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Commentaire de la première partie du chapitre 13 des Politiques d'Aristote.

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L'ouvrage Les Politiques présente les difficultés propres à la science politique et donne les premiers éléments de ce qu'est une philosophie politique. Il traite de la nature, de la cité, des constitutions, du citoyen et de l'éducation.  Dans le chapitre 13 du Livre III des Politiques, Aristote soulève la question des prétentions légitimes à l'exercice du pouvoir. Il entend prouver que seules l'excellence et la capacité politique donnent droit au pouvoir.  S'il ne s'agit pas pour Aristote de conclure quelle constitution choisir puisqu'il ne dégage pas dans ses travaux l'idée d'une constitution idéale, il établit dans le chapitre suivant un ordre parmi les constitutions « déviées » pour savoir laquelle est la moins mauvaise, après avoir montré sa considération pour les sociétés aristocratiques, qui donnent le pouvoir aux meilleurs. Le terme constitution doit être compris dans le texte comme une ½uvre humaine et politique plutôt qu'un document juridique. Une constitution déviée (ou déviante) est celle qui ne vise que l'intérêt des gouvernants.  En revanche les conclusions qu'il porte sur cette première partie du chapitre l'amènent à critiquer l'ostracisme pratiqué envers les groupes distingués par leur excellence et qui seuls ont une légitimité pour exercer le pouvoir selon lui.  On trouve dans le texte, sujet du commentaire, les trois éléments axes de sa réflexion que sont l'Un, le "petit nombre" (les meilleurs [aristoi]) et le "grand nombre" (la plupart [oi polloi]).    Les prétentions à l'exercice du pouvoir par la richesse, la naissance ou encore le nombre sont-elles justifiées ?    Dans un premier temps, Aristote expose l'apparente logique défendue par chacun des groupes ayant vocation à l'exercice du pouvoir. Puis, il démontre que les qualités invoquées par chacun d'eux peuvent parfois mieux être exprimées par d'autres, d'où le caractère incorrect de leur revendication. Enfin, après avoir résolu le problème des cibles de la loi (il faut légiférer en vue de l'avantage de tous les citoyens), il montre qu'un petit groupe d'excellence et de capacité politique sensiblement supérieure ne peut être considéré comme égal au commun des citoyens, étant lui-même assimilable à une loi.   

« Demande d'échange de corrigé de LERAT Julien ([email protected]). \Sujet déposé : Commentaire de la première partie du chapitre 13 des politiques d'Aristote. L'ouvrage Les Politiques présente les difficultés propres à la science politique et donne les premiers éléments de ce qu'est une philosophie politique.

Il traite de la nature, de la cité, des constitutions, du citoyen et de l'éducation. Dans le chapitre 13 du Livre III des Politiques, Aristote soulève la question des prétentions légitimes à l'exercice du pouvoir.

Il entend prouver que seules l'excellence et la capacité politique donnent droit au pouvoir. S'il ne s'agit pas pour Aristote de conclure quelle constitution choisir puisqu'il ne dégage pas dans ses travaux l'idée d'une constitution idéale, il établit dans le chapitre suivant un ordre parmi les constitutions « déviées » pour savoir laquelle est la moins mauvaise, après avoir montré sa considération pour les sociétés aristocratiques, qui donnent le pouvoir aux meilleurs.

Le terme constitution doit être compris dans le texte comme une ½uvre humaine et politique plutôt qu'un document juridique.

Une constitution déviée (ou déviante) est celle qui ne vise que l'intérêt des gouvernants. En revanche les conclusions qu'il porte sur cette première partie du chapitre l'amènent à critiquer l'ostracisme pratiqué envers les groupes distingués par leur excellence et qui seuls ont une légitimité pour exercer le pouvoir selon lui. On trouve dans le texte, sujet du commentaire, les trois éléments axes de sa réflexion que sont l'Un, le "petit nombre" (les meilleurs [aristoi]) et le "grand nombre" (la plupart [oi polloi]). Les prétentions à l'exercice du pouvoir par la richesse, la naissance ou encore le nombre sont-elles justifiées ? Dans un premier temps, Aristote expose l'apparente logique défendue par chacun des groupes ayant vocation à l'exercice du pouvoir.

Puis, il démontre que les qualités invoquées par chacun d'eux peuvent parfois mieux être exprimées par d'autres, d'où le caractère incorrect de leur revendication.

Enfin, après avoir résolu le problème des cibles de la loi (il faut légiférer en vue de l'avantage de tous les citoyens), il montre qu'un petit groupe d'excellence et de capacité politique sensiblement supérieure ne peut être considéré comme égal au commun des citoyens, étant lui-même assimilable à une loi. Tout d'abord, Aristote reprend la conclusion qu'il a pu faire dans le chapitre précédent.

On peut observer que trois groupes revendiquent couramment le pouvoir : les riches, les libres ou bien nés et la majorité, la masse. Aristote montre les arguments logiques de chacun seulement après avoir relevé l'absurdité de donner ou refuser l'égalité en tout ; il convient effectivement pour lui de considérer chaque domaine séparément.

C'est pourquoi un groupe sera meilleur qu'un autre sur un premier domaine et moins bon sur un second, sans que l'on puisse conclure qu'ils soient égaux globalement par l'application d'un moyenne. Pour commencer, les citoyens riches possèdent le territoire dans sa plus grande partie ce qui leur donnerait droit à légiférer sur ce qui s'y passe, puisque qu'en l'espèce, le territoire est commun.

De plus, leur assise financière « inspire confiance dans les contrats », ce qui leur permet d'être plus facilement respectés.

Être riche et vu ici également comme une preuve d'intelligence, signe que l'on réussit brillamment dans les affaires.

C'est alors qu'ils seraient des interlocuteurs de poids pour parler au nom de la cité.

Choisir les riches pour la magistrature limiterait les risques d'avoir affaire à des escrocs ou des individus qui chercheraient à s'enrichir en étant au pouvoir. Ensuite, la naissance est un critère sérieux également car le lignage confère plus d'honneur et plus de citoyenneté pour Aristote et ses contemporains.

De plus, la noblesse est caractérisée par des gens meilleurs qui engendrent des gens meilleurs.

Par essence, être bien né donne des qualités supérieures au citoyen ordinaire.

Cette qualité impressionne et pourvoit le noble d'une autorité quasi naturelle. Enfin le nombre est un argument justifiable si l'on prend en compte la globalité du groupe majoritaire.

Le nombre sous-entend la force.

Il est aussi concevable que le groupe majoritaire soit globalement plus riche et meilleur que la minorité en raison de son effectif important. Aristote conditionne toutefois la parfaite légitimité des revendications de chaque entité par l'éducation et la vertu nécessaires au bon exercice du pouvoir.

La vertu peut alors à elle seule formuler sa revendication au pouvoir d'autant que son exercice comprend celui de la justice et que cette dernière est une vertu-socle : « vertu communautaire à la suite de laquelle viennent nécessairement toutes autres vertus ».

Les prétentions au pouvoir dont il est ici question sont des prétentions à l'exercice de la justice qui est la première des vertus. Transversalement aux trois entités distinguées par la richesse, la naissance ou le nombre, il y a donc cette quatrième entité des gens de vertu qu'Aristote appelle des gens de bien.. »

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