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Commentaire de texte : L'origine de la philosophie (Aristote)

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« C'est, en effet, l'étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux spéculations1 philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l'esprit; puis, s'avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des étoiles, enfin la genèse2 de l'Univers. Or, apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance. Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l'ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c'est qu'évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s'est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre. » Aristote, Métaphysique, trad. J. Tricot, Vrin.

1 Recherche purement théorique, réflexion purement intellectuelle ne se fondant pas directement sur l'expérience. 2 Processus de développement de quelque chose ; ensemble des faits qui ont concouru à la formation, la création de quelque chose.  

Questions

1) Dégagez l'idée essentielle de ce texte et faites apparaître les différentes étapes de l'argumentation. 2) En quoi consiste l'étonnement dont parle ici Aristote ? 3) Expliquez la phrase suivante : « ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. ».

 1° partie - L'origine de la philosophie - (Du début à « ...spéculations philosophiques ») Dans cette première partie du texte Aristote affirme l'un des éléments essentiels de sa thèse, le rôle de l'étonnement dans la naissance de l'esprit philosophique. Cela est affirmé catégoriquement comme une vérité ne faisant aucun doute. Aristote insiste d'ailleurs sur la permanence de cet étonnement puisqu'il parle des « premiers penseurs » qu'il compare à ceux de son époque « comme aujourd'hui ». Il affirme donc la nécessité de s'étonner pour philosopher.

« Demande d'échange de corrigé de fert baptiste ([email protected]). Sujet déposé : Commentaire de texte : L'origine de la philosophie (Aristote) « C'est, en effet, l'étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux spéculations1 philosophiques.

Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l'esprit; puis, s'avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des étoiles, enfin la genèse2 de l'Univers.

Or, apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance.

Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l'ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c'est qu'évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire.

Et ce qui s'est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre.

» Aristote, Métaphysique, trad.

J.

Tricot, Vrin. 1 Recherche purement théorique, réflexion purement intellectuelle ne se fondant pas directement sur l'expérience. 2 Processus de développement de quelque chose ; ensemble des faits qui ont concouru à la formation, la création de quelque chose. Questions 1) Dégagez l'idée essentielle de ce texte et faites apparaître les différentes étapes de l'argumentation. 2) En quoi consiste l'étonnement dont parle ici Aristote ? 3) Expliquez la phrase suivante : « ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire.

». Idée essentielle du texte Ce texte qui traite des origines de la philosophie affirme que cette dernière est née de l'étonnement de certains hommes face à un monde qu'ils ne comprenaient pas.

C'est pourquoi l'étonnement dont il est ici question n'est pas l'étonnement ordinaire de celui qui est surpris par un objet inhabituel, bien au contraire l'étonnement philosophique concerne les choses de la nature, celles que nous voyons quotidiennement.

Le philosophe est celui qui se demande pourquoi ces choses sont ainsi et qui veut percer les secrets de l'univers.

En s'étonnant ainsi le philosophe prend conscience de son ignorance et veut s'en libérer, sa curiosité s'éveille face à un monde qui lui semble merveilleux et dont il veut percer les secrets.

C'est pourquoi Aristote s'oppose ici implicitement à ceux qui reprochent à la philosophie de ne servir à rien, non pas qu'il considère qu'ils ont tort d'affirmer qu'elle est inutile, mais là où ils se trompent c'est lorsqu'ils considèrent cette inutilité comme un défaut pouvant faire l'objet d'un reproche.

La fin que poursuit la philosophie n'est pas utilitaire, elle n'a pas à servir autre chose qu'elle-même, à satisfaire un quelconque besoin lié au corps, la philosophie n'a d'autre fin qu'elle-même, son but ultime est de satisfaire gratuitement la curiosité du philosophe qui veut sortir de l'état d'ignorance qui est initialement le sien.

C'est pourquoi la philosophie est une discipline d'homme libre, seul celui qui est en mesure de s'affranchir des nécessités de la vie quotidienne est disposé à philosopher. Les étapes de l'argumentation 1° partie - L'origine de la philosophie - (Du début à « ...spéculations philosophiques ») Dans cette première partie du texte Aristote affirme l'un des éléments essentiels de sa thèse, le rôle de l'étonnement dans la naissance de l'esprit philosophique.

Cela est affirmé catégoriquement comme une vérité ne faisant aucun doute.

Aristote insiste d'ailleurs sur la permanence de cet étonnement puisqu'il parle des « premiers penseurs » qu'il compare à ceux de son époque « comme aujourd'hui ».

Il affirme donc la nécessité de s'étonner pour philosopher. 2° partie - Évolution de l'interrogation philosophique - (De « Au début...

» à « sa propre ignorance ») Rapidement Aristote retrace ensuite le parcours de ces premiers penseurs dans la recherche de la connaissance, des choses les plus ordinaires vers les plus complexes, il insiste sur le fait que ces penseurs ne se satisfont pas de l'apparence des choses mais cherchent à comprendre pourquoi elles sont ainsi.

C'est en ce sens qu'il faut comprendre ici la notion d'étonnement ; ne pas simplement admettre l'existence des choses, mais s'interroger sur leur raison d'être, c'est s'étonner qu'il y ait quelque chose plutôt que rien et ainsi prendre conscience que l'on ne sait rien sur le monde.

« Or, apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance.

» 3° partie : Nature du savoir philosophique (De « Ainsi donc...

» à la fin du texte) En conséquence l'origine du savoir philosophique en détermine la nature, puisque c'est uniquement pour remédier à leur ignorance que les premiers penseurs ont commencé à philosopher, ce ne pouvait pas être pour résoudre tel ou tel problème pratique « pour une fin utilitaire », mais simplement pour satisfaire leur curiosité.

Cela est d'ailleurs confirmé par la réalité selon Aristote puisque « presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre.

».

Autrement dit les hommes ont d'abord commencé par mettre en oeuvre leur intelligence et leur ingéniosité pour résoudre tous les problèmes pratiques qu'ils ont rencontré dans la nature afin de satisfaire les besoins vitaux du corps, mais pour certains hommes cela ne suffit pas, l'esprit ressent aussi un besoin de savoir et de comprendre dont la satisfaction procure un plaisir (« agrément ») sans pareil.

Ainsi il est absurde de reprocher à la philosophie d'être inutile, tout. »

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