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Bergson: Qu'est-ce qui distingue l'homme de l'animal ?

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L'homme est le seul animal dont l'action soit mal assurée, qu hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l'espoir d réussir et la crainte d'échouer. C'est le seul qui se sente sujet à la maladie, et le seul aussi qui sache qu'il doit mourir. L reste de la nature s'épanouit dans une tranquillité parfaite Plantes et animaux ont beau être livrés à tous les hasards, i ne s'en reposent pas moins sur l'instant qui passe comme i le feraient sur l'éternité. De cette inaltérable confiance nous aspirons à nous quelque chose dans une promenade à la campagne, d'où nous revenons apaisés. Mais ce n'est pas assez dire. De tous les êtres vivant en société, l'homme est seul qui puisse dévier de la ligne sociale, en cédant à d préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause partout ailleurs, l'intérêt individuel est inévitablement coordonné ou subordonné à l'intérêt général. Cette double imperfection est la rançon de l'intelligence. L'homme ne peut pas exercer sa faculté de penser sans se représenter un ave incertain, qui éveille sa crainte et son espérance. Il ne peut pas réfléchir à ce que la nature lui demande, en tant qu'elle a fait de lui un être sociable, sans se dire qu'il trouverait souvent son avantage à négliger les autres, à ne se soucier de lui-même. BERGSON

questions indicatives L'homme est « le seul animal » qui fait quoi ? A cause de quoi, selon Bergson ? Importance de son insertion dans « le temps » à cet égard ? L'homme est « le seul... de tous les êtres vivant en société » qui fait quoi ? A cause de quoi, selon Bergson ? Pourquoi ces « deux caractéristiques » sont-elles réunies dans le même texte ? Qu'est-ce que ce texte tente d'approcher, de montrer ?  

Introduction : Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? Depuis l’antiquité, la philosophie s’interroge sur la spécificité de l’homme, et tente d’apporter une réponse à ce questionnement dans une étude comparative de l’homme avec l’animal. C’est dans une telle perspective anthropologique que se place Bergson au début de ce texte, extrait de son ouvrage Les deux sources de la morale et de la religion. Si l’homme est un animal, qu’est-ce qui fait sa différence avec les autres êtres vivant du monde organique ? En d’autres termes, qu’est-ce qui fait d’un être un homme, ou qu’est-ce qui fait son humanité ? C’est en partant de cette problématique que Bergson va exposer son point de vue sur la nature humaine, en remettant d’abord la spécificité humaine dans la conscience de l’homme de sa propre finitude, puis dans sa nature à la fois individualiste et sociable, pour finalement conclure que ces particularités propres à l’homme sont le résultat de l’intelligence humaine.

 

« L'homme est le seul animal dont l'action soit mal assurée, qu hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l'espoir d réussir et la crainte d'échouer.

C'est le seul qui se sente sujet à la maladie, et le seul aussi qui sache qu'il doit mourir.

L reste de la nature s'épanouit dans une tranquillité parfaite Plantes et animaux ont beau être livrés à tous les hasards, i ne s'en reposent pas moins sur l'instant qui passe comme i le feraient sur l'éternité.

De cette inaltérable confiance nous aspirons à nous quelque chose dans une promenade à la campagne, d'où nous revenons apaisés.

Mais ce n'est pas assez dire.

De tous les êtres vivant en société, l'homme est seul qui puisse dévier de la ligne sociale, en cédant à d préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause partout ailleurs, l'intérêt individuel est inévitablement coordonné ou subordonné à l'intérêt général.

Cette double imperfection est la rançon de l'intelligence.

L'homme ne peut pas exercer sa faculté de penser sans se représenter un ave incertain, qui éveille sa crainte et son espérance.

Il ne peut pas réfléchir à ce que la nature lui demande, en tant qu'elle a fait de lui un être sociable, sans se dire qu'il trouverait souvent son avantage à négliger les autres, à ne se soucier de luimême.

BERGSON questions indicatives L'homme est « le seul animal » qui fait quoi ? A cause de quoi, selon Bergson ? Importance de son insertion dans « le temps » à cet égard ? L'homme est « le seul...

de tous les êtres vivant en société » qui fait quoi ? A cause de quoi, selon Bergson ? Pourquoi ces « deux caractéristiques » sont-elles réunies dans le même texte ? Qu'est-ce que ce texte tente d'approcher, de montrer ? Introduction : Qu'est-ce qui distingue l'homme de l'animal ? Depuis l'antiquité, la philosophie s'interroge sur la spécificité de l'homme, et tente d'apporter une réponse à ce questionnement dans une étude comparative de l'homme avec l'animal.

C'est dans une telle perspective anthropologique que se place Bergson au début de ce texte, extrait de son ouvrage Les deux sources de la morale et de la religion.

Si l'homme est un animal, qu'est-ce qui fait sa différence avec les autres êtres vivant du monde organique ? En d'autres termes, qu'est-ce qui fait d'un être un homme, ou qu'est-ce qui fait son humanité ? C'est en partant de cette problématique que Bergson va exposer son point de vue sur la nature humaine, en remettant d'abord la spécificité humaine dans la conscience de l'homme de sa propre finitude, puis dans sa nature à la fois individualiste et sociable, pour finalement conclure que ces particularités propres à l'homme sont le résultat de l'intelligence humaine. 1ère partie : 1er constat : l'homme est le seul être conscient de sa finitude. - Bergson tente de définir d'abord l'homme par rapport aux autres êtres vivants, en subsumant toutefois l'homme à l'animal.

L'homme est un animal, et c'est à ce titre qu'une comparaison avec les autres animaux, et par extension avec l'ensemble des êtres vivants, est légitime.

Ainsi, l'homme fait partie de la nature comme les « plantes et animaux », et il s'agit pour l'auteur d'étudier son comportement pour le comparer au « reste de la nature ». - Bergson part d'un constat : l'homme agit de manière incertaine, et est sujet à l'échec.

On peut comprendre ceci par l'affirmation de la liberté de délibération et d'action de l'homme, qui fait que seul l'homme est maître de ces actions, sans autre détermination à agir que sa propre volonté.

Il s'ensuit alors qu'il « hésite et tâtonne », que son action est mal assurée car rien ne lui offre la certitude qu'il réussira dans son entreprise.

Il y a donc implicitement dès la première phrase du texte l'affirmation de la liberté humaine, et du libre-arbitre comme spécificité de l'homme. - De cette première affirmation, Bergson en déduit que si l'être humain est ainsi mal « assuré » dans ses action, c'est parce qu'il est conscient de sa finitude.

En effet, il craint l'échec, car il sait qu'il est vulnérable et voué à disparaître.

En d'autres termes, l'homme possède une conscience réflexive, c'est-à-dire une conscience de soi, et c'est par cet introspection, ce regard sur soi, qu'il se considère comme être mortel. - Certes, les plantes et animaux sont soumis à la même finitude, mais ne disposent pas de cette conscience. Bergson conclut alors que c'est cette absence de conscience de leur finitude qui permet aux êtres vivants de rester assurés et constants, comme s'ils allaient vivre éternellement.

L'auteur évoque ce comportement de la nature comme une « inaltérable confiance », on pourrait dire une « insouciance », qui permet la stabilité et le caractère immuable de la nature dans la durée.

Il en résulte alors pour Bergson que la nature dégage une certaine sérénité apte à nous toucher lorsque nous nous livrons à « une promenade dans la nature ».

Il affirme ainsi que nous aspirons à cette tranquillité, c'est-à-dire que nous la recherchons, et nous la trouvons dans l'apaisement que nous procure la fréquentation de la nature, dont la stabilité nous fait oublier le temps qui passe et nous livre à un sentiment d'éternité. 2ème partie : 2ème constat : l'homme est le seul être égoïste en société.. »

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