naturelle, à « imaginer » l'avenir sur le modèle du passé, c'est-à-dire à le « constituer » à l'image de ces souvenirs que contient la mémoire.

Or, c'est précisément contre une telle tendance que Nietzsche ( 1844-1900) nous met en garde.

Pour celui-ci en effet, la mémoire doit en quelque sorte pouvoir ère « compensée » par une certaine faculté d'« oubli ».

faute de laquelle la conscience risque de se montrer incapable de « s'ouvrir» à ce qui doit encore venir, c'est-à-dire à l'« avenir » lui-même.

Et en effet, l'homme qui demeure « prisonnier » de la conscience de son passé, réduit considérablement la portée philosophique et historique de son avenir, puisque ce dernier ne peut plus apparaître autrement que comme la répétition indéfinie de la mémoire du passé, c'est-à-dire en fait d'un « présent illusoire ».. »

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