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Commentaire Merleau-Ponty: L'homme est-il un être libre ou une simple chose ? esprit absolu ou conscience nue ?

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Dans ce texte argumentatif, Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) nous donne son approche de la liberté, il présente cette liberté à partir des contraintes qui s'exercent sur le sujet, entre déterminisme et choix d'absolu. Ainsi, il met en lumière les différents aspects, les caractéristiques de la liberté. De ce fait, nous posons la problématique suivante : L'homme est-il un être libre ou une simple chose ? esprit absolu ou conscience nue ? Nous tenterons d'y répondre en suivant les trois axes du texte, la prmeière étape présente les prémices de la liberté dans la naissance et l'appartenance au monde, puis nous verrons que par le biais de son exemple du prisonnier l'auteur illustre l'application de sa thèse, et enfin il conclut sur le lien entre liberté et conscience.

« « La piété ce n'est pas se montrer à tout instant couvert d'un voile et tourné vers une pierre, et s'approcher de tous les autels ; ce n'est pas se pencher jusqu'à terre en se prosternant, et tenir la paume de ses mains ouvertes en face des sanctuaires divins ; ce n'est point inonder les autels du sang des animaux, ou lier sans cesse des voeux à d'autres voeux ; mais c'est plutôt pouvoir tout regarder d'un esprit que rien ne trouble.

Car lorsque, levant la tête, nous contemplons les espaces célestes de vaste monde, et les étoiles scintillantes fixées sur les hauteurs de l'éther, et que notre pensée se porte sur les cours du soleil et de la lune, alors une angoisse, jusque-là étouffée en notre coeur sous d'autres maux, s'éveille et commence à relever la tête : n'y aurait-il pas en face de nous des dieux dont la puissance infinie entraîne d'un mouvement varié les astres à la blanche lumière ? Livré au doute par l'ignorance des causes, l'esprit se demande s'il y a eu vraiment un commencement, une naissance du monde, s'il doit y avoir une fin, et jusqu'à quand les remparts du monde pourront supporter la fatigue de ce mouvement inquiet ; ou bien si, doués par les dieux d'une existence éternelle, ils pourront prolonger leur course dans l'infini du temps et braver les forces puissantes de l'éternité » Lucrèce La religion a pour but de répondre à des questions fondamentales que se pose l'Homme : y atil une vie après la mort ? Pourquoi j'existe ? Il est invoqué alors l'existence d'un ou de dieux qui seraient la cause de la vie et de l'univers.

Celui qui croit en une religion exerce un culte, composé de codes, pratiques et évènements marquant ainsi de repères la vie du fidèle, qu'on appelle les rites. Pour Lucrèce être pieux c'est « pouvoir tout regarder d'un esprit que rien ne trouble ».

Quel est le but réel de la religion ? Nous verrons ainsi que l'exercice du culte est moins important que la foi dans l'existence des dieux pour répondre aux questions existentielles posées par la religion. Beaucoup de fidèles font du respect des rites et du dogme la question essentielle de la « piété ».

Il est alors important de respecter des principes culturels comme être « couvert d'un voile », tourné vers une pierre » ou encore « s'approcher de tous les autels ».

Ce sont des pratiques subjectives, liées à des coutumes et des traditions et il serait faux de croire qu'elles sont primordiales.

Selon Lucrèce il n'est pas nécessaire de « se pencher jusqu'à terre en se prosternant », de « tenir la paume de ses mains ouvertes en face des sanctuaires divins » ou de « lier sans cesse des voeux à d'autres voeux » pour être un bon croyant, pieux, respectueux de ses dieux.

Lucrèce critique donc l'aspect formel et culturel de la religion comme « inonder les autels du sang des animaux » qui n'est pas son vrai sens, son but réel.

D'après lui la « piété » permet à l'esprit de la clairvoyance et de la certitude dans la vision qu'il a de l'univers, de la cause de son existence à son fonctionnement. Elle lui permet de lui enlever l'« angoisse » qu'il ressent légitimement « lorsque, levant la tête, [il contemple] les espaces célestes de ce vaste monde ».

Être pieux c'est donc ne pas être troublé par des choses qui nous dépassent comme l'existence des dieux.

En effet l'Homme n'arrive pas à expliquer la présence d' « étoiles scintillantes fixées sur les hauteur de l'éther », par exemple.

Et c'est en cela que sert la religion et que ne parviennent pas les sciences expérimentales.

L'existence de « dieux dont la puissance infinie entraîne d'un mouvement varié les astres à la blanche lumière » explique cette réalité que perçoit l'Homme.

Face aux interrogations de la pensée qui « se demande s'il y a eu vraiment un commencement, une naissance du monde, s'il doit y avoir une fin, et jusqu'à quand les remparts du monde pourront supporter la fatigue de ce mouvement inquiet » seule la religion qui induit l'existence de dieux peut y répondre.

Il est vrai que l'esprit est « livré au doute par l'ignorance des causes », c'est-à-dire qu'il ne sait répondre au pourquoi de toutes ces choses. Pourquoi vivons-nous ? Pourquoi l'univers a-t-il été créé ? Ce doute crée une angoisse, un mal être que la religion peut effacer en élucidant toutes ces questions par la conceptualisation des dieux, qui détiennent l'éternité mais aussi l'omniscience, l'omniprésence et l'omnipotence (ils sont dotés de larges pouvoirs).

Ils expliquent alors la « cause » permettant à l'être d'oublier ses angoisses à propos de ces choses qui le dépassent.

Être pieux c'est donc avoir la certitude et non être en proie au doute à propos de l'existence de ces dieux.

Il s'agit d'une conception très singulière de la piété, très intérieure, finalement très philosophique.

La fin du monde est également créatrice d'angoisse chez l'Homme, « jusqu'à quand les remparts du monde pourront supporter la fatigue de ce mouvement inquiet », et l'existence éternelle de ces dieux permet de la calmer.

Donc celui qui est pieux croit avec certitude que les astres à la blanche lumière » « pourront prolonger leur course dans l'infini du temps et braver les forces puissantes de l'éternité ».

Il n'est pas troublé lorsque « il lève la tête » et contemple l'immensité qui s'ouvre à lui.

Il sait que ce sont des dieux éternels qui ont voulu son existence presque éphémère et qu'il n'a pas à craindre des « cours du soleil et de la lune » car il peut en expliquer la cause.

Il se sent protégé et même puissant parce qu'à ses doutes on répond par des explications claires.

D'après Lucrèce ce qui importe dans la religion ce n'est pas l'exercice du culte en lui-même qui est un aspect culturel de la religion mais c'est plutôt la certitude, la solidité de la foi du croyant en l'existence des dieux qui importe. La religion permet à l'Homme, être faible, vulnérable et minuscule dans un univers puissant et immense dont il n'a pas conscience de la fin, à la fois spatiale et temporelle de pouvoir limiter la souffrance qu'il ressent quand il en prend conscience.

Lucrèce l'a bien compris et c'est pourquoi il défend l'idée que ce qui importe au fond dans la religion c'est l'explication qu'elle donne à propos de la naissance et de la fin du monde ou encore de la vie après la mort.

Enfin, Lucrèce dénigre les considérations culturelles faisant partie de la religion, ce qu'on appelle les rites.

Cependant ne sontils pas importants pour unifier les fidèles appartenant à une même religion ? L'aspect temporel et donc extérieur de la religion n'est-il pas plus utile selon certains aspects que sa forme spirituelle ? Par ailleurs, certaines religions ne font-elles pas du combat entre le Bien et le Mal l'essence de leur origine ?. »

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