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Comment définir la conscience ?

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Le dictionnaire Lalande donne plusieurs définitions. Il signale d'abord qu'il s'agit d'une « intuition plus ou moins complète, plus ou moins claire, que l'esprit a de ses états et de ses actes ». Mais ce premier sens reste approximatif. Car savons-nous si l'esprit humain a conscience de tout ce qui la constitue ? Le philosophe Hamilton pense qu'on ne peut pas définir la conscience. Nous en avons une connaissance singulière, mais incommunicable. Baldwin ajoute cette image : « Ce que nous sommes de moins en moins quand nous tombons graduellement dans un sommeil sans rêves... ce que nous sommes de plus en plus, quand le bruit nous éveille peu à peu... C'est là ce qu'on appelle conscience. ». Cette intuition a le nom de conscience spontanée.  En revanche, quand la conscience oppose ce qui connaît et ce qui est connu et qu'on établit donc un objet de connaissance, nous parlons de conscience réfléchie. Cette distinction pratique est encore affirmée quand on utilise les termes de conscience objective et de conscience subjective. Mais, en général, la conscience signifie la pensée elle-même, avant même qu'on ne sépare le connaissant du connu. Cette pensée se présente comme une certitude, comme quelque chose de positif.  Toutes les opérations de la conscience composent un ensemble. En effet, celui qui prend conscience saisit des faits qui le concernent lui ou un groupe particulier. Ainsi l'usage courant utilise-t-il l'expression de « Conscience de classe », ou encore nous comprenons bien le sens du terme quand nous disons : « la conscience de l'enfant».  Donc ce terme, avec ses facettes particulières, exprime deux idées profondes. La conscience comprend une idée de réalité et en même temps de certitude.

« Le dictionnaire Lalande donne plusieurs définitions.

Il signale d'abord qu'il s'agit d'une « intuition plus ou moins complète, plus ou moins claire, que l'esprit a de ses états et de ses actes ».

Mais ce premier sens reste approximatif.

Car savons-nous si l'esprit humain a conscience de tout ce qui la constitue ? Le philosophe Hamilton pense qu'on ne peut pas définir la conscience.

Nous en avons une connaissance singulière, mais incommunicable. Baldwin ajoute cette image : « Ce que nous sommes de moins en moins quand nous tombons graduellement dans un sommeil sans rêves...

ce que nous sommes de plus en plus, quand le bruit nous éveille peu à peu...

C'est là ce qu'on appelle conscience.

».

Cette intuition a le nom de conscience spontanée. En revanche, quand la conscience oppose ce qui connaît et ce qui est connu et qu'on établit donc un objet de connaissance, nous parlons de conscience réfléchie.

Cette distinction pratique est encore affirmée quand on utilise les termes de conscience objective et de conscience subjective.

Mais, en général, la conscience signifie la pensée elle-même, avant même qu'on ne sépare le connaissant du connu.

Cette pensée se présente comme une certitude, comme quelque chose de positif. Toutes les opérations de la conscience composent un ensemble.

En effet, celui qui prend conscience saisit des faits qui le concernent lui ou un groupe particulier.

Ainsi l'usage courant utilise-t-il l'expression de « Conscience de classe », ou encore nous comprenons bien le sens du terme quand nous disons : « la conscience de l'enfant». Donc ce terme, avec ses facettes particulières, exprime deux idées profondes.

La conscience comprend une idée de réalité et en même temps de certitude. La réalité et la certitude de la conscience Descartes, au XVIIe siècle, est l'exemple particulier du philosophe préoccupé de fonder l'existence de la conscience. En une époque agitée par les querelles religieuses et scientifiques, il part de cette évidence de lui-même : « Il fallait nécessairement que moi qui le pensais fusse quelque chose et remarquant que cette vérité : je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques ne pouvaient l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupules pour le premier principe de la philosophie que je cherchais.

» Me voilà donc reconnu comme substance pensante.

Et cette conscience, que j'acquiers, m'autorise à juger. La conscience morale J.

Lachelier note que « le propre de la conscience est d'approuver ou blâmer, la joie ou la douleur ne venant qu'après le jugement moral ».

L'usage populaire a gardé l'image de la voix de la conscience.

Elle attire la mémoire parce qu'elle situe le caractère immédiat de la conscience.

Hier la théologie ou l'inspiration artistique se plaisaient à cette évocation.

En réalité, la conscience morale est une propriété de l'esprit humain.

Il juge et apprécie des actes déterminés.

Et selon le jugement exprimé, la conscience s'éprouve heureuse, claire, douteuse. J.-J.

Rousseau a réussi dans la Profession de foi du vicaire savoyard à exprimer ce que ce mot signifiait pour lui.

Il se refuse à une haute philosophie, comme Descartes se sépare de ce qu'il appelle l'École.

« Je trouve...

au fond de mon cœur écrites par la nature en caractères ineffaçables » des règles.

Et selon le sentiment qu'il éprouve, il s'approuve ou se condamne.

« Le meilleur de tous les casuistes est la conscience...

La conscience est la voix de l'âme, les passions sont la voix du corps...

La conscience ne trompe jamais; elle est le vrai guide de l'homme.

» Rousseau se détache de toutes les spéculations.

Il propose de rentrer au dedans de nous pour y sonder notre propre cœur.

Il cherche à établir que la vertu, que les douceurs de l'amitié de l'humanité, que les transports d'admiration constituent la conscience morale, qu'elle est donc innée.

L'homme est un être moral ; sa propre conscience le démontre. L'explication de Sartre Sartre a connu les philosophies allemandes et il y est sensible.

Mais il inaugure sa recherche à la façon cartésienne. Il interroge l'existence.

Les choses sont « en soi » et non « pour soi ».

Moi, évidemment, je sais que les choses existent, et sous cet angle, je peux affirmer que les choses et moi sont « pour moi ».

Ce sentiment d'existence fait exister l'univers.

Mais je suis une exception, une existence humaine radicalement différente de l'existence de l'objet. D'où la formule décisive de J.-P.

Sartre: « L'existence précède l'essence.

» Cette position n'est qu'à peine théorique, puisque le philosophe pense que la vie débouche sur la liberté.

Tout individu se trouve en situation de quelque chose et certaines situations déterminent la conduite.

Mais de toutes les façons, l'homme vise à dépasser les moments précis où il se trouve.

C'est alors que Sartre parlera de la transcendance de la liberté.

Et c'est dans cette conscience que se perçoit l'être et le néant.

« La liberté c'est précisément le néant qui a été au cœur de l'homme et qui contraint la réalité humaine à se faire au lieu d'être.

La liberté est l'être de l'homme, c'est-à-dire son néant d'être.

» Le pouvoir de la conscience s'exerce en ces chemins de la liberté.. »

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