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Commentez et discutez cette formule de J.-P. Sartre : « Il n'y a pas, il ne saurait y avoir d'images dans la conscience, mais l'image est un certain type de conscience. L'image est un acte et non une chose. » ?

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INTRODUCTION. — Au siècle dernier, les images mentales jouaient un rôle capital en psychologie. Pour tous, elles expliquaient la plupart des souvenirs et l'activité automatique de l'esprit plus connue sous le nom d'association des idées. Pour les empiristes, toutes nos connaissances se réduisaient à des images et s'ils parlaient d'idées, ce mot était pris comme synonyme d'images, comme dans le terme classique d' « association des idées ». Bien plus, avec les phénoménistes qui, à la suite de HUME, rejettent toute substance, la réalité — celle de l'esprit comme celle des choses — se réduit à des images. C'est, la thèse formulée par TAINE en une comparaison célèbre : l'esprit « est un polypier d'images ». Images sans support, sans miroir qui les reflète, sans conscience qui les contienne. C'est une thèse diamétralement opposée quant aux termes, qu'à la fin d'un petit livre sur L'imagination, formule J.-P. SARTRE : il y a bien une conscience, mais elle ne contient pas d'images. « Il n'y a pas, il ne saurait y avoir d'images dans la conscience. Mais l'image est un certain type de conscience. L'image est un acte et non une chose. L'image est conscience de quelque chose. » (p. 162.) Notre tâche principale sera d'expliciter la position du célèbre philosophe existentialiste. Nous verrons ensuite si nous pouvons la retenir saris réserves. I. — COMMENTAIRE La thèse que nous avons à exposer est une réaction contre la conception commune et qui semble même de sens commun : c'est donc cette conception qu'il nous faut d'abord rappeler.

« Commentez et discutez cette formule de J.-P.

Sartre : « Il n'y a pas, il ne saurait y avoir d'images dans la conscience, mais l'image est un certain type de conscience.

L'image est un acte et non une chose.

» INTRODUCTION.

— Au siècle dernier, les images mentales jouaient un rôle capital en psychologie.

Pour tous, elles expliquaient la plupart des souvenirs et l'activité automatique de l'esprit plus connue sous le nom d'association des idées.

Pour les empiristes, toutes nos connaissances se réduisaient à des images et s'ils parlaient d'idées, ce mot était pris comme synonyme d'images, comme dans le terme classique d' « association des idées ».

Bien plus, avec les phénoménistes qui, à la suite de HUME, rejettent toute substance, la réalité — celle de l'esprit comme celle des choses — se réduit à des images.

C'est, la thèse formulée par TAINE en une comparaison célèbre : l'esprit « est un polypier d'images ».

Images sans support, sans miroir qui les reflète, sans conscience qui les contienne. C'est une thèse diamétralement opposée quant aux termes, qu'à la fin d'un petit livre sur L'imagination, formule J.-P. SARTRE : il y a bien une conscience, mais elle ne contient pas d'images.

« Il n'y a pas, il ne saurait y avoir d'images dans la conscience.

Mais l'image est un certain type de conscience.

L'image est un acte et non une chose.

L'image est conscience de quelque chose.

» (p.

162.) Notre tâche principale sera d'expliciter la position du célèbre philosophe existentialiste.

Nous verrons ensuite si nous pouvons la retenir saris réserves. I.

— COMMENTAIRE La thèse que nous avons à exposer est une réaction contre la conception commune et qui semble même de sens commun : c'est donc cette conception qu'il nous faut d'abord rappeler. La conception classique.

- On peut caractériser cette conception comme réaliste, au sens philosophique de cet adjectif qui désigne la tendance à admettre qu'a nos représentations mentales correspondent à des choses (res) ou même qu'elles sont des choses. D'abord réalisme de l'image mentale.

Nous la concevons tout naturellement par analogie avec les images peintes sur le papier, avec cette différence qu'elles sont de nature immatérielle.

Grâce à la vue, nous prenons des choses d'innombrables clichés qu'emmagasine la mémoire et auxquels nous revenons comme à un album photographique ou qui reviennent d'eux-mêmes à la conscience. "Les psychologues et les philosophes ont pour la plupart adopté ce point de vue.

C'est que c'est aussi celle du sens commun.

Quand je dis « j'ai une image » de Pierre, ils pensent que j'ai présentement un certain portrait de Pierre dans la conscience.

L'objet de ma conscience actuelle, ce serait précisément ce portrait, et Pierre, l'homme de chair et d'os, ne serait atteint que très indirectement, d'une façon u extrinsèque », du seul fait qu'il est celui que ce portrait représente." (J.-P.

SARRE, L'imaginaire, p.

15.) Il est plus difficile de se représenter la conservation et l'évocation des images tactiles, auditives ou olfactives.

Mais cette difficulté résulte dans une grande mesure de ce que, étant visuels, nous cherchons à nous donner des représentations visuelles de phénomènes appartenant à un autre ordre; une fois admises la conservation et la réviviscence des sensations visuelles, rien n'empêche de reconnaître les mêmes propriétés à toutes les sensations. Aussi, à l'époque où régnait le parallélisme psycho-physiologique se préoccupait-on des centres cérébraux dans lesquels devaient être emmagasinées les images laissées par les diverses espèces de sensation. Au réalisme de l'image, les spiritualistes, qui refusaient de réduire l'image à une impression cérébrale, ajoutaient le réalisme de la conscience.

Ce dernier mot est pris, en effet, dans diverses acceptions dont plusieurs sont inséparables de la conception réaliste. Quand nous parlons de « prendre conscience » ou d' « avoir conscience », il s'agit d'un acte de connaissance ou de perception.

Le Vocabulaire de LALANDE définit la conscience ainsi comprise : « l'intuition (...) que l'esprit a de ses états et de ses actes ».

Cette acception ne comporte aucun réalisme. Mais à côté de ce sens signalé en premier lieu (sens A), le même Vocabulaire en donne un autre (sens C) qui manifeste la tendance réaliste de l'esprit : « Ce que saisit la conscience au sens A : l'ensemble des faits psychologiques appartenant à un individu ».

C'est dans ce sens qu'on parle d' « examen de conscience », de « courant de la conscience ».

La conscience ainsi comprise est faite de choses, immatérielles sans doute, mais ne se réduisant pas à des actes; parmi elles, ces images dont nous parlions plus haut et qui, des archives où elles sont mystérieusement entreposées, reviennent dans le présent pour y prendre une nouvelle vie. Enfin, il est.

une autre acception dont ne parle pas le Vocabulaire bien qu'elle soit usuelle, non seulement dans le langage courant, mais encore chez les psychologues.

La conscience est comparée à une scène avec ses différents plans qui permettent de distinguer les différents degrés de la conscience : l'objet de notre attention occupe l'avantscène, et, lorsqu'une distraction la chasse, il se retire dans le fond ou même dans les coulisses.

On la compare encore à la salle d'audience avec son antichambre.

On parle aussi du « champ de la conscience » comme d'une sorte de champ de manoeuvres spirituel, de sa largeur ou de son étroitesse.

On va même jusqu'à parler des « contenus de conscience », faisant de celle-ci un contenant.

Les expressions de ce genre nous exposent au réalisme le plus grossier. C'est contre ce réalisme qu'a violemment réagi HUSSERL, de qui J.-P.

SARTRE tient sa conception fondamentale de la conscience et de l'image. La conception de Husserl et de J.-P.

Sartre.

— L'image n'étant qu'un fait de conscience parmi d'autres, nous commencerons par préciser la doctrine de nos auteurs en ce qui concerne la nature de la conscience.

La nature de. »

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