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Comment comprendre la recherche de la vérité ?

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La philosophie se définit traditionnellement comme recherche de la vérité. Or lorsqu'on recherche une chose, on peut le faire pour deux raisons : soit parce qu'on la désire comme un moyen, soit parce qu'on la désire comme une fin. La vérité est-elle recherchée comme un moyen destiné à permettre autre chose qu'elle ou bien est-elle recherchée pour elle-même ? Si la vérité est recherchée pour elle-même, alors l'enjeu de sa quête est uniquement théorique, c'est à dire qu'il se réduit à un désir de connaissance ; tandis que si la vérité est recherchée comme un moyen, sa quête est gouvernée par un jeu pratique, c'est à dire qui concerne les fins de l'action. Or étymologiquement « philo-sophia » signifie désir pou amour de la sagesse ; la sagesse désignant l'art de bien conduire sa vie. Ainsi si la vérité est recherchée comme un moyen au service de l'action, c'est peut-être qu'elle est recherchée au profit de la sagesse, c'est à dire du bien-vivre. Notre problème réside donc dans la finalité de la recherche de la vérité : est-elle intérieure à cette recherche ou bien lui est-elle extérieure ? Autrement dit, la vérité est-elle un but suffisant en soi pour pouvoir être recherchée pour elle-même ou bien ne constitue-t-elle qu'un moyen destiné à une fin qui la dépasse ?

« Introduction : La philosophie se définit traditionnellement comme recherche de la vérité.

Or lorsqu'on recherche une chose, on peut le faire pour deux raisons : soit parce qu'on la désire comme un moyen, soit parce qu'on la désire comme une fin.

La vérité est-elle recherchée comme un moyen destiné à permettre autre chose qu'elle ou bien est-elle recherchée pour elle-même ? Si la vérité est recherchée pour elle-même, alors l'enjeu de sa quête est uniquement théorique, c'est à dire qu'il se réduit à un désir de connaissance ; tandis que si la vérité est recherchée comme un moyen, sa quête est gouvernée par un jeu pratique, c'est à dire qui concerne les fins de l'action.

Or étymologiquement « philo-sophia » signifie désir pou amour de la sagesse ; la sagesse désignant l'art de bien conduire sa vie.

Ainsi si la vérité est recherchée comme un moyen au service de l'action, c'est peut-être qu'elle est recherchée au profit de la sagesse, c'est à dire du bien-vivre.

Notre problème réside donc dans la finalité de la recherche de la vérité : est-elle intérieure à cette recherche ou bien lui est-elle extérieure ? Autrement dit, la vérité est-elle un but suffisant en soi pour pouvoir être recherchée pour ellemême ou bien ne constitue-t-elle qu'un moyen destiné à une fin qui la dépasse ? I La recherche de la vérité se comprend par elle-même _ La vérité est un produit de la raison.

Or le désir de connaître est un désir de la raison.

Comme l'explique Aristote au livre alpha de sa Métaphysique « tous les hommes ont par nature le désir de connaître ». En effet le désir de connaître trouve son origine dans la raison qui constitue la part spécifiquement humaine en l'homme.

Puisque la nature humaine réside spécifiquement dans la raison, la recherche de la vérité est l'objectif que se donne spontanément la raison emportée par son désir de connaître.

La raison en rencontrant des difficultés, est saisie d'étonnement et l'étonnement s'accompagne nécessairement de la recherche de la vérité : dans le même ouvrage dans le chapitre II du livre alpha « apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance ».

Ainsi, la recherche de la vérité a une base anthropologique dans la raison, qui, initialement provoquée par l'étonnement, est spontanément emportée par le désir d'atteindre la vérité. _ Or, comme la vérité désigne la totalité des choses existantes, sa recherche semble être infinie et parfois même ridicule comme le montre le roman de Flaubert Bouvard et Pécuchet où les deux héros explorent tour à tour tous les domaines du savoir humain.

Et cette exploration consiste à la découverte de contradictions qui discrédite un à un ces domaines Si la recherche de la vérité semble vaine lorsque elle est comprise comme une érudition encyclopédique, c'est probablement parce qu'elle ne concerne que la mémoire limitée en étendue et incapable de trouver une certitude ferme.

Ainsi la première partie du Discours de la méthode, narre comment le jeune Descartes fut successivement déçu par sa formation auprès de jésuites du collège de la flèche qui n'enseignait qu'un savoir encyclopédique incertain, puis par ses voyages dans différents pays.

A l'issue de ses tentatives, il se persuada de ne plus chercher la vérité qu'en lui-même.

La recherche de la vérité ne peut en effet se faire par la mémoire qui emmagasine trop de préjugés et qui est tournée vers les choses quand la vérité ne se découvre que par l'esprit.

Il s'agit donc de revenir contre les préjugés des doctes au bon sens « la chose qui est la mieux partagée », la raison elle-même dénuée de savoir pour partir à la recherche de la vérité après avoir suspendu la croyance dans toute affirmation _.

Or si chaque homme a la raison en partage, certains conduisent mieux leur raison que d'autres : le bon sens, s'il est nécessaire n'est pas suffisant pour partir à la recherche de la vérité.

Aussi doit-il être guidé par une méthode.

La méthode est l'ordre que la pensée doit suivre pour parvenir à la vérité ; son utilité pour parvenir à la vérité se manifeste dans l'exemple de la recherche du trésor dans les Règles pour la direction de l'esprit : si vous voulez chercher un trésor dans une ville, mais vous ne savez pas exactement où il se trouve, il vaut mieux découper l'espace sur un plan et fouiller les uns après les autres ces portions plutôt que de creuser à la hâte un peu n'importe où.

La méthode ne garantit pas que le trésor sera nécessairement trouvé, mais elle permet de mettre toutes les chances de son côté.

Par conséquent, le désir spontané de connaître ne peut être laissé à lui-même sans qu'il s'abandonne à un amoncellement confus de connaissances contradictoires et dépourvues de certitude.

Ainsi la méthode est destinée à guider le bon sens pour le pousser à la recherche de la vérité.

On voit ici que la vérité est désirée pour elle-même, dans un but absolument théorique, pour satisfaire le désir de connaître qui anime la raison.

Si la raison se met spontanément à la recherche de la vérité, on peut affirmer que cette recherche est l'attitude spontanée de la raison. Cependant si la recherche de la vérité est un désir naturel de la raison, elle ne se suffit pas nécessairement à elle-même.

En effet dans la sixième partie du même livre, Descartes critique la connaissance spéculative qui n'a d'autre fin qu'elle-même au profit de connaissances utiles à la vie permettant aux hommes d'être « comme maîtres et possesseurs de la nature » et de conserver le premier des biens de la vie, la santé.

Or si la recherche de la vérité est orientée vers autre chose qu'elle-même, ne perd t-elle pas toute validité ? II La recherche de la vérité est subordonnée à la sagesse _ La recherche de la vérité pour elle-même fait le bonheur du savant qui ne s'occupe que de théorie, et pas de l'art de vivre.

Mais le sage lui s'occupe avant tout de l'art de vivre.

Aussi la recherche de la vérité est présidée. »

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